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mercredi, 06 février 2019 09:00

Les vraies couleurs des conservateurs

L’élection de Doug Ford en tant que premier ministre de l’Ontario nous permet de voir les vraies couleurs des politiciens conservateurs. Depuis 50 ans, nous avons vu des politiciens conservateurs prendre le pouvoir au provincial et au fédéral. Presque tous — Mike Harris étant l’exception — ont gouverné certes du centre droit, mais de façon modérée. L’élection de Ford et la montée de Jason Kenney en Alberta démontrent que les conservateurs deviennent de plus en plus adeptes de la droite extrême.

Quand on pense à Bill Davis, Joe Clark ou Brian Mulroney, on se souvient de leadeurs qui ont reconnu la tendance centriste des Canadiens et qui ont réussi à museler les idéologies les plus extrêmes de leur parti. Même Stephen Harper, pourtant pas un centriste, a pu contrer les voix antiavortement et antigai dans son caucus de députés.

Les nouveaux ténors du parti ontarien ne semblent pas s’arrêter à de telles considérations. Et leur audace face à l’électorat encourage leurs ministres, députés et autres supporteurs à se foutre éperdument de la modération traditionnelle des Canadiens.

Prenons l’exemple des ministres ontariennes Caroline Mulroney et Christine Elliot. Pendant la course au leadeurship du parti conservateur de l’Ontario, toutes deux se présentaient comme des conservatrices modérées. Or on voit bien maintenant que, non seulement sont-elles à la botte de Ford, mais elles n’ont aucun problème à défendre ses positions inconsidérées. Par exemple, Mulroney, pourtant procureur générale, n’a pas dit un mot lorsque Ford a menacé d’utiliser la clause nonobstant pour couper le nombre de conseillers municipaux de Toronto. Elle n’a pas non plus soulevé un argument contre les coupures aux services en français.

Quant à Elliot, on a pu constater lors de la parution la semaine dernière d’un rapport sur le système de santé que, comme son patron, elle n’a aucun désir de démocratiser les services. Elle veut plutôt tout centraliser dans les mains des amis du parti. Allo la modération!

On voit la même chose en Alberta où le Parti conservateur uni de Jason Kenney attire beaucoup d’adeptes antigouvernement, antisyndicat et antienvironnement. Ça correspond à leur nouveau leadeur qui s’est déjà prononcé contre le mariage gai et contre le choix des femmes à interrompre une grossesse non voulue.

Ce glissement des conservateurs encore plus vers la droite démontre la vraie idéologie de ce parti. Jusqu’à présent, des chefs pragmatiques avaient compris les tendances politiques des électeurs et réussi à contrer les éléments les plus extrémistes de leur formation. Mais l’ascendance de Ford et Kenney a suscité une ruée d’extrémistes qui poussent le parti de plus en plus vers la droite pure et dure. Et les soi-disant modérés qui ont pourtant écrit l’histoire de ce parti sont maintenant obligés de suivre le mouvement. Les partis conservateurs du Canada semblent de plus en plus déconnectés de l’idéologie modérée des Canadiens.

Mais le sont-ils vraiment? Où répondent-ils simplement à un mouvement populaire vers la droite intolérante, égoïste et mesquine qui déferle actuellement sur le monde? Les élections prévues dans les prochaines années répondront à ces questions. On frémit.

Lu 663 fois Dernière modification le mardi, 05 février 2019 21:30
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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