FacebookTwitter
mercredi, 17 février 2016 06:00

Une université pour tous

Jeudi de cette semaine, des centaines d’étudiants et autres supporteurs se rendront à Toronto pour manifester en faveur d’une université franco-ontarienne (UFO?). Ils veulent pousser le gouvernement à agir dans ce dossier qui traine depuis plusieurs années. C’est une question importante pour l’avenir de la communauté franco-ontarienne et une que j’espère depuis plus de 40 ans. Il devient maintenant crucial de continuer à réfléchir à quelle sorte d’institution saura le mieux nous servir.

La manifestation de cette semaine est organisée par le Regroupement des étudiants franco-ontariens (RÉFO). C’est l’organisme qui pilote le dossier depuis maintenant plus de trois ans. Les étudiants ont organisé une série de consultations à travers la province, en ont tiré un rapport qu’ils ont dument remis au gouvernement. Leur principale recommandation est que Queen’s Park doit indiquer sa volonté de créer une telle université en nommant immédiatement un Conseil des gouverneurs chargé de sa mise sur pied.

Pendant la démarche des étudiants, un autre développement est venu ajouter à l’urgence. Un rapport financé par le gouvernement a démontré noir sur blanc que les Franco-Ontariens du centre-sud-ouest sont vraiment mal desservis au postsecondaire. C’est là que la francophonie ontarienne grandit le plus rapidement, mais il n’y a ni collège, ni université – à part bien sûr le collège bilingue Glendon, qui n’a jamais réussi à intéresser les jeunes d’ici.

Et voilà que toute l’attention se tourne vers la création de l’université franco-ontarienne dans le centre-sud-ouest – autrement dit, à Toronto ou dans sa banlieue. Je n’ai rien contre cette idée. Il est clair qu’il faut desservir les Franco-Ontariens de cette région, mais il ne faut surtout pas oublier l’est et le nord de la province.

Ce n’est pas vrai que les jeunes francophones du nord et de l’est vont se diriger en masse vers une institution de langue française à Toronto alors qu’ils peuvent faire une grande partie de leurs études, à moindres couts, dans les universités bilingues Laurentienne ou Ottawa. Et nous dans le nord qui nous plaignons de l’exode de nos jeunes, n’allons jamais vouloir les envoyer dans la métropole et risquer de perdre encore plus de nos forces vives.

Il faut donc que le nouveau conseil de gouverneurs soit composé de gens venant de toute la province et que son mandat indique clairement que l’université franco-ontarienne aura des campus dans toutes les régions. Et dans la situation économique actuelle, où on ne peut se permettre de construire partout, il faut que le gouvernement force les universités bilingues à collaborer. Cette coopération peut prendre plusieurs formes; transfert de programmes français, location de locaux, ententes permettant aux étudiants de suivre des cours reconnus par les cinq universités françaises et bilingues, etc.

Sur cette question de collaboration, le gouvernement a toujours argumenté que les universités sont plus indépendantes que les collèges qui, eux, ont dû transférer leurs programmes en français lors de la création de La Cité et Boréal. À ça je réponds : c’est toujours le payeur qui décide, alors mettez vos culottes et faites-le comme il faut.

Lu 2557 fois
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login