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vendredi, 14 juin 2019 10:00

Mérite Horace-Viau 2019 : Monique Beaudoin, Chlöé Madore-Bouffard et Gabriel Grenier

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«Je suis revenu au Canada [après des années au Mexique] pour des raisons familiales, mais aussi parce que je m’ennuyais beaucoup de l’hiver, du Canada et du Nord de l’Ontario.» «Je suis revenu au Canada [après des années au Mexique] pour des raisons familiales, mais aussi parce que je m’ennuyais beaucoup de l’hiver, du Canada et du Nord de l’Ontario.» Photo : Ali Rodriguez-Beaudoin
Voici des entrevues réalisées avec les trois récipiendaires du Mérite Horace-Viau, remis par les Clubs Richelieu du Grand Sudbury. Ces articles ont paru dans le cahier spécial sur la St-Jean de Sudbury 2019.

La passion des arts et des autres



Les Clubs Richelieu du Grand Sudbury remettront cette année le Mérite Horace-Viau à Monique Beaudoin. Cette Franco-Ontarienne qui a grandi dans le Nord, qui se passionne pour les arts et qui a d’abord œuvré en Amérique latine a un parcours peu banal et une vision du monde qui met à l’avant-plan les arts comme moyen d’épanouissement communautaire.

«C’est un honneur de recevoir le Mérite Horace-Viau, surtout parce que ça vient d’une communauté que j’aime beaucoup, que j’estime énormément et que j’ai toujours admiré.»

Mme Beaudoin est née à Mattawa et sa famille a déménagé à Sault-Ste-Marie quand elle avait 11 ans. Elle a fait le choix d’étudier en sociologie à l’Université Laurentienne en grande partie parce qu’elle voulait vivre l’effervescence culturelle et artistique francophone qui se déroulait à Sudbury au début des années 1980.

«Il y avait toute sorte d’initiatives vraiment vibrantes qui se passaient dans la communauté sudburoise et qui impliquaient la communauté LGBT, les Premières Nations, les personnes à faible revenu… C’était vraiment un milieu stimulant et j’étais fascinée par tout ça. […] J’ai choisi Sudbury à cause de son audace, de sa créativité et de son engagement acharné.»

Ce gout pour les arts et la culture l’habite toujours, surtout comment «les arts peuvent donner une voix aux gens qui n’en ont pas, mais aussi à ceux qui n’ont pas nécessairement eu accès à une éducation artistique». Les efforts du Théâtre du Nouvel-Ontario et de la Galerie du Nouvel-Ontario, entre autres, pour rejoindre et se rapprocher des gens l’ont toujours fascinée.

Elle est présentement présidente du conseil d’administration des Éditions Prise de parole en plus de siéger à celui du Salon du livre. Elle fait également partie du comité artistique et du sous-comité de médiation culturelle de la Place des Arts.

Passer par l’Amérique latine

Après ses études, Monique Beaudoin ira travailler en Amérique latine. Une aventure qui durera environ 12 ans et qui influence encore tout ce qu’elle fait.

Elle a entre autres travaillé pendant deux ans avec les Brigades de paix internationales à observer l’état des droits de la personne au Guatemala et au El Salvador en plus d’accompagner les gens menacés par leurs prises de position politique.

Elle déménagera ensuite au Mexique avec son conjoint, rencontré dans cette partie du continent. Elle a continué à appuyer les gens menacés et elle accompagnait «les journalistes et des cinéastes qui faisaient des reportages sur la situation politique au sud du Mexique», à la suite de la révolte des zapatistes en 1994.

Ce fut là une de ses premières occasions de mieux comprendre les peuples autochtones. «Un groupe rebelle qui était composé surtout de Mayas et qui s’était levé contre l’accord de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALÉNA) parce qu’il mettait en péril leur souveraineté comme doyens de leur territoire.»

Elle se souvient que c’était un de premiers conflits largement influencés par internet. «Ils utilisaient les réseaux sociaux de façon très efficace, il y a eu des gens venus de partout au monde pour apporter leur solidarité envers les Mayas.»

Retour aux sources

Elle reviendra s’installer à Sudbury en 2001 avec sa famille, alors que ses filles étaient âgées de 8 et 3 ans.

Coordonnatrice en promotion de la santé au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury depuis 2006, son rôle est de trouver la meilleure façon de livrer la programmation communautaire aux groupes qui en ont le plus besoin. Elle fait également le lien avec les chercheurs de l’Université Laurentienne et du Collège Boréal pour les recherches en santé auxquelles le centre de santé participe.

«Quand j’ai commencé à travailler au centre de santé, il commençait a avoir un corpus important de recherches qui faisaient des liens entre l’accès aux arts et à la santé. À cause de son mandat de réduire les diverses barrières à la santé, ça entrait en plein dans notre mandat.» Son implication dans les arts s’est donc poursuivie de ce côté aussi.

«Je fais beaucoup de travail avec les populations qui ont des barrières additionnelles à l’accès à la santé. Par exemple : les nouveaux arrivants, la communauté LGBTQ, les personnes à faible revenu. C’est un peu mon rôle de voir comment on peut réduire les barrières d’accès.»

Mélange des genres

«Il n’y a pas une journée qui passe où je ne pense pas à quelque chose que j’ai vécu en Amérique centrale et au Mexique. J’en ai tiré énormément de leçons de vie qui me servent sur le plan professionnel, dans mon engagement dans la communauté.» Elle est entre autres inspirée par l’implication à tous les niveaux qu’elle a pu observer au Mexique, où il n’y a pas autant de barrière entre le travail, la vie communautaire et la famille. «Les gens travaillent beaucoup en collectivité, beaucoup de façon démocratique», avec moins de hiérarchie et plus d’analyse. «C’est vraiment une approche à la vie qui m’a transformée. Je ne vois plus le monde de la même façon.»



