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mardi, 05 février 2019 15:03

Quand les crises alimentent la réflexion sur les besoins

Écrit par 
Raymond Théberge Raymond Théberge Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Après la table ronde de l’Institut franco-ontarien, Le Voyageur s’est entretenu avec le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge.

Le Voyageur : Votre première année en poste a vu plusieurs évènements controversés concernant la francophonie canadienne. Vous attendiez-vous à autant d’action?
Raymond Théberge : Oui, c’était plus d’action que ce à quoi je m’attendais. Ce qui est important pendant une première année dans un poste, c’est d’être capable de doter l’organisation avec un plan et une vision. Ce que l’on a fait. Mais là, il faut se prononcer sur une série d’enjeux, qui ne sont pas des enjeux planifiés. Ça nous a amenés à nous questionner beaucoup sur certaines de nos activités, en particulier le projet de modernisation de la [Loi sur les langues officielles (LLO)]. Comment est-ce que ce projet peut nous aider à l’avenir? Et aussi à songer beaucoup au rôle et à la place des provinces et territoires par rapport à leurs communautés. Comment est-ce que le Commissariat, qui est un organisme fédéral, peut-il se positionner par rapport à une province. C’est une question fondamentale.

LV : Justement, comment le Commissariat peut-il faire pour participer aux enjeux provinciaux.
RT : Un des mandats en est un de promotion, ce qui est très large. Promouvoir l’égalité du français et de l’anglais dans la société canadienne. Ce qui est en jeu, c’est l’égalité du statut du français, que ce soit en Ontario, que ce soit au Nouveau-Brunswick ou au Manitoba.

LV : Vous avez mentionné que vous travaillez déjà beaucoup à la modernisation de la LLO. Quel semble être l’opinion des politiciens canadiens sur la question?
RT : Le gouvernement a donné un signal positif le 6 juin, l’opposition a fait la même chose cette semaine. Par contre, on sait très bien qu’une élection s’en vient au mois d’octobre et tout va se passer après les élections. Il faut quand même être très réaliste et faire en sorte que, ce que l’on va proposer, ce sont de vraies améliorations à la loi. Une modernisation réaliste en termes de ce qu’on a réellement besoin pour faire notre travail.
Il faut qu’il y ait une cohérence entre les parties de la loi. Il faut que la partie 7, qui touche les communautés, soit beaucoup plus musclée, beaucoup plus forte qu’elle ne l’est présentement. Mais ce sera un débat, un travail de revendication auprès des parlementaires et des sénateurs. Ça va demander la participation de tous les intervenants des communautés.

LV : Quelles sont vos priorités pour cette refonte de la loi? Celles qui sont essentielles?
RT : Premièrement, la partie 4, qui est les services au public, il faut renforcer cette partie afin d’assurer que les gens reçoivent les services dans la langue de leur choix. Et de pair avec la partie 5 sur la langue de travail de la fonction publique. Si on ne peut pas travailler en français, les chances d’obtenir des services en français sont minimes et, depuis un certain nombre d’années, il y a une stagnation par rapport à l’utilisation du français comme langue de travail.
Et bien sûr la partie 7, qui traite des minorités. Je pense qu’on doit aussi revoir la partie qui traite des mécanismes de conformité. C’est-à-dire quels sont les pouvoirs du commissaire, est-ce qu’on doit aller au-delà d’un simple pouvoir de recommandation?
Et finalement, une cohérence entre toutes les parties de la loi.

LV : Vous avez aussi mentionné que ce serait bien si une seule entité gouvernementale était responsable, et non plusieurs.
RT : Si on retourne à l’époque de [Stéphane] Dion, il était responsable des langues officielles, il était au conseil privé, une agence centrale, et il y avait un comité de sous-ministres. Donc c’était très clair qui était responsable des langues officielles. Aujourd’hui, c’est moins clair.

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