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mercredi, 21 juin 2017 07:00

Pour une vraie journée nationale des autochtones

Aujourd’hui, 21 juin, est la journée nationale des autochtones. Éventuellement, nous serons peut-être en congé le 21 juin. Ce jour est déjà férié au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au sein de plusieurs organismes et gouvernements autochtones dans d’autres provinces. Un projet de loi privé proposé par le parti néodémocrate ferait du 21 juin une fête nationale. Ce serait une belle occasion permettant aux autres Canadiens de se rapprocher des premiers habitants de ce pays.

Une journée fériée célébrant la contribution des autochtones à la construction de Canada serait aussi un pas sur le chemin de la réconciliation nationale que le Canada doit entreprendre. Mais ce ne serait qu’un tout petit pas, un symbole. L’État canadien et surtout les habitants du Canada doivent en faire plus.

Nous voyons régulièrement dans les médias des images atroces dépeignant les conditions de vie dans les réserves éloignées. Nous voyons des maisons délabrées et des enfants qui ne peuvent prendre un bain parce que leur village n’a pas de système d’eau adéquat. Nous entendons parler de suicides à répétition chez les adolescents et de dépendance à l’alcool ou aux drogues chez les adultes. Le pire, c’est que nous en connaissons les causes.

La cause première est le colonialisme européen qui a institutionnalisé le racisme. Prenons juste les réserves et les écoles résidentielles. Saviez-vous que l’Afrique du Sud s’est inspirée des réserves du Canada pour créer son système de bantoustans où on reléguait les Noirs soumis à l’apartheid? Saviez-vous qu’un enfant autochtone avait plus de chance de mourir dans une école résidentielle que s’il allait à la guerre? Vous souvenez-vous de nos parents qui appelaient les autochtones des «sauvages»? Et le pire, c’est qu’ils le disaient sans même penser à mal.

Le racisme est insidieux. Il s’insère dans notre façon de voir les autres. Il nous place en haut d’une échelle d’où nous regardons les autres. Il nous permet de désigner ceux qui ne nous ressemblent pas par des mots péjoratifs sans même y voir le mal. Il nous réconcilie à l’idée que nous les aidons en tentant de les convertir à nos valeurs, à nos coutumes, à nos dieux.

Au Canada, ce racisme colonial est encore en vigueur dans une loi, la Loi sur les indiens (Indian Act). Adoptée en 1876, cette loi a été modifiée une vingtaine de fois, mais demeure le texte fondamental qui régit l’interaction entre l’état canadien et les quelque 615 bandes autochtones du pays. Au début, la loi visait surtout l’assimilation des autochtones. Cela a changé, mais elle continue d’infantiliser les autochtones en définissant tous les aspects de la vie sur une réserve. Il est temps d’abolir cette loi.

Voilà ce à quoi nous pourrions réfléchir pendant le congé de la journée des autochtones.

Ceci étant dit, je me dois de rappeler au parti néodémocrate qu’un de leur député, Claude Gravelle de Nickel Belt, a déjà présenté un projet de loi faisant du 24 juin un jour férié partout au pays. Son projet n’a pas été accepté. Il me semble qu’aujourd’hui, un projet de loi créant des jours fériés les 21 et 24 juin serait bien.

Lu 1650 fois Dernière modification le mardi, 20 juin 2017 20:40
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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