Photo : Julien Cayouette

Chlöé Madore-Bouffard



Chlöé Madore-Bouffard a sauté sur l’occasion de faire partie de l’Association générale des étudiants (AGE) de l’École secondaire Macdonald-Cartier dès son entrée en 9e année. Depuis, elle continue de cumuler les postes dans divers regroupements étudiants. Son engagement sera reconnu cette année par les Clubs Richelieu du Grand Sudbury qui lui remettront le Mérite Horace-Viau jeunesse – secondaire.

«Je pense que j’aime être du côté de l’organisation des évènements. Je pense que ce serait super plate de juste participer», lance-t-elle pour expliquer son niveau d’implication. «J’aime ça organiser, je crois que j’ai quelque chose à contribuer.»

Très philosophiquement, elle affirme «qu’au secondaire, ce ne sera pas notre temps en salle de classe que les élèves vont se souvenir, alors j’aime le fait que j’ai contribué à ces évènements» et ces souvenirs.

Maintenant en 11e année, l’élève est vice-présidente de son école en plus d’être élève-conseillère du Conseil scolaire public du Grand-Nord de l’Ontario. Ce deuxième rôle fait automatiquement d’elle une membre du Regroupement des élèves conseiller.ère.s francophones de l'Ontario (RECFO) — elle vient d’être réélu comme vice-présidente du volet public — et lui a permis de siéger au comité d’appui local des 26es Jeux franco-ontariens comme élève-conseillère du conseil hôte. Elle fait également partie du conseil de représentation de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) pour la région du centre.

Elle dit aimer se garder occupée — on le voit bien —, mais il y a autre chose : «J’aime aussi les résultats. Je me demande souvent “pourquoi est-ce que je fais tellement de choses, que je manque tellement d’école et que je suis toujours tellement occupée?”, mais en fin de compte j’aime ça parce que par après, lorsque j’ai une semaine super stressante, je reviens et je vois les résultats.» Comme de voir les élèves s’amuser lors des activités organisées par l’AGE.

Dans le cas de sa participation dans la FESFO ou le RECFO, ses décisions ont été très spontanées, venant d’un désir de contribuer, mais aussi d’apprendre. «Le monde de la politique m’intéresse et je voulais me saucer les pieds un peu.»

Finalement, est-ce que ça l’intéresse autant qu’elle s’y attendait? «Oui! Je ne sais pas si c’est dans ça que je me dirige au postsecondaire, mais jusqu’à date, j’aime ça.» Sinon, en quoi elle aimerait étudier, se sent-on obligé de lui demander? «Droit et justice… C’est ça que je dis quand les gens me le demandent, parce que c’est une safe answer, mais je ne suis pas trop certaine», dit-elle en riant.

Après avoir appris qu’on l’avait sélectionné pour recevoir le prix Horace-Viau, Chlöé s’est renseigné sur l’homme et le prix. «C’est bien de recevoir cette reconnaissance-là parce que j’ai regardé les autres personnes qui ont gagné le prix et c’est un honneur de faire partie de ce groupe.»



Photo : Julien Cayouette

Gabriel Grenier



Gabriel Grenier a mis en place un nouveau type de mentorat au Collège Boréal afin d’aider les étudiants du programme de Technologie du génie électronique et Technologie du génie électrique. C’est cette initiative que ses professeurs ont voulu reconnaitre en soumettant son nom pour le Mérite Horace-Viau jeunesse – postsecondaire, remis par les Clubs Richelieu du Grand Sudbury.

«Au lieu de faire du tutorat un à un, ce qui est le style classique, j’ai fait des sessions plus organisées à des groupes», explique le récipiendaire. Il prenait le temps de consulter les professeurs du département pour savoir ce qu’ils avaient enseigné au cours de la semaine pour préparer sa séance.

Il y a un centre d’appui à l’apprentissage au collège qui fonctionne par inscriptions en tant que tuteur ou apprenant. M. Grenier pense cependant que certains étudiants ne sont pas très portés à s’identifier comme quelqu’un qui a besoin d’aide, que c’est comme reconnaitre qu’on n’est pas assez bon. «Tout le monde pense qu’ils vont être capables de passer l’examen s’ils étudient bien fort le soir d’avant.»

Il a discuté avec le département pour y être rattaché plutôt que de travailler pour le centre d’aide. «C’était un peu plus drop in, si les étudiants voulaient venir, ils venaient. Je pense que ça a bien fonctionné. J’ai eu de la rétroaction pas mal positive des étudiants et des profs.»

Ses études au Collège Boréal sont un peu un changement de cheminement pour Gabriel Grenier, qui avait commencé des études en Physique. Après avoir travaillé un peu en recherche chez SNOLAB, il s’est aperçu que le rythme de travail en recherche ne l’intéressait pas autant qu’il le croyait.

Il a tout de même eu l’occasion de siéger à l’AEF pendant ses études à l’Université Laurentienne et au sénat de l’université. De plus, le Collège Boréal annonçait le 7 juin les récipiendaires de ses bourses d’excellence et prix communautaires. Le nom de Gabriel Grenier apparait deux fois dans la liste pour la bourse École des métiers et des technologies appliquées, de l’environnement et des richesses naturelles ainsi que pour la bourse VALE – Distinction de l’excellence dans les études minières.

Ses études étant terminées, il s’est déjà trouvé un emploi chez Vale.

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