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mercredi, 24 janvier 2018 06:00

Israël, la Palestine et le Canada

Quand le chanteur Adamo a écrit sa fameuse chanson Inch’Allah en 1967, le monde vivait dans un cocon d’optimisme et n’a pas porté trop d’attention à ces paroles :

«Mais quand j’ai vu Jérusalem
Coquelicot sur un rocher
J’ai entendu un requiem
Quand sur lui je me suis penché »

Or, depuis quelques mois, plusieurs développements internationaux donnent de l’urgence à ce quatrain. Que ce soit la décision du président Trump de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël, la politique israélienne de colonisation des territoires arabes, les tirs de missiles du Hamas ou la récente arrestation d’une jeune Palestinienne de 16 ans pour avoir giflé un soldat, tout semble envenimer le conflit israélo-palestinien. Mais jusqu’à présent, le Canada qui devrait travailler à désamorcer ce conflit n’a que de belles paroles à proposer.

Le conflit entre Israël et les Palestiniens est compliqué et perdure depuis 1947. Il est envenimé par l’appui des pays arabes limitrophes aux Palestiniens et par les grandes puissances qui ont avalisé la création d’Israël et qui continuent, à divers degrés, de l’appuyer. La guerre du Sinaï en 1967 est venue jeter de l’huile sur le feu en permettant à Israël d’annexer la bande de Gaza, Jérusalem et autres territoires disputés.

Il y a bien eu des tentatives de paix assez fructueuses, dont la conférence de Madrid et les accords d’Oslo en 1991 ainsi que la Déclaration de Washington en 1993. Ces ententes avaient permis aux négociateurs des deux pays de s’entendre sur les bases de futures négociations de paix. Ces accords sont évidemment remplis de clauses diplomatiques compliquées, mais ils se résument à trois principes : la reconnaissance d’Israël par les Palestiniens, la création d’un état palestinien selon les frontières qui existaient avant la guerre de 1967 et le fait que le statut de Jérusalem devra faire partie des négociations de paix à venir.

Mais, depuis les années 1990, le conflit s’aggrave et s’éternise. Depuis des années, la télévision nourrit la haine des jeunes musulmans du Moyen-Orient qui voient les leurs toujours dépossédés et sans lueur d’espoir. C’est cette guerre de mots et d’images qui aide à radicaliser certains jeunes et alimente le terrorisme sur la planète.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. C’est une situation explosive que certains dirigeants exploitent sans vergogne. Il devient donc de plus en plus pressant que des politiciens bienpensants s’activent pour désamorcer ce conflit. Des gens comme Angela Merkell, Emmanuel Macron, Justin Trudeau et d’autres leadeurs jouissent actuellement de belles réputations sur la scène mondiale. Il leur incombe de relever ce défi. Ce serait le temps pour notre premier ministre de démontrer qu’il est le digne successeur de Lester B. Pearson, qui a dénoué la crise du canal de Suez en 1956 en proposant la création des Casques bleus de l’ONU. Cette initiative lui a d’ailleurs valu le prix Nobel de la paix en 1957.

Monsieur Trudeau et les autres dirigeants de bonne volonté doivent dire leurs quatre vérités aux bellicistes et proposer des initiatives de paix. Ils doivent tout mettre en œuvre pour empêcher la poudrière israélo-arabe d’exploser.

Lu 420 fois Dernière modification le mardi, 23 janvier 2018 14:33
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury