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mercredi, 07 septembre 2016 14:02

Vers un Canada plus bilingue

Deux récents sondages commandés par le Commissariat aux langues officielles devraient donner des munitions aux politiciens et aux francophones hors Québec qui voudraient étendre le bilinguisme à tout le pays. Les deux études démontrent un fort appui au bilinguisme en tant que valeur fondamentale du Canada.

Les résultats des sondages varient selon qu’ils aient été réalisés au téléphone ou sur internet. Les réponses téléphoniques indiquent que 88 % des Canadiens appuient fortement ou sont plutôt d’accord avec la politique de bilinguisme. Les réponses données sur internet sont moins favorables, indiquant que 78 % des répondants appuient cette politique. La firme de sondage Nielsen, qui a fait passer le questionnaire au téléphone et en ligne, explique cet écart par l’anonymat d’internet. Les gens y seraient plus à l’aise de dire ce qu’ils pensent vraiment.

Comme on pouvait s’y attendre, l’appui au bilinguisme est plus solide au Québec, en Ontario et dans les provinces atlantiques où il varie de 87 % à 92 % lors du sondage téléphonique. Les résultats les plus faibles proviennent du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta même s’ils restent à plus de 83 %. Ces chiffres sont plus bas dans le sondage internet, mais ils ne sont jamais plus bas que 62 %.

Il est donc clair que 50 ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles, le bilinguisme fait maintenant partie des mœurs et coutumes des Canadiens. La grande question c’est maintenant de voir comment nos politiciens vont utiliser ces données pour améliorer cette loi et étendre le bilinguisme à toute la société canadienne. Parce que, ne nous leurrons pas, depuis plus d’une décennie, nos leaders politiques ont démontré un appui très frileux aux langues officielles. Et nos leaders des secteurs économiques et médiatiques en ont fait encore moins. Je lis plusieurs journaux et je n’ai encore rien vu sur ce sondage dans nos médias de langue anglaise. Voilà pourtant un débat qui vaut au moins autant d’encre que le TIFF ou les démêlés judiciaires de tout un chacun.

L’expansion du bilinguisme au commerce et chez les individus est pourtant assujettie à l’exemple. Avant la promulgation de la Loi sur les langues officielles, personne ne parlait de bilinguisme. Comme on dit en anglais, «offer it and they will come». On voit bien dans ces sondages que les Canadiens ont fait leur le concept d’un pays bilingue. Il faut maintenant que nos leaders montrent l’exemple pour étendre ce concept.

Nos médias doivent jouer un rôle de premier plan en démontrant articles et opinions à l’appui que le bilinguisme a enrichi notre société. Nos grandes sociétés doivent cesser de traiter le Canada comme si c’était deux pays, le Québec francophone et le «Rest of Canada».

Nos politiciens ont ici un rôle capital. Pourquoi avons-nous encore des ministres et des juges de la Cour suprême unilingues? Pourquoi faut-il attendre pour parler à un fonctionnaire en français? L’appui majoritaire des Canadiens devrait permettre à nos politiciens de régler ces questions.

Lu 2041 fois Dernière modification le mercredi, 07 septembre 2016 14:14
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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