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mercredi, 21 septembre 2016 06:00

Plan d’action pour les langues officielles

Vendredi dernier, des dirigeants du ministère de Patrimoine canadien étaient à Sudbury afin d’entendre les suggestions de la communauté sur le prochain Plan d’action du gouvernement fédéral quant aux langues officielles. Comme Patrimoine Canadien est le ministère qui a le plus de responsabilités vis-à-vis les langues officielles et comme le Plan d’action aura une durée de cinq ans, le ministère a tenu de telles consultations à travers le pays.

Plus d’une vingtaine de leadeurs francophones du nord ont répondu à l’appel et ont fait de sérieuses recommandations visant à améliorer la vitalité des communautés canadiennes-françaises. Toutes leurs présentations visaient à accroitre le rôle du gouvernement fédéral dans la promotion des langues officielles et dans le développement des communautés francophones du pays.

Pour ma part, je crois que Patrimoine canadien doit agir sur cinq points importants.

D’abord, l’argent : Tous sont d’accord pour dire qu’on doit augmenter l’enveloppe affectée aux langues officielles et au développement communautaire. Mais pas n’importe comment. Par exemple, l’Ontario compte plus de 50 % de la population francophone hors Québec, mais ne reçoit pas sa juste part. Exemple, un centre culturel d'une autre province reçoit quelques 300 000 $ de Patrimoine canadien alors que le Carrefour francophone de Sudbury reçoit 70 000 $ pour desservir une population relativement égale. Il faut équilibrer les choses.

De plus, il faut que l’attribution de ces fonds soit plus transparente. Bien sûr on peut trouver sur le site du ministère combien les organismes ont reçu, mais une grande partie de l’enveloppe est remise à d’autres ministères pour les langues officielles. Dans ce cas, on ne sait pas combien ni comment ces sommes sont utilisées. Transparence, on est en 2016.

Deuxièmement : Les articles 41 et 42 de la Loi sur les Langues officielles donnent à Patrimoine canadien, entre autres, la responsabilité de s’assurer que les autres ministères et agences respectent la loi. Encore là, on ne sait pas comment ni même si Patrimoine canadien le fait. En tout cas, quand on achète un produit et que les instructions qui l’accompagnent sont juste en anglais et en espagnol, même lorsqu’elles traitent de sécurité, on voit bien qu’Industrie Canada n’a pas fait sa job. Qui s’occupe de ça?

Troisièmement : Ottawa transfère des milliards de dollars aux provinces et territoires pour l’éducation en langue française. Or, une fois ces sous dans les coffres des provinces et territoires, on en perd la trace. Trois associations nationales ont récemment demandé au gouvernement fédéral de forcer les récipiendaires à rendre ces comptes publics. Un peu de muscle, s’il vous plait.

Quatrièmement : La Loi sur les Langues officielles aura bientôt 50 ans. Dans son dernier rapport, le Commissaire aux Langues officielles, Graham Fraser recommandait qu’elle soit revue afin de mieux refléter le XXIe siècle. Il est temps.

Cinquièmement : La Constitution canadienne donne au gouvernement fédéral la responsabilité du développement des communautés minoritaires de langues officielles. Il est temps qu’Ottawa joue ce rôle pleinement auprès des provinces. En Ontario par exemple, la communauté francophone réclame deux projets importants, une Université franco-ontarienne ainsi que la reconnaissance constitutionnelle de l’égalité du français et de l’anglais. Ces deux projets nécessiteront la participation du fédéral. Or, Ottawa doit jouer de son influence pour faire avancer ces dossiers. Si, par exemple, Ottawa offrait d'ores et déjà un financement partiel pour l'Université ou encore se disait prêt à accepter une proposition de l'Ontario sur l'égalité linguistique, Quen's Park serait mal venu de ne rien faire.

Lu 2404 fois Dernière modification le mardi, 20 septembre 2016 15:03
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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