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mercredi, 22 juin 2016 06:00

Les médias, la politique et la peur

Depuis plusieurs années, les médias et certains politiciens nous présentent le monde comme étant un endroit de tous les dangers. Que ce soit au Moyen-Orient, en Europe ou aux États-Unis, si on écoute les médias, on pourrait croire que le monde est à feu et à sang. Et certains politiciens de bas étage ne se gênent pas pour alimenter cette insécurité. Nous devons arrêter de croire ces bonhommes-sept-heure de pacotille.

Comme disait un de mes amis caméramans, « le monde n’est pas pire qu’avant, c’est juste que la couverture médiatique est meilleure ». En disant ça, il mettait le doigt sur un des grands dangers liés aux médias... et à la nature humaine.

On critique souvent les médias parce qu’ils ne présentent que les tragédies, ce qui va mal dans le monde. Mais ce que les critiques oublient c’est que les médias ne font que diffuser l’anomalie qui intéresse les gens. Personne ne veut savoir que 500 avions ont décollé ou atterri à l’aéroport Pearson et que tout s’est bien passé. Ça c’est la norme. Ce que les gens veulent savoir, c’est l’avion qui s’est écrasé, celui qui a été retardé par un passager turbulent, etc. Les commères de village ne parlent jamais des filles rangées, mais elles s’en donnent à cœur joie quand il y en a une qui tombe enceinte. C’est la nature humaine. Et les médias ne sont que des commères glorifiées. Ce n’est pas une excuse, plutôt une explication.

Ce qui est inacceptable, ce sont les politiciens qui utilisent ces mauvaises nouvelles pour se faire du capital politique. On pense évidemment ici à Donald Trump, mais les politiciens de fond de culotte existent partout dans le monde. Pensez à Marine Le Pen du Front National, qui divise les Français; Norbert Hoffer le chef du Parti de l’indépendance — fondé il y a 60 ans par d’ex-officiers nazis — qui a récemment fait campagne en Autriche en portant un pistolet Glock à la ceinture et qui est passé à 31 000 votes de devenir le chef d’État; le parti UKIP en Angleterre et le chef du mouvement pour le retrait du Royaume-Uni de l’Europe, Boris Johnson, qu’on dit être un Trump mieux éduqué; Geert Wilders en Hollande qui mène les sondages bien qu’il soit en cour pour avoir incité à la haine. De tels partis existent aussi en Scandinavie, en Pologne et en Allemagne.

Le plus important cheval de bataille de ces politiciens de la peur est l’immigration. Avec des millions de réfugiés ayant envahi l’Europe ces dernières années, il est facile de faire peur. Mais ce que ces politiciens et leurs adeptes oublient c’est que ce sont leurs prédécesseurs américains et européens qui ont créé la vague de réfugiés. On ne peut pas bombarder des civils à tour de bras sans penser qu’ils vont se révolter ou fuir. C’est Bush, Blair, Sarkozy, Assad, Putin et les autres qui ont créé l’État islamique et les réfugiés. Il est grand temps que l’électorat comprenne le rôle de ces politiciens fauteurs de troubles et nous en débarrasse. Ce n’est qu’en comprenant les origines et la nature du mal qui afflige le monde que nous cesserons d’avoir peur et pourrons enfin trouver les vraies solutions.

Lu 1917 fois Dernière modification le mardi, 21 juin 2016 15:17
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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