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mercredi, 13 janvier 2016 08:00

Il est temps de poursuivre Radio-Canada

Il y a quelques jours, le quotidien d’Ottawa, Le Droit, publiait une lettre de l’écrivain franco-ontarien, Paul-François Sylvestre, intitulée «Radio-Canada... ou Radio-Québec?». Peut-être aurait-il dû écrire «Radio-Montréal». La semaine dernière, le site web lapresse.ca publiait un article faisant état d’une nouvelle étude qui démontre que seulement 1 % de la programmation nationale de Radio-Canada traite des régions, incluant les régions québécoises.

Si vous me lisez depuis plusieurs années dans les pages du Voyageur, vous savez bien que j’ai déjà écrit ma part de plaintes envers notre soi-disant diffuseur national. J’ai même fait des présentations orales et écrites suggérant aux dirigeants de Radio-Canada des moyens simples pour améliorer la couverture des régions, particulièrement hors Québec. Mais tout ça n’a rien donné. Radio-Canada est gérée par des petits fonctionnaires des médias bornés qui ne changeront jamais. Il ne peut y avoir que deux raisons pour expliquer leur étroitesse d’esprit. Soit ils ont décidé que leurs auditeurs sont uniquement à Montréal et que ces auditeurs sont tellement xénophobes qu’ils ne veulent pas savoir ce qui se passe dans leur propre pays. Ou, comme le disait Jean Chrétien, ce sont des «petits séparatisses» à la solde d’une idéologie passée date.

Quoi qu’il en soit, les derniers 30 ans démontrent qu’ils ne changeront pas. Il faudra donc que les francophones de toutes les régions du Canada, qui croient encore en un diffuseur public, prennent les grands moyens. Il faut poursuivre Radio-Canada. Nous avons des avocats habitués à gagner des causes difficiles comme Montfort, Summerside et Mahé, pour ne nommer que celles-là. Il faut maintenant que nous travaillions avec eux pour contraindre Radio-Canada à respecter son propre mandat.

Trois pistes judiciaires possibles

Il y a à Radio-Canada un groupe dont c’est la job de donner le ton aux gestionnaires. C’est le conseil d’administration. Or la Loi sur les corporations canadiennes dit clairement que les administrateurs doivent faire respecter les voeux des actionnaires. Le seul actionnaire de Radio-Canada, c’est le gouvernement fédéral et ses voeux sont clairement exprimés dans la Loi sur la Radiodiffusion. On peut y lire le mandat de Radio-Canada www.cbc.radio-canada.ca/fr/decouvrez/mandat/. Or la programmation nationale actuelle du diffuseur public contrevient à 5 des 7 points de ce mandat.

Nos avocats pourraient donc poursuivre le conseil d’administration qui ne fait pas son travail selon la Loi sur les corporations ou poursuivre Radio-Canada qui enfreint la Loi sur la Radiodiffusion.

Une autre piste légale serait de poursuivre la société d’État en vertu de la Charte des droits qui stipule l’égalité de traitement de tous les Canadiens. Un juge n’aurait qu’à écouter / regarder les bulletins de nouvelles nationaux ou les émissions de variétés à la radio et à la télévision de Radio-Canada pour comprendre que les Canadiens-français et francophiles des autres provinces sont traités différemment des Québécois. Plusieurs études ont d’ailleurs démontré ça depuis des dizaines d’années.

Il est donc temps de cesser nos jérémiades et de passer à l’action.

Lu 3613 fois Dernière modification le lundi, 01 février 2016 17:10
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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