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mercredi, 06 mars 2019 09:00

Lettre au premier ministre de l’Ontario

Monsieur le premier ministre Ford,

Je vous écris aujourd’hui au sujet de l’éducation. J’imagine que vous êtes au courant des changements envisagés par votre ministre de l’Éducation afin, dit-elle, d’épargner des sous. Comme d’habitude, votre gouvernement a laissé couler quelques bribes d’information afin de sonder le terrain. On parle notamment de fusions de conseils scolaires et d’un gel d’embauche. Comme vos paroles et vos actions depuis votre élection semblent indiquer que vous ne connaissez pas la communauté franco-ontarienne, je tiens à vous renseigner sur les impacts que cette réforme pourrait avoir sur nous. Et sur votre gouvernement advenant des changements qui toucheraient nos droits fondamentaux.

D’abord, un peu d’histoire. L’éducation en français a toujours été au centre des préoccupations des Franco-Ontariens et nous surveillons donc votre réforme de près. C’est en réaction à l’infame Règlement 17 de 1912, qui interdisait l’enseignement en français, que les Franco-Ontariens ont créé leur premier organisme politique, l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO), devenue depuis l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Le Règlement ne sera abrogé qu’en 1927, privant ainsi une génération de Franco-Ontariens d’une éducation dans leur langue.

Mais la fin de cet injuste épisode n’a pas marqué la fin de nos batailles en éducation en Ontario. Les Franco-Ontariens ont dû lutter politiquement, et même juridiquement, pour obtenir des écoles secondaires ainsi que la gestion de leur système scolaire.

Je sais bien que votre gouvernement veut trouver des épargnes afin de réduire la dette de la province. Mais je tiens à souligner que ces deux dernières victoires, écoles secondaires et gestion scolaire, ont été obtenues il y a moins de 50 ans. Ce qui veut dire que pendant plus de 300 ans, nous, Franco-Ontariens, avons payé des taxes pour financer des écoles anglaises ou bilingues qui nous ont assimilés. Je vous conseille donc de ne pas tenter de nous voler nos maigres droits sous prétexte qu’ils coutent cher. Vous nous devez de l’argent depuis des générations!

Il y a présentement en Ontario plus de 400 écoles de langue française fréquentées par quelque 110 000 élèves. Ces écoles font partie d’un projet de société élaboré à la sueur du front des Franco-Ontariens. C’est ce projet qui permet à des centaines de milliers de citoyens francophones et francophiles de participer à la croissance économique de l’Ontario. Il n’est pas question que nous baissions les bras devant toute atteinte à ce projet en éducation.

En terminant, je tiens à souligner que plusieurs des droits scolaires dont nous jouissons aujourd’hui ont été instaurés par vos prédécesseurs conservateurs. Howard Ferguson pour l’abrogation du Règlement 17, Bill Davis pour les écoles secondaires et Mike Harris pour la gestion scolaire. J’espère que vous savez de quel côté de l’histoire politique conservatrice vous vous tenez.

Je vous remercie de votre attention et demeure

Bien à vous,

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Lu 1216 fois Dernière modification le mardi, 05 mars 2019 16:09
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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