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mercredi, 14 août 2013 00:00

Le pouvoir d’un rêve

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de faire un petit voyage d’agrément avec des amis à Niagara-on-the-Lake. Cette courte vacance m’a donné l’occasion de réaffirmer la beauté et la diversité de notre pays. Elle m’a aussi permis de constater encore une fois le pouvoir d’un rêve. Il y a une trentaine d’années, Niagara-on-the-Lake était une petite ville sommeillant à l’ombre de la «vraie» Niagara, celle des chutes. Mais Niagara-on-the-Lake abritait quelques rêveurs, des rêveurs capables de réaliser leurs rêves. Aujourd’hui, Niagara-on-the-Lake est une région vinicole reconnue dans le monde entier et sa beauté attire des centaines de milliers de touristes. La région du Niagara a toujours été une grande productrice de fruits et légumes grâce à son microclimat qui permet une longue période de croissance. Parmi les agriculteurs de la région, plusieurs faisaient bien sûr pousser du raisin. Mais la production restait artisanale. Du moins jusqu’en 1979, lorsqu’un rêveur décida de tenter sa chance dans l’industrie vinicole en fondant Newark Wines, qui deviendra éventuellement Hillebrand Winery. Comme on dit en anglais, «the rest is history». À la même période, le conseil municipal de Niagara-on-the-Lake comptait lui aussi quelques rêveurs, des gens qui voyaient bien les millions de touristes qui se rendaient à 20 minutes de chez eux, aux chutes Niagara. Eux avaient des vignobles qui se développaient à la vitesse «grand V», des vergers sans pareils, un climat merveilleux, mais personne ne venait les voir. Alors, pour devenir une attraction touristique, ils y ont mis le paquet : ils ont embauché des jardiniers qui ont transformé la ville en un immense jardin fleuri, ils ont offert de généreux dégrèvements d’impôt aux commerçants qui embellissaient leurs édifices, ils ont favorisé la coopération entre différentes entreprises (les hôtels se sont regroupés pour offrir des tournées des vignobles, des traitements de style «spa», etc.) et, surtout, ils n’ont pas lésiné sur la promotion. Aujourd’hui, Niagara-on-the-Lake est une destination touristique de choix qui rapporte des millions de dollars à l’économie de la région. Le Nord de l’Ontario a aussi eu ses rêveurs, et parmi eux, plusieurs des nôtres : les Fontaine, Lecours et Malette, qui ont développé l’industrie forestière, les Baxter Ricard et Conrad Lavigne, qui ont bâti l’infrastructure médiatique de la région, la centaine d’entrepreneurs qui ont créé l’industrie sudburoise de services miniers, les jeunes artistes qui ont fondé le Théâtre du Nouvel-Ontario, Prise de parole, la Nuit sur l’étang et CANO, et enfin les organismes culturels qui rêvent aujourd’hui d’une Place des arts à Sudbury. En fait, tout le Nord a été peuplé par des rêveurs qui ont imaginé une meilleure vie dans ce coin de pays. Aujourd’hui, le Nord ontarien a de plus en plus besoin de rêveurs. Les parents doivent encourager leurs enfants à rêver, à rêver grand. Nos écoles doivent leur apprendre à réaliser leurs rêves. Et nos banquiers et nos politiciens doivent leur offrir les services nécessaires à la mise en œuvre de leurs rêves. C’est ainsi qu’on bâtit un pays.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1504 fois Dernière modification le lundi, 23 septembre 2013 10:49
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