FacebookTwitter
mardi, 12 mars 2019 14:46

Passer à la vitesse grand V

Écrit par 


Sudbury — Vous souvenez-vous d’une époque sans internet, ou même sans ordinateur performant? Si vous êtes assez vieux (comme moi), vous savez ce que ça représente. Par contre, je ne suis pas assez vieux pour avoir monté un journal sans faire la mise en page sur ordinateur.

Si j’ai évité ce casse-tête, c’est entre autres grâce à Léo Duquette et Jo-Ann Philipow, copropriétaires du Voyageur de 1998 à 1999 avec Réjean Grenier et Carole Dubé. M. Duquette et Mme Philipow sont ceux qui ont informatisé le journal.

Je n’ose pas vous expliquer en détail comment on prépare Le Voyageur en 2019; ce n’est pas très palpitant. Si on résume : on écrit les textes à l’ordinateur, on prépare les publicités à l’ordinateur, on met le tout ensemble à l’ordinateur, on envoie des PDF chez l’imprimeur par internet et le tour est joué. Ah oui, on met aussi des éléments sur internet à partir d’ordinateurs...

Alors, que faisait-on avant les ordinateurs? En gros, voici comment.

Les maquettistes préparaient les publicités avec différents outils : dessins, bandes de textes imprimés, couteaux à lame fine, colle spéciale, etc. Très proche du bricolage, mais avec des outils plus perfectionnés. C’était extrêmement laborieux, surtout si le client n’aimait pas le résultat, puisqu’il fallait alors souvent recommencer à zéro. Ça, c’était pour les plus petits clients. Les plus grandes entreprises pouvaient envoyer par la poste leurs publicités déjà imprimées.

Pendant ce temps, les journalistes écrivaient leur texte... à la main. Ils devaient ensuite être retranscrits dans une machine à écrire qui permettait de sortir le texte sur une bande de papier d’environ trois pouces de largeur. Et si on trouvait une erreur dans le texte, c’était plus simple de découper et de rapiécer que de refaire le texte au complet.

Pour rassembler les deux éléments, on utilisait des cartons qui ont environ la taille d’une page de journal (nous en avons encore au Voyageur) et le bricolage continuait. Les publicités étaient collées sur le carton avec de la cire chaude. On collait ensuite autour d’elles les bandes de textes découpées, les titres et les photos.


Le type d’outils nécessaires au montage d’un journal avant l’arrivée des ordinateurs. — Photo : Julien Cayouette

Ah oui! Les photos qu’il fallait faire développer avant le montage et pour lesquelles les choix de tailles étaient limités. Une fois terminées, les pages étaient envoyées chez l’imprimeur. Dans les années 1990, Le Voyageur était imprimé à Elliot Lake. Il se tapait donc un voyage en autobus. Et si on manquait l’heure de départ l’autobus, quelqu’un devait faire le voyage à Elliot Lake.

Je vous épargne le processus que devait ensuite suivre l’imprimeur.

Ordinateur et simplicité

Lorsque le groupe mentionné plus haut a acheté Le Voyageur en 1998, le montage se faisait encore selon le procédé décrit ci-dessus. Une de leurs priorités a été d’amener un peu de modernité dans le processus de production. Puisque M. Duquette et Mme Philipow avaient leur propre entreprise de markéting et de graphisme, ils étaient bien placés pour mener la transition.

Le journal avait quelques ordinateurs à leur arrivée, mais pas assez performants pour installer les logiciels Photoshop et PageMaker. Il y avait une imprimante laser, mais elle ne pouvait pas imprimer sur des pages 11x17, pour une page entière de journal.

Une fois les nouveaux ordinateurs, les logiciels et une meilleure imprimante achetés, il fallait former les employés responsables du montage. «J’ai commencé à faire des leçons avec elles, la plupart du temps le mardi après-midi après que le journal était parti», raconte Mme Philipow, apprentissage qui a tout de même été rapide selon M. Duquette. Ils ont aussi complètement informatisé la comptabilité.


Jo-Ann Philipow et Léo Duquette. — Photo : Julien Cayouette

«Les caméras numériques commençaient à être introduites à l’époque, on en avait acheté une, même si ce n’était pas une très haute résolution, mais ça a permis d’avoir encore plus de photos dans le journal», ajoute Léo Duquette.

Les changements n’ont pas été seulement technologiques. Ils ont supervisé la rénovation et l’aménagement des bureaux situés dans l’ancien Carrefour francophone. «Je pense que ça a aidé à rehausser le moral de tous les employés», se souvient Jo-Ann.

Ils ont également fait construire un support mural pour les pages, ce qui permettait à toute l’équipe de facilement y jeter un coup d’œil — on ne sait jamais qui peut remarquer une erreur.

