Imprimer cette page
mercredi, 07 février 2018 06:00

Pour une idéologie de l’équilibre

Trouver le milieu, le centre, l’équilibre est la chose la plus importante dans la vie. C’est vrai dans notre vie personnelle, mais aussi dans tous les secteurs de la vie publique; que ce soit en économie, en environnement, surtout en politique et en religion. L’antithèse de cette nécessité, c’est l’idéologie extrémiste qui semble gagner du terrain dans le monde d’aujourd’hui. Il est important que nos sociétés retrouvent l’équilibre et le Canada doit être un chef de file.

Remarquez que c’est bien plus facile à écrire qu’à faire. Demandez à n’importe quels politicien, leadeur religieux ou chef d’entreprise. Quelques exemples :

Comment le dirigeant éclairé d’une société multinationale publique peut-il expliquer à ses actionnaires qu’on doit réduire les profits et les dividendes afin de mieux payer les employés et augmenter les dons aux plus démunis? Surtout lorsque, par nos fonds de pension et nos investissements, nous sommes tous ses millions d’actionnaires. Comment un politicien peut-il favoriser le développement économique d’un pays qui vit de richesses naturelles tout en satisfaisant aux demandes des environnementalistes qui voudraient laisser la nature en friche? Demandez à Justin Trudeau. Comment un leadeur religieux peut-il faire avancer le droit des femmes alors que certains de ses adeptes vivent encore selon des traditions culturelles patriarcales? Demandez au Pape, qui doit équilibrer la question du célibat des femmes avec l’expansion de son Église dans des pays où les femmes sont encore soumises à l’homme.

Mais là où ça devient carrément impossible, c’est quand ces demandes deviennent des idéologies immuables et de la violence. Comme nous pouvons le voir clairement dans plusieurs pays, ça commence par la désinformation, pour ensuite verser dans l’opposition et souvent dans la violence. Des gens meurent actuellement au Venezuela dans un bras de fer politique causé par les extrémistes du gouvernement Maduro. Des gens meurent en Palestine et en Israël parce que des intégristes religieux des deux bords ont empoisonné le discours politique et mis en péril un processus de paix. Des factions Shiites et Sunnites s’entretuent dans plusieurs pays musulmans du Moyen-Orient pour des questions dogmatiques. Sans parler de deux imbéciles qui menacent de mettre la Corée à feu et à sang. Ici, au Canada, nos problèmes peuvent nous sembler moindres, mais demandez donc aux peuples autochtones ce qu’ils pensent de la réconciliation.

Devant de tels débordements, il devient impérieux de retrouver l’équilibre, la conciliation. L’histoire nous démontre d’ailleurs qu’il est possible à des hommes de bonne volonté de régler des conflits difficiles. De Henri IV qui dénoue les guerres de religion en France à Nelson Mandela qui démantèle l’apartheid en Afrique du Sud, du Mahatma Gandhi qui obtient l’indépendance de l’Inde à Lester B. Pearson qui désamorce la crise de Suez, il est possible d’éviter les effusions de sang.

Le Canada est bien vu dans la monde et doit jouer un rôle de premier plan afin de déjouer les idéologies destructrices et la violence. Nous devons d’abord régler nos propres différends avec nos peuples autochtones. Mais nous devons aussi être engagés à l’ONU et dans les organismes internationaux qui promeuvent le désarmement et la paix. C’est ainsi que nous deviendrons un grand pays.

Lu 284 fois Dernière modification le mardi, 06 février 2018 16:08
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury