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vendredi, 08 mars 2019 10:53

Entrepreneur ou entrepreneuse?

Écrit par 
Mélanie Morin Mélanie Morin Photo : Courtoisie
Sudbury — Mélanie Morin est un bel exemple de créativité dans le monde des affaires; elle a vu un besoin spécifique et a travaillé à créer une solution aussi parfaite que possible pour accélérer une tâche indispensable, mais couteuse en temps.

Dans sa jeunesse, Mélanie Morin — originaire de Kirkland Lake et qui a terminé son secondaire à Chelmsford — se voyait enseignante. Après avoir compris que ce n’était finalement pas pour elle, elle a plutôt étudié en psychologie à Ottawa. Elle est revenue dans la région travailler chez Northern Vocational Services pendant 10 ans où elle aidait les personnes handicapées à trouver et garder un emploi.

Elle y a rencontré Sheri Tomchick, propriétaire de Plan A, une agence d’emplois temporaires pour les infirmières et les préposés aux services soutien personnel.

Chez Plan A, elle a découvert la fastidieuse tâche de faire des appels pour trouver une infirmière disponible — sur une liste de centaines de noms — pour combler un trou dans l’horaire des maisons de retraite ou de soins de longue durée. «Ça a grandi vraiment vite et on se retrouvait au téléphone... je vais dire 24/7, c’était très difficile», dit-elle, sans signe d’exagération.

StaffStat

Elles ont cherché un logiciel qui pourrait les aider dans leur tâche, mais n’ont rien trouvé qui faisait l’affaire. «Si tu ne le trouves pas, tu le développes», et c’est ce qu’elles ont fait avec l’aide d’une entreprise locale de développement de logiciels.

StaffStat fait en quelques minutes une tâche qui pouvait prendre une heure. Lorsqu’il y a un «trou» à combler dans les horaires d’un centre de santé — remplacer une travailleuse malade, par exemple —, une employée doit contacter les remplaçants un à un pour combler la période.

Avec StaffStat, une responsable peut prendre quelques minutes pour mettre l’information dans le logiciel et l’envoyer instantanément à tous les employés admissibles, qui peuvent choisir de recevoir les notifications par message texte, par un appel téléphonique automatisé, par courriel ou sur l’application pour téléphone intelligent.

Ceux qui aimeraient et pourraient prendre la période de travail envoient une réponse de confirmation. Finalement, l’employée qui a envoyé la notification assigne la période à une des personnes qui a répondu positivement. «Ça peut prendre 30 secondes à poster le shift et à l’assigner au lieu de prendre 45 minutes pour faire les appels», affirme Mme Morin.

L’entreprise est bien consciente que la plupart des organisations avec lesquels elles travaillent sont syndiquées et qu’elles ont chacune une procédure spécifique à suivre dans ces circonstances. C’est aussi pourquoi l’assignation finale est contrôlée par un humain.

Combler ses besoins et partager ses bonnes idées

«C’était supposé être seulement quelque chose que l’ont devait utiliser avec Plan A, mais lorsque nos clients l’utilisaient, ils le voulaient comme service interne pour eux», raconte Mme Morin. C’est ainsi qu’elle et Mme Tomchick ont créé l’entreprise StaffStat, pour vendre le logiciel et pour laquelle Mme Morin est devenue la présidente directrice générale.

«Essentiellement, mon rôle a été de prendre la direction du logiciel, basé sur le feedback qu’on reçoit des organisations qui ont acheté le service et continuer à faire grandir l’entreprise, nous faire connaitre, [...] de l’amener aussi loin que je peux.»

«On met le focus sur la santé, soins de longue durée et hôpitaux, c’est là où nous avons trouvé notre niche.» Il y a 90 organisations qui utilisent présentement StaffStat en Ontario et en Colombie-Britannique; 10 000 personnes qui reçoivent des notifications venant du logiciel. «On grandit beaucoup en ce moment, ça bouge vite.»

Elles font attention de ne pas trop ajouter au logiciel afin de continuer à bien faire ce qu’il fait. Mélanie Morin croit que ce serait un risque d’ajouter le traitement des payes, par exemple, une des suggestions qu’elle a déjà reçu. «Ça fonctionne bien parce que ça fait ce que ça fait. C’est simple et ça fonctionne. On aime ça pour nous et pour ceux qui l’utilisent.»

Elle souhaite plutôt agrandir son territoire de vente. Son rêve serait que StaffStat soit présent dans toutes les provinces canadiennes et avoir une version en français. «Nous offrons le service à Kapuskasing et eux aimeraient que ce soit en français. Nous sommes à la recherche de fonds qui nous permettraient de le traduire.»

Entrepreneur ou entrepreneuse?

Elle n’apprécie pas particulièrement le titre «femmes d’affaires». «De plus en plus, on aime se faire reconnaitre comme entrepreneure et pas entrepreneure femme, mais je pense que ça va toujours être là.»

Elle voit des avantages et des inconvénients rattachés à cette étiquette. «C’est un peu plus difficile d’avoir de l’appui financier, je crois qu’on ne se fait pas prendre autant au sérieux, tu te fais plus questionner quand tu es une femme», avance-t-elle. Surtout dans leur cas, puisque le domaine de la technologie est dominé par les hommes. «Il faut que tu gagnes la confiance des gens et que tu leur prouves que tu as travaillé pour ça.»

De l’autre côté, leur logiciel est destiné au domaine de la santé, secteur avec une plus forte présence féminine. Cependant, ceux qui prennent les décisions — comme décider d’acheter un logiciel — sont souvent des hommes.

«Ce que l’on a appris à faire, c’est de commencer à appeler celles qui font les horaires», celles qui font le travail au jour le jour. «Avec une alliée à l’interne qui croit au produit, ça devient plus facile de convaincre les décideurs.» «J’ai toujours été une personne très occupée, j’ai toujours fait autre chose sur le côté»; entreprise de photographie avec sa sœur et membre de groupe Chicks with Picks, la famille de Mme Morin est habituée à son rythme de vie.

Sa vie est tout de même devenue un peu plus compliquée il y a sept ans, avec plus de déplacements, de rendez-vous en soirée et des semaines de 60 heures de travail et plus. Heureusement, ses enfants étaient au début de l’adolescence à l’époque. «J’ai un mari qui me donne beaucoup de support, si ce n’était pas de lui, je ne sais pas si ça aurait fonctionné.» Dans le fond, n’est-ce pas la même chose pour un homme qui gère une entreprise? L’appui du conjoint ou de la conjointe est toujours important.

Elle apprécie la liberté que sa position lui donne. «Il faut penser à ce que l’on fait pendant qu’on le fait, mais on peut prendre des chances. Il faut que tu sois capable d’accepter qu’une idée ne fonctionne pas, mais aussi d’accepter les idées qui fonctionnent.» Elle croit aussi qu’une plus petite entreprise — StaffStat compte environ six employés.es en ce moment — donne plus de liberté pour essayer de nouvelles idées.

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Lu 580 fois Dernière modification le vendredi, 08 mars 2019 11:07
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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