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mercredi, 21 août 2013 00:00

Une histoire de chevaux… et de gros sous

L’avenir de l’hippodrome de Sudbury, Sudbury Downs, demeure toujours incertain depuis que la Société des loteries et des jeux de l’Ontario (OLG) a décidé de moderniser ses opérations. Cette décision, annoncée en mars 2012, entrainerait la disparition des machines à sous dans les hippodromes. Or, la plupart de ces établissements ont déjà annoncé qu’ils ne pourraient survivre sans les revenus des machines à sous. Les hippodromes de Woodstock, Windsor et Sarnia ont déjà fermé leurs portes et huit autres exploitations, dont Sudbury Downs, attendent toujours que le couperet tombe. Les chiffres sont faramineux. L’exploitation des machines à sous dans les hippodromes générait quelques 345 millions $ pour ces entreprises. En retour, l’industrie des courses de chevaux affirme qu’elle crée de 30 000 à 60 000 emplois et génère près d’un milliard et demi $. Elle croit aussi que le gouvernement y perdrait, puisqu’une étude démontre une augmentation de 20 % de l’affluence aux machines à sous lorsqu’il y a des courses aux hippodromes. De son côté, OLG explique que la modernisation fournira 1,3 milliard $ de plus aux coffres de la province, ceci en plus du 1,9 milliard $ qu’elle donne déjà au gouvernement, du 1,7 milliard $ qu’elle génère dans les économies locales et, bien sûr, des lots aux gagnants estimés à 1,7 milliard $. Pour réaliser ces nouveaux profits, de nouveaux casinos verraient le jour, notamment à Toronto, Ottawa, North Bay, Sudbury, Sault-Ste-Marie, Thunder Bay et Kenora. OLG veut aussi réaliser des économies en s’associant à des sociétés qui gèrent déjà des maisons de jeu, notamment aux États-Unis. Le problème, bien sûr, est qu’une telle réorganisation nécessite un regroupement des activités de jeu. D’où la décision d’éliminer les machines à sous dans les hippodromes. Les propriétaires de pistes de courses ont réagi et il semblerait que le gouvernement de Kathleen Wynne les a entendus. La décision originale d’OLG ne tenait pas compte de l’industrie des courses de chevaux, mais de récentes déclarations de la première ministre semblent indiquer d’une décision finale devra considérer l’impact sur ce secteur. Souvenons-nous que Mme Wynne est aussi ministre de l’Agriculture. À Sudbury, tout ce brouhaha a déjà eu des répercussions. Le conseil municipal a déjà adopté un arrêté indiquant son désir de voir un casino au centre-ville. Des conseillers ont indiqué qu’il y avait de l’intérêt de la part de certains exploitants. Mais pendant ce temps, Sudbury Downs vit sur les dents. L’entreprise a dû fermer son restaurant et a réduit le nombre de jours de courses de 62 à 20. Des éleveurs de chevaux de course ont fermé boutique et des employés ont quitté l’hippodrome. Tous vivent très mal l’incertitude. Il est temps pour OLG et le gouvernement d’indiquer comment ils entendent rénover le jeu en Ontario tout en continuant à appuyer l’industrie des courses de chevaux.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1415 fois Dernière modification le lundi, 23 septembre 2013 10:47
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