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mercredi, 19 octobre 2016 06:00

Faire travailler notre argent

La semaine dernière, Le Voyageur publiait un éditorial sur les finances municipales. J’y appuyais l’idée d’emprunter pour améliorer nos infrastructures, mais je maintenais qu’il faut aussi réduire nos dépenses d’administration et augmenter les impôts fonciers. Un récent article de Paul Wells dans le Toronto Star m’incite aujourd’hui à poursuivre cette discussion sur l’argent.

Dans son article, Wells nous explique l’idée du gouvernement Trudeau de créer la «Banque d’investissement et d’infrastructure du Canada». Cette banque serait financée par le gouvernement fédéral et par les grands investisseurs privés tels les fonds de retraite et les gestionnaires de portefeuille. Le gouvernement croit que pour chaque dollar qu’il investira dans la banque, il pourra attirer de quatre à cinq dollars de fonds privés afin de financer des projets d’infrastructure. On parle ici de grands projets nationaux et locaux — routes, ponts, production d’énergie — desquels le privé pourrait tirer des profits sous forme de péages ou de ventes d’énergie.

En lisant cet article, je me suis demandé comment appliquer ce modèle afin de développer le secteur privé d’une région, d’une ville. Comment faire pour que l’argent de nos riches baby-boomers puisse aider nos jeunes entrepreneurs tout en assurant un retour aux investisseurs? Il existe déjà des organismes qui financent les entreprises sous forme de prêts. On pense à Fednor, à la Banque de développement du Canada, à la Société fédérale de développement Bassin Nickel, mais ils utilisent tous des fonds gouvernementaux.

L’idée d’une banque locale d’investissement serait plutôt de permettre à des investisseurs d’ici d’investir leur argent dans des entreprises d’ici. Il y a beaucoup de gens riches dans le Nord de l’Ontario. Plusieurs comptables pourraient confirmer cette affirmation. Ils vous diront aussi qu’en ces temps de taux d’intérêt à un ou deux pour cent, toutes ces personnes cherchent des véhicules pour faire fructifier leurs avoirs. Or, pourquoi investir dans des fonds communs de placement (mutual funds) ou dans les Bell Canada de ce monde qui ne garantissent aucun retour et sur lesquels nous n’avons aucun contrôle?

Il me semble plus judicieux d’investir dans des entreprises d’ici, dans des jeunes qui ont de bonnes idées ou encore dans des entrepreneurs qui veulent prendre de l’expansion. Ces investissements pourraient prendre la forme de prêts avec intérêt garanti ou encore de participation dans l’entreprise. Une telle participation serait équivalente à l’achat d’actions d’une société publique sauf qu’elle donnerait beaucoup plus de contrôle à l’investisseur. Vous me direz : « Ça existe déjà, j’ai moi-même aidé un de mes enfants à lancer son commerce ». Vous avez raison, mais ça demeure anecdotique. Ce dont je parle, ce serait plus institutionnalisé, un organisme géré par des professionnels qui pourraient faire le lien entre un certain type d’investisseur et une idée de commerce qui lui convient. Il me semble que ce serait une bonne façon d’utiliser notre argent pour assurer l’avenir de notre région et de notre jeunesse.

Lu 1644 fois Dernière modification le mardi, 18 octobre 2016 18:55
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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