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On entend souvent parler d’enzymes, mais que savons-nous réellement de leurs fonctions quant à la santé? Où les retrouve-t-on et pourraient-elles être reliées à notre espérance de vie? La microscopiste nutritionnelle des cellules vivantes (Nutritional Live Blood Microscopist), Suzanne Pellerin, CN CM, nous éclaire sur le sujet.

Suzanne Pellerin, CN CM

Photo : Courtoisie

« Les enzymes sont des protéines créées par certaines glandes du corps pour accélérer et faciliter les réactions chimiques dans les activités d’organismes vivants. Elles sont responsables de la réparation, de la formation et du fonctionnement de chaque cellule dans chaque tissu de notre organisme », présente Mme Pellerin. « Notre corps contient des milliards d’enzymes nécessaires au fonctionnement métabolique du corps. Par exemple, les enzymes digestives provoquent les réactions chimiques nécessaires à la digestion de nos aliments », enchaine-t-elle.

« Si nous avons une carence de certaines enzymes, telle que la lactase — une enzyme produite dans l’intestin grêle — elle peut rendre la décomposition au lactose impossible. Ce manque d’enzymes peut apporter plusieurs symptômes néfastes tels que la constipation, la diarrhée, le ballonnement, des allergies, l’asthme, etc. Les enzymes digestives qui sont produites par le pancréas facilitent l’assimilation de la nourriture en brisant les molécules des aliments afin que nos cellules les reconnaissent. Les enzymes ne servent pas qu’à soigner les problèmes digestifs, elles ont un grand rôle quant à la formation et à la décomposition de l’ADN et de l’ARN », avance Mme Pellerin.

En plus des enzymes digestives, il existe également des enzymes alimentaires. Ce que nous mangeons et son mode de cuisson auraient un impact sur notre réserve enzymatique corporelle. La nourriture crue contient plus d’enzymes qui assurent sa propre digestion, contrairement à la nourriture cuite et transformée, qui élimine les enzymes.

Sauvegarder sa réserve naturelle
« L’homme est le seul mammifère qui fait cuire sa nourriture et, quel que soit le mode de cuisson, un aliment cuit est un aliment mort. La cuisson ne conserve pas d’éléments vivants et influence la valeur nutritionnelle. Une consommation maximum de légumes et de fruits crus est recommandée, car ils sont dotés de leurs propres agents pour notre organisme. Aussitôt que la nourriture subit une transformation due à la cuisson, ses enzymes et nutriments sont modifiés et peuvent disparaitre. La diversité des fruits et des légumes est aussi un élément clé, car elle permet une alimentation variée, riche en saveurs avec les meilleurs bienfaits pour la santé », explique Mme Pellerin.

Photo : iStock

Autres enjeux
« Cependant, la cuisson n’est pas le seul facteur qui affecte notre potentiel enzymatique. La congélation, les micro-ondes, les additifs alimentaires, la restauration rapide, la friture, les produits en conserves, les pesticides, le café et l’alcool sont parmi les plus puissants destructeurs d’enzymes alimentaires. Le stress, les toxicités, l’angoisse, une mauvaise alimentation, certains effets secondaires dus aux médicaments et le manque d’exercice ont un effet négatif sur le système digestif et peuvent diminuer la production d’enzymes. L’organisme doit alors compenser et puiser dans ses propres réserves, créant ainsi un terrain propice aux maladies dégénératives. Tous ces stress aboutissent à une absorption insuffisante des nutriments. Même si notre alimentation est biologique et la plus saine, cela ne suffirait pas toujours à combler les besoins en enzymes qui assurent une bonne santé et un vieillissement moins problématique », expose-t-elle.

Production naturelle d’enzymes
« Notre production naturelle d’enzymes commencerait à diminuer dès l’âge de 20 ans. La capacité de production d’enzymes diminue de 13 % chaque décennie. Donc à l’âge de 40 ans, notre réserve enzymatique serait affaiblie de 25 % comparativement à quand nous étions enfant. À l’âge de 70 ans, il ne resterait plus qu’un tiers de nos enzymes. Celles retrouvées dans la salive, le sang et le pancréas deviennent plus faibles avec l’âge et l’estomac produit moins d’acide chlorhydrique, essentiel pour l’assimilation et la digestion des protéines et des gras », prévient l’intervenante.

