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jeudi, 17 juillet 2014 11:23

Suzanne F. Charron - celle pour qui le légendaire dompteur de loups, Joe LaFlamme, n’a plus de secrets!

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Qui est Joe LaFlamme, celui qu’on avait surnommé l’Homme aux loups, l’Homme aux orignaux et l’Homme fort du Nord ? Nul doute qu’il s’agit d’un personnage grandiose de l’histoire du Nord de l’Ontario, qui a vécu à Gogama. Je vous invite à le découvrir par l’entremise de celle qui a fouillé les archives et la mémoire des gens pendant plusieurs années pour arriver à nous livrer l’histoire vécue non seulement d’un homme légendaire, mais aussi d’un style de vie propre au Nord ontarien à partir des années 1920. Malgré un horaire bien rempli, l’auteure de Joe LaFlamme : L’indomptable dompteur de loups, Suzanne F. Charron, a accepté de se prêter au jeu en rédigeant des réponses à une série de questions que je lui ai posées, chacune dévoilant sa passion pour le sujet, les défis posés par sa recherche et son amour pour le Nord de l’Ontario. Native de Sturgeon Falls, habitant maintenant le Grand Sudbury, voici Suzanne F. Charron en 10 questions…

1. Comment a germé votre intérêt pour le personnage de Joe LaFlamme ?

J’ai découvert Joe LaFlamme par une visite anodine dans son ancienne maison à Gogama, à peine quelques années après son décès. Un collègue nous avait invités, mon conjoint et moi, à une partie de cartes. J’avais à peine mis les pieds dans l’appartement lorsque Jean-Marie Cayen, un conteur extraordinaire, a commencé à me raconter des bribes de l’histoire de [Joe] LaFlamme. Ces histoires de loups et d’orignaux m’ont évidemment impressionnée, moi qui aime les animaux. Je me suis dit que ça ferait un bon livre, un que j’aimerais écrire un jour… Eh bien, ça m’a pris 35 ans à répondre à l’appel de la vie d’écrire la biographie de ce dompteur de loups plus grand que nature qui a vécu dans le Nord de l’Ontario de 1920 à 1947.

2. Pourquoi avez-vous écrit le livre Joe LaFlamme : l’Indomptable dompteur de loups ?

J’ai toujours eu un intérêt pour la nature [dont les loups], les biographies et l’histoire locale. Et comme la biographie de Joe LaFlamme n’avait pas encore été écrite — et que j’étais mûre pour la tâche d’écriture, bien sûr —, je me suis sentie attirée par ce sujet qui touchait à tous ces intérêts. Sans oublier que le personnage lui-même m’intriguait.

3. Combien de temps avez-vous mis à la recherche, à la rédaction dans les deux langues et à la révision du manuscrit ?

Il m’a fallu quatre ans pour faire la recherche sur Joe LaFlamme ainsi que la rédaction de sa biographie dans les deux langues. Le processus de révision chez les deux éditeurs sudburois [Prise de parole et Scrivener Press] a pris environ cinq mois et a abouti à deux versions qui sont parallèles. Mes livres ont été lancés en octobre 2013. Le titre de la version anglaise est Wolf Man Joe LaFlamme: Tamer Untamed.

4. Qu’est-ce que vous avez découvert de plus surprenant au sujet de Joe LaFlamme en écrivant votre livre ?

À mesure que je découvrais Joe LaFlamme, je m’étonnais des exploits extraordinaires qu’il avait accomplis et du fait qu’il semblait s’amuser dans le processus. Ce qui ressortait, pour moi, était sa passion et sa capacité d’aller chercher ce qu’il voulait dans la vie. C’est comme s’il faisait un clin d’œil à la vie et disait “Ce que Joe veut, Dieu veut!”. Comme il aimait passionnément ses animaux sauvages, c’est avec eux qu’il voulait passer le gros de son temps en y gagnant sa vie, sans oublier, bien sûr, qu’il était un contrebandier d’alcool renommé. Et rien ne l'arrêtait, pas même la justice. Joe était en effet un fin plaideur qui savait défendre sa cause.

5. Pourquoi avez-vous écrit ce livre dans les deux langues ?

Tout simplement parce que Joe LaFlamme était connu partout en Amérique de Nord : du Nord ontarien à la Louisiane et de Terre-Neuve à la Californie. Étant un francophone natif du Québec, Joe s’était établi en Ontario et a voyagé beaucoup en territoire anglophone, soit dans notre province et dans le Nord-Est des États-Unis. Alors, je me suis dit que ce sujet passionnant pouvait intéresser autant les anglophones que les francophones.

6. Quel a été votre plus grand défi en écrivant cette biographie ?

De un, être assise de nombreuses heures à l’ordinateur; j’ai trouvé ça ardu. De deux, écrire la biographie de Joe LaFlamme se comparerait à faire un casse-tête difficile. De rassembler tous les faits de sa vie — qui étaient éparpillés un peu partout dans une multitude d’articles et d’anecdotes — et d’en faire une histoire cohérente et facile à lire a été un travail de moine.

7. Qu’est-ce que vous avez découvert au sujet du Nord de l’Ontario en écrivant l’histoire de Joe LaFlamme ?

C’est incroyable de penser que tout un village comme Gogama vivait en pleine forêt, complètement isolé du reste de l’Ontario. Et je ne parle pas ici des populations dans le Grand Nord du Canada : Gogama est à peine à 200 km au nord de Sudbury. Une population d’environ 3 000 personnes [dans les années 1920 et 1930] vivait de l’industrie forestière en n’ayant autre accès à la civilisation que le chemin de fer et l’avion de brousse. Il fallait avoir la trempe du pionnier pour s’y établir, surtout à cette époque où les infrastructures et les services publics se faisaient rares.

8. Joe LaFlamme : L’Indomptable dompteur de loups est votre premier livre. Comment décririez-vous votre expérience d’auteure ?

Exigeante, oui, mais combien passionnante! Toute une aventure qui m’a fait cheminer du point de vue personnel. Je n’avais aucune idée dans quoi je m’embarquais et j’ai dû apprendre à composer avec l’inconnu et à faire confiance à la vie. Aucun regret. Et l’aventure continue!

9. Quel sera le sujet de votre prochain livre ?

Mon prochain projet de rédaction ne sera pas une biographie, mais plutôt de la fiction.

10. On dit que l’on peut quitter le Nord, mais que le Nord ne nous quitte jamais. Quel mot utiliseriez-vous pour décrire l’identité nord-ontarienne ?

Il y en aurait plusieurs, mais, pour moi, c’est le verbe «s’assumer». Pourquoi ? Parce que si l’on vit dans le Nord de l’Ontario, on a appris à en accepter les défis : les grandes distances, les longs hivers, les services réduits et les maringouins voraces, pour n’en nommer que quelques-uns. On sait très bien qu’on ne peut vivre le même style de vie que dans le Sud de la province avec tous ses supposés avantages. Mais on se prend en main, on n’a pas peur de foncer et, en bout de ligne, on s’est taillé un style de vie bien à nous et que la plupart des Nord-Ontariens, je crois, apprécient à sa juste valeur.

NDLR : Vous pouvez également lire un profil du parcours de vie de Suzanne F. Charron sur le blogue des Elles du Nord au lien suivant :

http://femmesdelaroute11.wordpress.com/2014/05/27/suzanne-charron/

Lu 4626 fois Dernière modification le lundi, 21 juillet 2014 10:47