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mercredi, 07 mars 2018 11:24

Pas dans ma cour

Voilà les quatre mots qui coutent probablement le plus cher à l’économie et à la société de n’importe quel pays. Parce que ces mots sont utilisés pour bloquer toutes sortes de projets, que ce soient des développements économiques ou des projets sociaux. Certains projets méritent certainement d’être arrêtés, mais avouons que ces mots sont souvent utilisés par pur égoïsme par des gens qui ne s’y connaissent vraiment pas.

En 2005, on a vu ces quatre mots détruire un projet de Complexe du divertissement à Montréal, proposé par Lotto-Québec et le Cirque du Soleil. Le projet de plus d’un milliard de dollars aurait inclus un hôtel, une salle de spectacle, un Quai des artistes, un spa, un parc ainsi qu’un nouvel emplacement pour le Casino de Montréal. Il aurait créé 6 450 emplois. Des organismes de quartier se sont opposés au projet, disant craindre une augmentation du jeu compulsif dans leur coin. Devant cette levée de boucliers, le président-directeur général du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, a retiré les quelque 178 millions $ qu’il promettait d’investir dans ce projet. Treize ans plus tard, Montréal n’a toujours pas un tel centre. Ni les 6 450 jobs.

Depuis quelques années, le même refrain est utilisé pour contrer la construction de pipelines. Il est clair que ces projets soulèvent de sérieuses questions écologiques. Mais pourquoi les environnementalistes ne travaillent-ils pas avec les promoteurs de ces projets afin d’en assurer la sécurité plutôt que de se braquer? Pourquoi les soi-disant défenseurs de l’environnement ne travaillent pas à chercher et découvrir de nouvelles méthodes de transport de produits plutôt que simplement se cantonner dans le déni? De telles recherches pourraient retarder certains projets, même en interdire d’autres, mais, au moins, nous saurions que tout a été fait.

Sudbury et le Nord de l’Ontario ne sont pas exempts du « pas dans ma cour ». On le voit actuellement avec le projet de fonderie de ferrochrome dans la région de Sudbury. Les villes de Sudbury, Timmins, Sault-Ste-Marie et Thunder Bay ont présenté des offres à la société Noront, qui détient les droits d’exploitation d’une éventuelle mine de chromite dans le Cercle de feu. Mais déjà, des résidents de la communauté de Coniston, près de Sudbury, ont monté une opposition au projet.

On pourrait croire que des résidents de Sudbury seraient prêts à relever les défis que peut comporter un projet minier. Après tout, si leurs ancêtres avaient eu la même attitude qu’ils démontrent aujourd’hui, il n’y aurait pas de Sudbury. Bien sûr, l’industrie minière a eu un impact désastreux sur l’environnement local. Mais soyons honnêtes, nous avons su remédier à cette situation et, maintenant, Sudbury est un endroit propre où il fait bon vivre. On pourra faire de même chose avec une fonderie de ferrochrome.

Les opposants à de tels projets utilisent toujours les mêmes arguments : baisse de la valeur de leur propriété, augmentation de la circulation automobile, bruit, destruction environnementale. Ils ne gagnent pas toujours, mais ils continuent à nourrir la peur qui nuit depuis quelques décennies à de grands projets. Il serait temps que nous développions plus de discernement. Opposons les vrais projets néfastes — il y en a —, mais cessons de monter aux barricades simplement parce que nous avons peur.

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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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