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mercredi, 07 juin 2017 06:00

L’effet papillon

Deux articles / chroniques parues cette fin de semaine dans des quotidiens de langue anglaise — The Globe and Mail et Toronto Star — nous rappellent que l’effet papillon s’applique en politique. L’effet papillon, c’est la théorie selon laquelle de petits évènements, comme le battement d’aile d’un papillon, peuvent avoir des répercussions importantes, telle une tornade, par exemple.

Le papillon, c’est les petits évènements décrits dans ces textes, soit la récente élection en Colombie-Britannique et le dévoilement par le gouvernement québécois d’un document sur la place du Québec dans la fédération canadienne. La tornade, c’est la question de l’unité canadienne.

Une chronique de la Franco-Ontarienne Chantal Hébert dans le Toronto Star décrit le contexte politique dans lequel le document constitutionnel québécois a été rendu public. Selon elle, les libéraux de Philippe Couillard ont publié ce rapport pour des raisons de politique interne et non pas pour amorcer une nouvelle ronde de négociations constitutionnelles. Hébert affirme que, face à un mouvement de convergence des forces indépendantistes, les libéraux ont pondu ce texte surtout pour couper les ailes de leurs opposants. Ils tentent de rappeler aux Québécois les turpitudes engendrées en 1980 et en 1995 par les référendums sur la souveraineté et affirment que le Québec peut maintenir une certaine indépendance au sein de la fédération canadienne. Hébert croit de plus que le fédéral et les autres provinces ne sont pas intéressés par de nouvelles négociations.

L’article du Globe and Mail, fruit du travail d’analyse de trois journalistes, est plus alarmiste quant à l’avenir constitutionnel. Le texte tourne autour du pétrole et des pipelines. Les journalistes essaient d’imaginer ce que la coalition Verts-NDP au gouvernement britannocolombien voudra dire pour l’avenir du pipeline Trans Mountain. Le projet a déjà reçu le feu vert du fédéral et de la province, mais les deux partis ont déjà indiqué qu’ils feraient tout en leur pouvoir pour casser cette décision.

Et voilà que pointe la question de l’unité nationale.

Les journalistes prédisent que le nouveau gouvernement de la Colombie-Britannique et ses alliés, les environnementalistes et les autochtones, pourraient aller jusqu’en Cour suprême pour freiner le projet Trans Mountain. Or, un jugement de la plus haute cour pourrait avoir des répercussions sur un autre projet d’oléoduc, Énergie Est de Trans Canada. Celui-ci passerait au Québec, d’où la question de l’unité nationale.

La Constitution canadienne donne au gouvernement fédéral le dernier mot sur toute question transprovinciale, tel un pipeline. Ni Ottawa, ni Québec ne se sont encore prononcés sur l’avenir de ce projet. Celui-ci est à l’étude par leurs commissions de l’énergie respectives. Mais il est clair qu’un jugement de la Cour suprême pourrait invalider les rapports de ces commissions et changer l’équilibre du pouvoir entre les deux paliers de gouvernements. Les analystes du Globe prévoient qu’un tel retournement mènerait inévitablement à une crise constitutionnelle et forcerait Ottawa et les provinces à négocier un nouvel arrangement. Et voilà la tornade.

Lu 1407 fois Dernière modification le mardi, 06 juin 2017 20:12
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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