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mercredi, 20 janvier 2016 08:00

Lettre à madame Wynne

Madame la Première ministre,

En ce début d’année, permettez-moi de vous adresser non seulement mes vœux pour 2016, mais aussi quelques suggestions qui pourraient justement vous garantir une bonne année auprès des électeurs. Comme tout gouvernement en milieu de mandat, votre popularité est actuellement à la baisse. En toute humilité, je crois avoir des idées qui pourraient vous aider tout en aidant les citoyens ontariens.

Je sais que vous êtes confrontée à des problèmes autrement plus sérieux — déficit budgétaire, économie qui ne veut pas redémarrer, vente controversée d’Hydro One, remaniement ministériel, etc. — que ceux que je soulève ici, mais croyez moi, mes suggestions touchent le portemonnaie de la plupart de vos électeurs et ceux-ci verraient votre intervention d’un bon œil.

Je veux vous parler des banques. Elles sont d’actualité puisque, au moment où j’écris ces lignes, la Banque du Canada pense réduire son taux directeur. Une telle réduction favorisera encore les banques puisque les deux dernières fois que la Banque du Canada a réduit son taux de 0,25 %, les banques, elles, n’ont réduit leur taux préférentiel que de 0,15 %, continuant ainsi à se remplir les poches aux frais des emprunteurs. Je ne sais pas si la province peut agir sur ce dossier des taux d’intérêt, mais je sais très bien que vous pouvez légiférer sur d’autres activités bancaires qui grugent vos électeurs.

Prenons les modalités de prêt hypothécaire. Comme vous savez, tout ce qui touche l’immobilier et l’endettement des Ontariens qui achètent une maison est actuellement au cœur de l’économie canadienne. Or, la règlementation provinciale sur le remboursement d’un prêt hypothécaire n’est pas la même d’une province à l’autre. Et c’est en Ontario que la règlementation est la plus laxiste.

Par exemple, un propriétaire ontarien qui veut transférer son hypothèque dans une autre institution bancaire payera des frais de 300 $. En Nouvelle-Écosse et à l’Ile-du-Prince-Édouard, il ne payera que 25 $ et au Québec, il n’encourra aucuns frais. En Ontario, une banque peut aussi facturer 100 $ pour l’étude de documents alors qu’il n’y a aucuns frais au Québec et en Alberta. Et lorsqu’enfin le propriétaire finit de payer son hypothèque, seul l’Ontarien doit débourser jusqu’à 300 $ pour obtenir une quittance. Ça n’a vraiment aucun sens. C’est comme si un marchand nous demandait un surplus pour écrire «payé» sur une facture que nous venons de régler.

On parle ici de petits montants, Madame Wynne, mais je suis sûr que les Ontariens qui se sentent lésés par rapport à leurs concitoyens canadiens vous seraient gré d’agir à ce sujet. Et tant qu’à y être, pourquoi l’Ontario ne deviendrait-elle pas la première province à imposer un plafond aux indemnités qu’un propriétaire doit payer lorsqu’il rembourse entièrement son hypothèque avant la fin du terme. Ces indemnités peuvent totaliser des dizaines de milliers de dollars et peuvent causer de sérieux problèmes à des gens déjà aux prises avec des difficultés financières.

Pendant votre course au leadership du Parti libéral et ensuite pendant la dernière campagne électorale, vous avez, madame la première ministre, donné l’impression d’être du bord des électeurs. Il est temps de le prouver.

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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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