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lundi, 22 avril 2019 15:52

Les autres médias francophones

Écrit par  Camille Contré


La première station de radio française de l’Ontario, CFBR, a vu le jour en 1957, donc plus de 10 ans avant Le Voyageur. En 1990, elle a été rachetée par la compagnie anglaise Pelmorex. Malgré tout, leur désir de faire grandir le réseau français n’a pas souffert. Darcy Kieran a été engagé à titre de directeur du réseau français. Avec son arrivée, la station de radio changea de nom pour CHYC (prononcer chic). Parmi les autres changements apportés, il y a l’idée d’étendre l’émission de radio aux régions plus éloignées de Sudbury — dont Timmins, Hearst et Kapuskasing — ainsi que d’engager deux nouveaux animateurs, «de nouvelles voix pour parler plus encore aux gens du Nord», peut-être en réponse aux critiques quelques années plus tôt que la station ne répondait pas aux besoins des auditeurs de Sudbury. Nous reproduisons ci-dessous un article de 1982 qui marquait le 25e anniversaire de la station.

Autre grand nom de la radio francophone qui s’implantera à Sudbury dans les années 1970 : Radio-Canada, qui, comme Le Voyageur, fêtait un anniversaire en 2018. L’article reproduit ci-dessous a été publié en 1988, lors du 10e anniversaire de la station CBON dans le Nord de l’Ontario.

Fait à noter, avant l’arrivée de CBON, CFBR était affilié à Radio-Canada.

par Camille Contré



15 décembre 1982

CFBR : La radio française de Sudbury célébrait ses 25 ans




Assis : Stephan Grondin, animateur du matin, Robert Perreault, directeur de la programmation, Gilles Martin, gérant des ventes, Laurier Roy, nouvelles et animation, Gilles Lafortune, animateur de l’après-midi, Simon Lepage, nouvelles et animation, Michel Lavoie et Jean-Pierre Lauzon à l’animation de fin de semaine. — Photo : Archives

par Michèle Grondin

C’est avec une équipe jeune et dynamique que la radio française de Sudbury, CFBR-MA, célébrait son 25e anniversaire mercredi dernier. Une équipe à la hauteur de Jean-Pierre Coallier qui, le 8 décembre 1957, initiait les ondes de cette station, aujourd’hui vieille d’un quart de siècle, en prononçant «Bonjour le monde».

CFBR-MA a représenté et constitue encore aujourd’hui le tremplin professionnel de nombreuses vedettes de la radio française québécoise et ontarienne. Lors d’une entrevue, le directeur de la programmation, M. Robert Perreault, mentionnait, entre autres, les populaires Kurt Lavilande, Claude Ménard, Aurèle Bouchard, Fernand Robidou, Jean Devilier, Robert Grandmaison et, bien sûr, René Riel, qui prenait sa retraite il y a à peine plus d’un an. René Riel, à sa jeunesse, était l’animateur le plus populaire de la région, alors qu’il initiait la radio-directe, effectuant ses animations de part une vitrine de la quincaillerie Cochrane. M. Perreault mentionne également Jean-Pierre Lauzon, compagnon de travail d’aujourd’hui et du début des années soixante.

Si la station CFBR a formé autant d’animateurs de renommée, c’est qu’elle a hérité très tôt du titre de radio-école. «Comme le dit si bien le dicton : c’est en forgeant qu’on devient forgeron», nous rappelle M. Perreaul. «Je crois en la formation autodidacte d’un annonceur», c’est à dire devant le microphone. Et comme par le passé, «BR» vous transmet la voix de la relève, celle des vedettes de demain.

Parmi cette jeune équipe, on retrouve Stephan Grondin, l’animateur du matin en semaine, Gilles Lafortune du lundi au vendredi et Simon Lepage et Laurier Roy, tous deux à la nouvelle et à l’animation. «La relève fait bon ménage avec le passé de CFBR», affirme M. Perreault. Il ajoute : «L’équipe actuelle constitue l’une des meilleures sur le plan radiophonique et technique, une équipe qui a du cœur au ventre». Pour le directeur de la programmation, cela signifie un groupe de professionnels qui ont «la radio dans les tripes».