« Ces carences pourraient causer des intolérances alimentaires, des allergies et des problèmes digestifs. En situation de carence, plusieurs se tournent donc vers des sources supplémentaires d’enzymes. Dans son livre portant sur le rôle des enzymes dans la nutrition1, le docteur Edward Howell1 avance que la durée de vie d’une personne serait directement liée à l’épuisement de son potentiel d’enzymes et que l’ingestion d’enzymes alimentaires complémentaires permet de diminuer ce taux d’épuisement, ce qui aboutirait à une vie plus longue, plus saine et plus vigoureuse. Un supplément d’enzymes digestifs avec les repas aide à partager la charge de travail de ses enzymes corporels et peut faciliter la digestion. Certains pensent que nous pourrions vivre plus longtemps et en meilleure santé si nous nous protégions contre la perte de nos enzymes corporelles », conclut Mme Pellerin.

Une théorie remise en question
Malgré les points soulevés dans la publication de 1985 du Dr Howell, d’autres écoles de pensées soulèvent que ses théories n’ont pas suffisamment de preuves scientifiques. L’article de John P. Thomas, publié en 20142, stipule qu’il n’y a aucune preuve que les enzymes alimentaires sont transformés en enzymes digestifs une fois dans le corps. Il dit aussi qu’il y aurait un manque de preuves quant à la réserve d’enzymes corporelles, laissant entendre qu’elle serait peut-être renouvelable après tous.

Il explique que si la théorie de Dr Howell est vraie, les gens pourraient tous vivre une longue vie en prenant des suppléments enzymatiques, puisque le compte d’enzymes corporels semble être le facteur le plus important à la vie humaine. Il démontre aussi que les tests effectués pour tenir compte du niveau d’enzymes ont été effectués sur des sauterelles, des lucioles et des rats et non chez des humains, ce qui pourrait dramatiquement changer les résultats.

De quel côté pencher? Les études qui se contredisent semblent se faire de plus en plus fréquentes. C’est à s’en arracher les cheveux! Solution? Y aller avec ce qui fonctionne pour vous. Il est indéniable que les aliments crus ont leurs avantages et que l’on devrait faire notre possible pour préserver nos enzymes digestifs en évitant la nourriture qui nous les ferait gaspiller inutilement, dont la restauration rapide et les produits transformés. Allez-y avec votre bon jugement et consultez un(e) professionnel de la santé en cas de doutes.

Pour ceux qui souhaitent ajouter des enzymes complémentaires sous forme de comprimés dans leur alimentation, la microscopiste conseille de faire ses propres recherches ou de consulter un(e) nutritionniste afin de s’assurer de prendre des suppléments de bonnes sources.

Sources :

1) Enzyme Nutrition: The Food Enzymes Concept, Dr Edward Howell, 1985

2) healthimpactnews.com
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Vous avez peut-être déjà entendu dire que votre santé globale se reflète dans votre santé buccale. Après avoir parcouru les sujets variés d’Explorations santé, je me suis dit qu’il était temps d’aller vérifier ce lien entre la bouche et le corps auprès d’une professionnelle.

« Votre bouche est comme une fenêtre sur la santé globale de votre corps », illustre l’orthodontiste et présidente élue de l’Association dentaire de l’Ontario, Dr LouAnn Visconti, DDS. « En tant que dentistes, nous sommes également des professionnels de la santé. Nous sommes qualifiés pour trouver les signes précurseurs de problèmes de santé qui pourraient se manifester dans le corps  », enchaine-t-elle.

Dr LouAnn Visconti, DDS

Photo : Courtoisie

« Plusieurs études ont démontré qu’il y a un lien entre la santé buccale et les problèmes de santé comme le diabète, les maladies du cœur, les accidents vasculaires cérébraux, et même les maladies respiratoires. Certaines maladies buccales peuvent aussi aggraver d’autres problèmes de santé déjà existants. En voyant les problèmes dans la bouche en premier, ils peuvent servir de signes qui indiquent l’apparition de certaines maladies, par exemple le cancer », explique l’orthodontiste.

