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mercredi, 03 février 2016 10:48

Les jus : plus qu’une tendance alimentaire?



Vous avez sans doute remarqué la croissance en popularité des jus fraichement pressés au cours des dernières années. Leurs fidèles adeptes en vantent leurs mérites et ne jureraient que par eux. Certains les utilisent aux fins de nettoyages ou simplement comme collation. Cependant, comme dans tout autre domaine, mieux vaut présenter les deux côtés de la médaille pour ensuite permettre aux explorateurs santé de prendre une décision un peu plus informée.

Photos : Priscilla Pilon

Faisons d’abord la différence entre les jus pasteurisés et non pasteurisés. La majorité des jus vendus en magasin ont tous été pasteurisés. Ces jus de grandes marques, dont Dole, Minute Made, Tropicana et V8, ont été chauffés ou passés sous une lumière ultraviolette afin d’éliminer les bactéries qui pourraient s’y retrouver1. Les jus non pasteurisés, la vedette des dernières tendances sont les jus crus et fraichement pressés. On peut maintenant les retrouver un peu partout, même dans certaines épiceries depuis deux ans et dans la jeune boutique Frubar Juicery du centre-ville de Sudbury.

Sur les sites du gouvernement du Canada, ont dit que « les femmes enceintes et les jeunes enfants ne devraient pas prendre de jus non pasteurisés. Ce n’est pas une recommandation très appliquée, mais c’est quand même dans notre banque de données, c’est une mesure de sécurité », expose la diététiste à Saine Alimentation Ontario, Sylvie Boulet.

Cependant, ne laissez pas cette information vous en décourager : les jus sont excellents pour ceux qui autrement ne consommeraient pas assez de fruits et de légumes et, en les achetant crus et frais ou en les faisant nous-mêmes, nous pouvons être assurés que rien de néfaste n’a été ajouté : agents de conservations, saveurs artificielles, colorants, sucres, etc.

Les sucres

Comme pour toute autre chose, il est question d’équilibre lorsque vient le temps de faire des choix alimentaires. Certains nettoyages alimentaires ou diètes suggèrent de consommer de grandes quantités de jus et parfois même que du jus. La problématique reste que « les jus sont une source concentrée de sucre, même si elle est naturelle et c’est vraiment ça la question qui est à l’ordre du jour : c’est l’ensemble des sucres dans l’alimentation », révèle Mme Boulet.

Petit à côté, Santé Canada suggère que notre consommation de sucres ajoutés en une journée ne devrait pas dépasser 25 % de l’énergie total de notre diète, mais ne dit rien en ce qui concerne les sucres naturels. Donc on parle ici de sucres ajoutés artificiellement, comme dans les biscuits, le ketchup, certains jus pasteurisés, les yogourts... bref ils sont à peu près partout.

Cependant, ce chiffre est beaucoup trop haut selon Mme Boulet et plusieurs autres experts du domaine : «Cette pratique est en révision. Plusieurs organismes, dont l’Association des maladies du cœur, s’en vont vers un 10 % (6 c. à thé pour les femmes, 9 pour les hommes). C’est un chiffre qui a plus de sens que Santé Canada en ce moment», reconnait la diététiste.

Mais idéalement, on devrait éviter tous sucres artificiels. C’est beaucoup plus facile de s’en sortir lorsqu’on reste à l’écart des produits transformés. Que Santé Canada ne touche que les sucres artificiels dans leurs recommandations me surprend beaucoup et me laisse croire qu’ils ont énormément de terrain à rattraper sur le sujet. De ne pas donner une limite ou une moyenne de consommation de sucres naturels est un autre problème : il faut quand même se limiter et balancer ce que nous ingérons.

Pour illustrer le propos, on retrouve 22 g de sucres naturels dans une tasse de jus d’orange cru, ce qui représente 5,5 c. à thé. Oui, il s’agit d’un jus très santé qui donne un excellent apport de vitamine C et plus, mais cela devient problématique lorsqu’on en consomme trop.