De leur côté, les auditeurs reconnaîtront une amélioration constante de la part de leurs animateurs, et surtout un produit égal au maximum de leurs capacités. M. Perreault renchérit ses commentaires en mentionnant : «Cette équipe effectue un bon travail sans se préoccuper de la base salariale ou de la cote d’écoute. Un peu comme un peintre qui au moment de créer sa toile ignore totalement si 300 personnes ou 3 tomberont en extase devant son œuvre».



14 décembre 1988

Radio-Canada vous dit Bonjour




L’équipe de CBON en 1978 : Donald Dennie, Réjean Grenier, Marie-Elisabeth Brunet, Christine St-Pierre, Daniel Mathieu, Nicole Beauchamp, Marie-Paule (Charette) Poulin, Carole Lafrenière, Serge Fleyfel, Thérèse Boutin, Rose St-Laurent et Jean-Guy Arseneault. — Photo : Archives

par André Girouard

Le 19 juin 1978, à 6 h du matin, dans un tout petit studio encore mal aménagé, Daniel Mathieu, annonceur-chef de CBON s’adressait ainsi à ses auditeurs... plus ou moins éveillés : «Pour la première fois, la voix de Radio-Canada, dans le Nord de l’Ontario vous dit bonjour».

L’équipe de CBON comprenait neuf personnes. Rappelons quelques noms : il y avait les deux Mathieu : Daniel, qui s’est exilé à Rimouski pour y continuer son métier d’annonceur, et Réjean, le seul survivant des débuts et qu’on entend et qu’on voit à Radio-Canada. Il y avait aussi Marie-Elizabeth Brunet, toujours au service de Radio-Canada, mais à Toronto. Il y avait encore Serge Fleyfel, qui animait, l’après-midi, l’émission TNT (Tout le Nord en tremble) : vous vous sauveriez du concours «Identifiez le bruit mystérieux» qui amenait chaque jour au-delà de deux réponses?

Et il y avait surtout Marie-P. (Charrette) Poulin, directrice du poste depuis janvier et à qui on avait confié la responsabilité de fonder CBON : «Les lettres d’appel du poste avaient fait l’objet de nombreuses discussions; il nous fallait un titre qui parlât aux gens de la région. On avait fini par retenir les deux premières lettres des postes de Radio-Canada à travers le pays (soit CB) auxquelles on ajouta ON pour Ontario Nord. Ce n’est qu’après coup qu’on s’est rendu compte du potentiel publicitaire des lettres d’appel : c’est bon le matin, c’est bon la radio française, etc.»

Marie-P. (Charette) Poulin restera à la direction de CBON jusqu’en 1983. Aujourd’hui, elle est vice-présidente et secrétaire générale de Radio-Canada à Ottawa : «Nous avons commencé avec 15 heures d’émissions diffusées, par semaine à partir de Sudbury; en janvier 1979, nous en étions arrivés au rythme de croisière actuel, soit 40 heures d’émission par semaine. En trois ans, le personnel grimpait de 9 à 20».

À l’ouverture en juin 1978, CBON bénéficiait de 10 réémetteurs à travers le Nord; trois ans plus tard, il y en avait 25 : «Très vite, on a pu rejoindre tous les gens du Nord, de Thunder Bay à Mattawa, de Sudbury à Hearst. Mais non seulement voulions-nous faire de CBON la radio qui fût la voix des francophones du Nord-Est et du Nord-Ouest de l’Ontario, mais encore nous avons fait tous les efforts possibles pour faire des émissions qui fussent diffusées à travers le réseau national : en 1981, Michel Morin animait sur tout le réseau l’émission Souvenirs : nous avons pu nous insérer dans l’émission nationale Voix et Rythmes en présentant des artistes locaux».

Marie-P. (Charette) Poulin se souvient, comme si c’était hier, des débuts. Durant quatre, cinq mois, annonceurs, réalisateurs devaient travailler à partir de locaux de fortune, au milieu des échelles, des pots de peinture, en compagnie des menuisiers, des électriciens. «Les travaux de rénovation ne furent complétés qu’à l’automne. Je retiens par-dessous tout de ces débuts l’enthousiasme de notre équipe et l’appui chaleureux et inconditionnel, des auditeurs francophones.»

L’équipe actuelle que dirige M. Robert Groulx, ne cède rien en enthousiasme à l’équipe des débuts et les fidèles auditeurs de la radio française disent toujours en 1988 comme ils le disaient en 1978! «CBON, c’est vraiment Bon».


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