Habitudes alimentaires
Lorsqu’on l’interroge au sujet des habitudes qui ont le plus grand impact sur la santé buccale, Dr Visconti n’hésite pas à pointer du doigt les habitudes alimentaires. « La meilleure solution est d’avoir des collations santé comme des légumes, des noix, des graines, du fromage ou du yogourt au lieu de collations sucrées. Je sais que lorsque je m’assois à l’ordinateur je veux toujours grignoter, alors j’essaye toujours d’avoir des bâtonnets de cèleri ou de carotte », révèle l’intervenante. Elle implore de se tenir loin des collations sucrées, des barres de chocolat, des croustilles et tout autre aliment transformé, car ces derniers « contiennent du nitrate et autres produits qui ne sont pas aussi bons pour la santé. »

Côté boissons, Dr Visconti recommande tout simplement de boire de l’eau puisqu’elle aide à l’hydratation, non seulement du corps, mais aussi de la bouche. « L’eau est, de loin, mieux que les boissons gazeuses et même les jus de fruits naturels. Ces boissons qui ont beaucoup de sucre contiennent aussi beaucoup d’acide, ce qui peut endommager les dents », explique-t-elle.

Si notre dentiste nous prévient des effets néfastes des aliments acides, qu’en est-il des citrons qui sont pourtant si primés en santé globale? « Le citron a des effets bénéfiques dans le corps, mais tu ne veux pas en consommer trop non plus, car il peut être dommageable pour les dents en raison de son haut niveau d’acidité. Si tu es trop exposé aux agrumes, ils peuvent éroder l’émail des dents », laisse-t-elle entendre. La meilleure chose à faire serait de le consommer dilué dans l’eau au lieu de mordre dedans à pleines dents (mais surement rare ceux qui prennent plaisir à cet exercice!) et de bien rincer sa bouche par la suite.

« Le café et le thé ne sont pas la meilleure solution non plus, car ils tachent les dents à la longue. De plus, le café cause de la déshydratation », intervient Dr Visconti. Encore une fois, on applaudit souvent les effets bénéfiques de certains thés. L’orthodontiste souligne que les thés noirs sont pires que les tisanes.

Un coup de main des herbes
Un de nos lecteurs m’a fait parvenir un livre fort intéressant qui porte sur les soins dentaires par l’entremise des herbes.1 Voici quelques herbes/épices et leurs effets. Cardamome : antimicrobien, antioxydant, antispasmodique, rafraichit l’haleine, stimulant circulatoire... - cayenne : antiinflammatoire, antimicrobien, antioxydant, antiseptique, stimulant circulatoire et métabolique, nutritif... - curcuma : antiinflammatoire, antimicrobien, antioxydant, antispasmodique... - menthe poivrée : analgésique, antimicrobien, antioxydant, antiseptique, antispasmodique... On parle aussi de camomille, de cannelle, de clou de girofle, de lavande et plusieurs autres.

L’orthodontiste souligne également les bienfaits de la menthe et du persil : «ils contiennent de la chlorophylle et ils aident à combattre la mauvaise haleine. Le persil peut même servir de nettoyant pour le palais entre les plats lors de dégustations de vins ou de nourriture.»

Chaud ou froid?
Dr Visconti assure que des températures raisonnablement froides ou chaudes ne devraient pas avoir d’effet sur la santé buccale. Cependant, si le froid ou le chaud vient causer un inconfort, elle suggère de prendre rendez-vous avec son dentiste, car cette sensibilité pourrait être un signe d’émail érodé, de caries ou autres problèmes.

Habitudes journalières
Il est intéressant de noter que tous les points menant à l’amélioration de la santé buccale sont les mêmes que ceux de la santé globale. Dans ce même livre qui porte sur l’herboristerie dentaire, on mentionne la restauration rapide qui affecte en premier lieu la bouche, les boissons sucrées qui déshydratent au lieu d’hydrater les tissus du corps, l’importance du repos et de l’activité physique qui améliore la circulation et qui joue un rôle important pour les tissus, même ceux de la bouche. Le dernier élément mentionné est l’oxygène : il est aussi vital pour le corps que pour la bouche.2

Pour terminer, les pratiques dentaires ont évidemment leurs répercussions quant à la santé buccale. « Se brosser les dents et passer la soie dentaire tous les jours est très important, mais il faut également allez voir son dentiste sur une base régulière afin qu’il puisse vérifier les dents et les gencives, puisque comme mentionné, c’est un professionnel de la santé qualifié qui peut détecter les précurseurs de divers problèmes de santé qui se passe dans le corps », conseille l’intervenante.

Sources :

1) Dental Herbalism - Natural Therapies for the Mouth, Leslie M. Alexander, PhD, RH (AHG) et Linda A. Straub-Bruce, BS Ed, RDH

2) Idem p. 12

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