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mercredi, 23 août 2017 07:00

Le racisme parmi nous

Il y a eu en fin de semaine deux manifestations en faveur du racisme au Canada : une à Vancouver, l’autre à Québec. Deux parades, c’est beaucoup de la part de groupuscules qui, jusqu’à présent, se terraient loin des projecteurs. Bien sûr, ces groupes sont encouragés par l’attitude du président américain qui appui ouvertement les racistes chez nos voisins du sud. Tout ne vient cependant pas des États-Unis. Il y a toujours eu des racistes au Canada, mais nous préférons balayer ça sous le tapis. Espérons que les récentes manifestations nous ouvrent les yeux et nous permettent enfin d’ouvrir un dialogue à ce sujet.

Il est cependant difficile d’avoir un dialogue avec des gens qui n’avouent pas être ce qu’ils sont, des racistes. Combien de fois avons-nous entendu : «Je ne suis pas raciste, mais...». C’est ce «mais» qui dit tout. Il sous-entend, «mais j’aimerais bien qu’ils soient plus comme moi». C’est-à-dire blanc et de souche chrétienne. Ce sont ces mêmes pas-raciste-mais qui publient sur les réseaux sociaux les faussetés voulant que les réfugiés et immigrants reçoivent plus d’aide gouvernementale que les retraités. Ce que les racistes veulent vraiment dire, mais n’osent pas, c’est que ces gens-là qui ne sont pas comme nous ne devraient pas avoir les mêmes droits que nous.

Voyons ce que dit le Petit Robert. «Racisme : Idéologie postulant une hiérarchie des races.» «Raciste : Qui croit à la hiérarchie des races, est hostile à des groupes ethniques considérés comme inférieurs et dangereux.» Or, le «mais» dans le discours des bienpensants racistes indique justement cette hiérarchie.

Le racisme le plus évident au Canada a toujours été envers les Premières Nations. Qui n’a pas entendu les stéréotypes : «ils sont paresseux, ils vivent au crochet de l’État, ils ont des privilèges indus, ce sont des alcooliques» et j’en passe. Ce que les colporteurs de ces fausses images n’envisagent jamais, c’est que, premièrement, ces stéréotypes ne s’appliquent qu’à une minorité et, deuxièmement, que même dans ce cas, ils ont des causes. Et surtout que ces causes sont une conséquence du colonialisme des Blancs. Chercher l’oubli dans l’alcool ou la drogue pour tenter d’effacer la maltraitance des écoles résidentielles n’est certainement pas une bonne solution, mais c’est compréhensible. Ça devrait susciter notre aide plutôt que notre mépris.

Il faut donc que notre premier pas vers un vrai dialogue sur le racisme soit la compréhension mutuelle. Pourquoi certains sont racistes, d’autres le sont moins et encore d’autres ne le sont pas? Parce que tant que la plupart d’entre nous croira ne pas être raciste, mais ça empêche toute discussion. Il faut que nous commencions par avouer que, quelques fois, nous ne nous sentons pas confortables assis près d’un Africain dans un autobus, que nous n’aimons pas voir une femme voilée ou que nous nous sentons agressés par l’autochtone qui mendie dans la rue.

Ce n’est qu’au prix de cette franchise que nous vaincrons le racisme.

Lu 2074 fois Dernière modification le mardi, 22 août 2017 14:26
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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