Solution? « Il faut juste les balancer avec des légumes verts pour ne pas avoir un taux de sucre trop élevé dans le sang. Les jus d’épinards, tout ce qui est vert, ont tendance à ne pas être très sucrés. Car même les jus de légumes peuvent être sucrés : tout ce qui est rouge ou orange a tendance à l’être plus (carottes, betteraves, tomates, etc.) », informe Mme Boulet.

D’un côté, comme l’explique le propriétaire de Fruibar Juicery, Frank Ruberto, on vante les bienfaits des jus, car « tu ne pourrais jamais consommer autant de chou (kale) et d’épinards dans une assiettée que dans un verre de jus vert ». Mais de l’autre côté, un jus élevé en sucre et détaché de sa fibre va être absorbé très rapidement dans le sang. Le corps libère ensuite beaucoup trop d’insuline, ce qui fait que « le glucose n’est plus transformé en glycogène, [...] mais en acide gras, [...] confirmant ainsi la théorie du sucre qui fait grossir et [...] une deuxième conséquence néfaste : la baisse de la glycémie à une valeur inférieure à la normale. Elle survient en général une heure après l’absorption du glucide et provoque une sensation de faim et de fatigue et peut aller jusqu’à [entrainer] des malaises et des nausées. »2

Frank Ruberto, propriétaire de Fruibar Juicery

Les fibres

Peu importe le type de machine qu’on utilise pour faire son jus, la majorité de la fibre reste derrière. Pour vous donner une idée : une pomme entière contient de 2 à 4 g de fibres et une tasse de jus en contient en moyenne 0,5 g. Certains vont dire qu’il vaut mieux consommer l’aliment en entier ou des frappés (smoothies), car ils sont plus complets et ralentissent l’absorption du sucre. D’autres disent qu’il faut tenir compte des fibres solubles et insolubles. « Les fibres solubles restent dans le jus et les fibres insolubles sont éliminées, permettant au corps une meilleure absorption des phytonutriments, dont les enzymes »3. Le tout revient aux habitudes alimentaires : si un verre de jus est la seule façon dont une personne consomme son apport quotidien en fruits et légumes, vaut mieux qu’il les ingère ainsi que pas du tout.

Pour les enfants

Les jus peuvent aussi s’avérer un outil important pour les enfants difficiles : « Quel parent ne voudrait pas donner des fruits et des légumes à son enfant? Combien de fois doivent-ils s’obstiner à leur en faire consommer? S’ils n’aiment pas le brocoli ou les épinards, ils peuvent alors en consommer sous forme de jus. Le montant de légumes dans une assiette n’est pas comparable au montant de légumes que peuvent contenir les jus », plaide M. Ruberto.

Cependant, il faut faire attention avec les enfants d’âge préscolaire : « On recommande une limite de 125 à 175 ml de jus », rappelle Mme Boulet.

Oxydation

L’oxydation est un autre aspect controversé lorsqu’on parle de jus. Plusieurs recommandent de consommer le liquide immédiatement après qu’il ait été transformé pour éviter que l’oxygène ne détruise trop les nutriments et les enzymes. Les machines qui pressent les aliments à froid auraient une meilleure réputation pour ceci4. Mais encore une fois, vaut mieux consommer un jus, même vieux de deux jours, que de ne pas consommer de fruits ou de légumes. En dernier recours, les jus peuvent aussi être congelés une fois convertis.



Malgré les quelques précautions à prendre quant aux jus crus, je crois tout de même que de pair avec une alimentation saine variée, ils peuvent être bénéfiques et ne peuvent être que profitables pour ceux qui ne consomment pas de fruits et de légumes autrement. Avec l’ajout d’aliments comme le gingembre, on donne d’excellents nutriments au système immunitaire. Mme Boulet invite ceux qui ont des questions à communiquer avec Saine Alimentation Ontario au 1-877-510-5102.

Références :

1)http://canadiensensante.gc.ca/eating-nutrition/healthy-eating-saine-alimentation/safety-salubrite/fruits-vegetables-legumes-fruits/unpasteurized-pasteurises-fra.php

2)http://www.vo2max.com.fr/diet_indexglyc.html

3)http://www.juicestandard.com/vegucation/who-says-juice-doesnt-have-fiber

4)http://foodmatters.tv/articles-1/juicing-vs-blending-which-one-is-better

Publié dans Blogue

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