Les deux ont tellement passé d’heures à réorganiser et donner un coup de main aux employés du journal que leur propre entreprise commençait à en souffrir. M. Duquette passait parfois ses journées au journal et ses soirées à son bureau.

Malgré l’ajout de tous ces ordinateurs, un seul avait accès à internet en 2000, avec un de ces modems qui faisaient du bruit lors de la connexion par ligne téléphonique.

Et la différence?

Jeannette Brazeau a travaillé pendant environ 14 ans pour Le Voyageur, entre autres en tant que maquettiste. Elle est une des rares à avoir fait ce travail avant et après l’arrivée des ordinateurs, une des employées formées par M. Duquette et Mme Philipow.

«Sans exagérer, [les ordinateurs ont] sauvé plus de la moitié du temps, si pas plus. Combien de fois j’ai dû travailler jusqu’à minuit et même plus tard pour arriver à la date d’échéance. Définitivement plus rapide de 50 à 70 %. Une page de journal nous prenait peut-être 1 heure à monter», raconte-t-elle. À l’ordinateur, le temps de montage est passé à environ 15 minutes par page. Ceci a également permis d’augmenter le nombre de pages du journal.

«Ensuite, lorsque venait le temps de mettre les adresses, la technologie nous a sauvé beaucoup de temps pour ça aussi, poursuit Mme Brazeau. Avant, c’était des plaquettes de métal que nous devions insérer dans une machine pour ensuite faire l’impression [de l’adresse] sur le journal avec une encre spéciale... et ces plaquettes restaient toujours prises dans la machine. Avec la nouvelle technologie, c’étaient des étiquettes que nous préparions sur ordinateur pour ensuite les imprimer et les coller.»


Abonnez vous



Lu 1193 fois Dernière modification le mardi, 12 mars 2019 15:19
Julien Cayouette

Directeur de l'information

705-673-3377, poste 6209 ou sans frais : 1-866-926-3997

levoyageur@levoyageur.ca

Actualité du Nord

  • 90 ans de jardinage
    90 ans de jardinage Kapuskasing — La Société d’horticulture de Kapuskasing célèbre ses 90 ans d’existence cette année et, pour l’occasion, elle tenait sa foire annuelle de fleurs et de légumes la fin de semaine du 17 aout au Centre Civique. Le Voyageur a pu rencontrer…
    Ecrit le jeudi, 22 août 2019 16:22
  • Le militantisme par la culture
    Le militantisme par la culture Chapleau — Diane Jean, l’ancienne directrice générale du Centre culturel Louis-Hémon, a récemment choisi de tirer sa révérence après avoir travaillé pendant deux décennies auprès de Chapleau. Abitibienne d’origine, elle s’est installée dans cette collectivité rurale du Nord de l’Ontario…
    Ecrit le mercredi, 21 août 2019 16:09
  • Visite d’Elizabeth May à Sudbury
    Visite d’Elizabeth May à Sudbury Sudbury — Première visite à saveur électorale dans le Grand Sudbury, la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, était de passage à l’École d’architecture McEwen hier soir pour répondre aux questions des Sudburois. Il s’agissait d’un 33e arrêt d’une…
    Ecrit le mercredi, 21 août 2019 00:00
  • Une cicatrice encore visible
    Sudbury — Cette photo prise du haut des airs montre bien l’étendue de forêt qui a été dévastée par l’incendie Parry Sound 33 l’été dernier. Ce feu qui a forcé l’évacuation d’une Première Nation et de Killarney en plus de…
    Ecrit le mercredi, 14 août 2019 15:21
  • Construction devant le Collège Boréal pour la rentrée
    Construction devant le Collège Boréal pour la rentrée Sudbury — La circulation sur le boulevard Lasalle à l’entrée du Collège Boréal risque d’être perturbée pour la rentrée. Afin de terminer la construction de la route et du nouveau carrefour giratoire qui remplacera l’intersection devant le collège, les automobilistes…
    Ecrit le mardi, 13 août 2019 16:23
  • Earlton se bat pour son développement
    Earlton se bat pour son développement Earlton — Les dirigeants du canton d’Armstrong ont récemment réduit le prix de vente de certains terrains municipaux à 20 000 $ pour stimuler le développement de nouveaux domiciles dans le secteur du chemin Airport et du croissant Jules-Gravel. Les obstacles au…
    Ecrit le jeudi, 08 août 2019 13:00
  • Quelle est la relation entre l’aide médicale à mourir et les soins palliatifs en Ontario?
    Quelle est la relation entre l’aide médicale à mourir et les soins palliatifs en Ontario? Ontario — En Ontario, les maisons de soins palliatifs sont l’un des endroits désignés par la loi où il est permis d’administrer l’aide médical à mourir (AMM). La grande majorité des institutions préfèrent par contre diriger les patients à l’hôpital…
    Ecrit le mardi, 06 août 2019 13:00

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login