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mercredi, 12 avril 2017 06:00

Religion et politique

En cette semaine sainte, il est opportun de jeter un regard sur le rôle que la pensée religieuse a sur le monde d’aujourd’hui. Quelle que soit cette pensée, on assiste de plus en plus à des durcissements de positions qui n’augurent rien de bon. Une réflexion à ce sujet devrait susciter un peu plus d’humilité de la part de tous. Jacques Prévert disait, «Dans chaque église, il y a quelque chose qui cloche». Au-delà du savoureux jeu de mots, il y a dans cette phrase une vérité sur laquelle tous, croyants et non croyants, devrions méditer.

La pensée religieuse pure et dure est de plus en plus présente dans les relations humaines et ne fait pas que du bien. Exemple, personne ne peut se faire élire aux États-Unis sans une profession de foi chrétienne. Le puritanisme des premiers «Pilgrim fathers» continue de dominer l’idéologie américaine et de façonner son histoire, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur : il prêche la charité, l’espérance. Le pire : il donne raison à la «Manifest Destiny», qui crée l’impérialisme américain et il nourrit l’islamophobie qui pourrit actuellement l’Occident.

Et parlant d’Islam, n’est-ce pas là un autre exemple de «quelque chose qui cloche»? Quand on voit le Moyen-Orient à feu et à sang, on peut trouver toutes sortes de raisons. Il y a l’historique, soit la désintégration de l’Empire ottoman; il y a l’économique, le pétrole; mais il y a aussi la raison religieuse, soit la haine entre les sunnites et les Shiites qui s’entredéchirent depuis des siècles.

La chrétienté et l’islam ne sont pas les seules religions à semer la discorde. En Inde, où la vache est sacrée pour certains, on a vu récemment des hindous fondamentalistes tuer des musulmans et des chrétiens parce qu’ils mangent du bœuf. Et des politiciens appuient cette intolérance en interdisant la vente de bœuf dans leur province.

Le Canada n’est d’ailleurs pas en reste quant à la mixité entre religion et politique. Il existe au Parlement canadien une salle de prières où les nombreux députés religieux de la période Harper se réunissaient régulièrement. Cela n’a rien de répréhensible en soi, mais je le répète, le mélange religion-politique crée toujours des exclus.

Même les athées se sont mis de la partie depuis quelques années. On a vu plusieurs leadeurs athées publier des pamphlets antireligieux. Des affiches questionnant l’existence de Dieu ont fait leur apparition dans plusieurs métropoles. Bon, les athées ne pilotent pas des avions dans le World Trade Center, mais, par ces gestes, ils alimentent la zizanie.

Pourtant, toutes les grandes religions sont basées sur des valeurs fondamentales à l’être humain : la bonté, l’amour de l’autre, l’altruisme. Toutes les religions prêchent l’élévation de l’esprit, la méditation, le sacrifice. La spiritualité, la foi, la pensée religieuse devraient être, d’abord et avant tout, des voies vers l’amélioration de soi et du monde dans lequel nous vivons. C’est ce que nous souhaitons à tous, croyants et non-croyants.

Joyeuses Pâques.

Lu 1584 fois Dernière modification le mardi, 11 avril 2017 16:13
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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