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mardi, 12 février 2019 14:46

Le Carrefour francophone

Écrit par  Camille Contré


Le père Albert Régimbal a fondé le Centre des jeunes, aujourd’hui connu sous le nom de Carrefour francophone, en 1950. Trente ans plus tard, le Carrefour reçoit une subvention de Wintario de plus d’un million de dollars qui servira à la rénovation de l’hôpital St-Joseph, qui allait devenir la nouvelle maison du Centre.

D’abord concentré à offrir des activités à la jeunesse francophone sudburoise, le Centre des jeunes changera graduellement de vocation et offrira des services de plus en plus variés, surtout après son changement de nom à Carrefour francophone. Mais les services aux jeunes et aux parents resteront toujours au centre de ses priorités.

Le changement de nom aura officiellement lieu en novembre 1989, pendant la semaine francophone, dont le banquet sera marqué par un appel à la bombe.

Le Carrefour ne semble plus être sur son air d’aller en 1996, ayant une dette de 400 000 $ auprès de la banque et cinq membres du conseil d’administration ont démissionné et on ne s’entend pas sur la meilleure solution. Pour redresser la situation, le CA a engagé Réjean Grenier à titre de personne-ressource pour une période de six semaines, sans solde.

Aujourd'hui, le Carrefour francophone a retrouvé le chemin du succès, surtout grâce à ses services aux jeunes et à la petite enfance, mais aussi grâce à la Slague. En novembre dernier, on rapportait d'ailleurs une deuxième année record pour le nombre d'enfants inscrits dans les garderies et pour le budget total. Record qui devrait être à nouveau battu l'an prochain.

Nous avons reproduit ici un article du 16 octobre 1996 qui examine ces temps difficiles pour le Carrefour francophone, avant l’embauche de M. Grenier.


L'ancien hôpital St-Joseph en 1980, avant lorsque le Centre des jeunes annonce qu'il y déménagera. — Photo : Archives


Le Centre des jeunes avait même son équipe de hockey. — Photo : Archives



Article du 16 octobre 1996

L’heure est grave pour le Carrefour



par Jacques Des Becquets

L’assemblée du conseil d’administration du Carrefour francophone, le 9 octobre, aura été déterminante pour le centre. Au moment où la dette envers sa banque atteint les 400 000 $, l’exécutif s’est divisé en deux camps quant à la façon de procéder pour assurer la survie de l’institution. Alors que cinq membres du c.a. ont démissionné depuis, les autres veulent mettre l’épaule à la roue pour approcher les organismes francophones.

Un bref retour dans le temps. Vers le mois d’août, lors d’une assemblée spéciale, l’exécutif a présenté une solution aux membres : d’après une étude d’experts-conseils, il serait possible de transformer les deuxième et troisième étages de l’édifice en logis pour personnes âgées. On s’accordait quelques mois pour vérifier le potentiel du projet et pour obtenir la réponse de la banque auprès de qui le Carrefour possède sa dette. Le c.a. a depuis obtenu un refus. Une autre possibilité s’offrait ensuite, a révélé Richard Malette au journal lundi matin : la Société de l’aide à l’enfance de Sudbury-Manitoulin a été approchée pour loger au Carrefour : elle a décliné. Une autre solution, très finale, consistait en la vente de l’édifice pour éponger la dette auprès de la banque, quitte à ce que le Carrefour francophone se relocalise en un autre endroit.

Départs et une dernière tentative de rassemblement

La réunion du 9 octobre a été lourde de conséquences. Une partie du conseil d’administration a voulu le départ de la directrice générale, Manon St-Denis, pour la remplacer par une personne-ressource qui, en l’espace de six semaines, devra communiquer avec les organismes et entreprises francophones de Sudbury — dont certains ont déjà logé au Carrefour francophone — pour les convaincre de s’installer dans l’immeuble. Arnel Michel et Alain Noël pensent que le c.a. pourra trouver quelqu’un qui possède suffisamment d’énergie pour mener à bien cette démarche. À ce sujet, M. Michel offre : «Même avec une lettre d’intention de déménager ici à la fin de leur bail, [les organismes] nous arrangeraient.» Le c.a. aimerait disposer de six mois pour rapatrier les organismes ou entreprises.

Quant aux raisons du départ des organismes qui ont déjà logé au Carrefour, les deux intervenants possèdent leur version des événements. M. Michel pense que le dialogue n’avait pas toujours eu lieu. Alain Noël, arrivé plus récemment, lance pour sa part : «Je ne connais pas les raisons de leur départ, mais je me pose des questions. Y aurait-il moyen de les retrouver et de les faire venir ici? Ensuite, nous pourrions faire du lobbying auprès des différents gouvernements pour obtenir des subventions [respectives]. Nous serions plus forts. J’aimerais qu’on s’entende : comment peut-on s’organiser?»

Arnel Michel, s’est vu confier la tâche de négocier avec la banque. Vendredi après-midi, il s’y est rendu, pour essayer d’obtenir le délai espéré. En entrevue téléphonique lundi matin, il a confirmé que les personnes qu’il avait rencontrées étaient réceptives au plan d’action, mais qu’il leur fallait d’autres renseignements. Le c.a., a expliqué M. Michel; les leur fera parvenir cette semaine.

Après la réunion du 9 octobre, Richard Malette a remis sa lettre de démission à titre du président du Carrefour francophone, d’une part parce qu’il n’approuvait pas le congédiement de la directrice générale, d’autre part parce qu’il n’est pas d’accord avec la stratégie du conseil d’administration actuel : «Notre gros locataire potentiel, la SAE, n’était pas intéressée, et nous nous sommes fait dire que la banque trouvait trop coûteux le projet de logements pour personnes aînées. J’aurais fait la proposition C, celle de la vente de l’édifice, a expliqué M. Malette au Voyageur lundi matin. Il fallait donner une réponse à la banque d’ici le 15 octobre. Les gens du c.a. ont décidé de rassembler les organismes francophones. Je ne suis pas contre l’idée d’un lieu-parapluie qui les rassemble, mais, à court terme, je ne trouve pas ça réaliste. Il faut penser en termes d’affaires : la seule façon de se débarrasser de la dette, c’est de prendre notre équité (l’édifice) et vendons-la. Ensuite, que le Carrefour déménage ailleurs. Nous ne sommes pas gérants d’immeubles. Je comprends l’attachement des personnes envers le Carrefour. Mais quand il arrive une proposition d’affaires, il faut parfois la prendre. Par exemple, je n’ai pas entendu beaucoup de gens crier lorsque le Théâtre du Nouvel-Ontario a décidé d’aller au Collège Boréal. Ce qu’il a fait a été bon [pour son avenir] ».

En attendant une réponse favorable de la banque à un nouveau délai, le conseil d’administration procèdera à une nouvelle élection avant la fin du mois, croit Alain Noël.


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