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mercredi, 15 novembre 2017 06:00

À quand des politiciens visionnaires?

Malgré le vote du conseil municipal du Grand Sudbury pour construire un nouvel aréna sur un terrain du Kingsway, la décision continue de faire couler beaucoup d’encre. Dans les journaux locaux et sur les réseaux sociaux, supporteurs et opposants au projet s’affrontent quotidiennement. Il y aurait pourtant une façon de régler la question, un référendum. Mais une telle question arrive probablement trop tard.

La question n’a jamais été soumise aux contribuables qui, pourtant, payeront ce nouveau temple du sport et du divertissement. Même au conseil, la question a été tranchée de façon assez rocambolesque. Rappelons-nous que, lors du vote, le conseil devait se prononcer sur deux résolutions. La première, qui aurait placé le nouvel aréna au centre-ville, a été défaite par un vote à égalité. Les conseillers ont donc dû voter sur la résolution favorisant le site Kingsway et même les supporteurs du centre-ville se sont alors rangés derrière cette option. Et voilà, la démocratie.

Mais est-ce vraiment la démocratie quand un conseil ne suit pas l’avis de ses experts, ne demande pas l’avis des citoyens et approuve un projet juste parce qu’il y est contraint par quelques conseillers ayant un intérêt politique dans une option plutôt qu’une autre? C’est cette façon de faire qui permet à cette décision de continuer à suppurer dans le corps politique de Sudbury.

Qu’arriverait-il si le conseil décidait de soumettre la question à un référendum? D’abord, il y aurait probablement un taux de participation assez élevé, cette question ayant soulevé des passions depuis des mois. Ensuite, le résultat mettrait fin une fois pour toutes à la controverse et le conseil pourrait poursuivre l’une ou l’autre option sachant qu’il a l’appui de la population. Quand on parle de dépenser des centaines de millions de dollars pour un projet qui durera des décennies, cet appui peut sembler indispensable. Mais arriverait-il au bon moment?

Au Voyageur, nous n’avons pas pris position sur la question de l’emplacement d’un nouvel aréna. Mais selon les discussions au sein de l’équipe éditoriale, il semblerait bien que la plupart favorisaient le centre-ville. Alors, pourquoi ne pas avoir divulgué ce parti pris, demanderez-vous? Peut-être parce que l’option centre-ville apparaissait comme trop peu, trop tard.

Depuis des décennies, notre conseil municipal parle de revitaliser le centre-ville, mais prend des décisions au profit de la périphérie. Que ce soit le transfert de commerces vers le sud de la ville, la construction d’un immense centre commercial dans le Nouveau-Sudbury ou encore le développement de magasins à extra grande surface au bout du Kingsway, le conseil appuie toujours les développeurs qui s’éloignent de plus en plus du centre-ville.

Tout ça parce que notre conseil n’a jamais eu le courage d’entreprendre la première étape d’un vrai développement du centre-ville, c’est-à-dire déplacer la voie ferrée du CP vers le nord ou le sud de la ville. Bien sûr, cette démarche aurait été semée d’embuches, mais, si elle avait été entreprise il y a 20-30 ans, ce serait maintenant chose faite et nous aurions un centre-ville avec plus d’espace, plus de résidents et plus de commerces. Un centre-ville où il ferait bon vivre et venir voir un spectacle... ou une partie de hockey.

Quand élirons-nous de vrais visionnaires?

Lu 2100 fois Dernière modification le mardi, 14 novembre 2017 15:52
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury