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mercredi, 06 décembre 2017 07:00

Votons différemment

Le débat acrimonieux soulevé par la récente décision du conseil municipal du Grand Sudbury démontre un malaise fondamental dans la façon dont la ville est gouvernée. Le problème est lié à la fusion forcée des différentes municipalités qui forment le Grand Sudbury. Cette fusion forcée a soulevé plusieurs différends entre nos villes et villages et la façon dont nous élisons notre conseil municipal ne vient qu’exacerber le problème. Il faut changer notre méthode de représentation.

En théorie, un conseil municipal doit travailler de concert pour le bien de la municipalité dans son ensemble. Ça s’appelle le rôle fiduciaire des conseillers. Mais, en réalité, nos élus se pensent plutôt les défenseurs de leur quartier respectif et cela mène à des querelles de clocher ou à des négociations de bas étage. Du genre «je vote pour ton projet si tu promets de voter pour le mien la prochaine fois». Tout cela est malsain et perpétue la mésentente entre les citoyens.

Cette situation devient particulièrement évidente lorsqu’il est question de projets d’envergure comme la construction d’arénas, de bibliothèques ou même de routes. On pense, par exemple, au projet du prolongement de la promenade Maley qui a été retardé pendant plus de 20 ans parce que certains politiciens favorisaient d’autres projets de transport.

C’est aussi ce qui nuit au projet de déménagement de la voie ferrée au centre-ville. C’est le projet le plus important pour le développement de l’ancienne ville de Sudbury, en fait pour le développement économique de toute la région. Mais c’est un projet compliqué qui nécessiterait l’appui indéfectible de tout le conseil. Ça n’arrive pas parce que la plupart de nos conseillers sont élus par les résidents de la périphérie qui se fichent éperdument du vieux Sudbury.

Nous avons besoin de conseillers dont le mandat est de voir au bienêtre de tous les citoyens. Et ce n’est pas compliqué.

Il y a présentement 12 conseillers élus par quartier. Nous devons convaincre le conseil municipal et la province de modifier cette méthode de représentation. Nous suggérons que la carte électorale de la municipalité soit modifiée afin de créer seulement six quartiers. Il suffirait de jumeler deux quartiers voisins. Chaque quartier agrandi élirait un représentant qui continuerait de représenter leurs aspirations et doléances à la table du conseil. Six autres conseillers seraient élus par l’ensemble de la population — en anglais, on dit «elected at large». Il est probable que ces conseillers proviendraient de différents coins de la ville, mais, par définition, leur job serait de travailler pour l’ensemble des électeurs.

D’autres villes ontariennes ont adopté un tel système hybride — on pense à Sarnia — et ça semble bien fonctionner. Ça n’élimine jamais la partisanerie, le maquignonnage, ni les chicanes, mais il semble que ça donne un sens commun à un conseil. Et à une Ville. Nous en avons bien besoin.

Lu 2180 fois Dernière modification le mardi, 05 décembre 2017 16:29
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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