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vendredi, 21 décembre 2018 21:51

20 années à ne pas oublier

Écrit par 


Après avoir consacré plus de 20 années de sa vie professionnelle au Voyageur, Yves Nadeau a décidé de passer à autre chose. Mais attention! Pas question de prendre sa retraite. À 76 ans, il désire seulement avoir moins de responsabilités et laisser la place aux plus jeunes. Ainsi, vous n’avez peut-être pas fini de voir son nom associé au journal ou à la radio Le Loup FM.


Yves Nadeau en 2003 — Photo : Archives

Yves Nadeau est né à Moffet, dans le Témiscamingue québécois, mais a passé une grande partie de sa jeunesse à Sudbury et a entre autres fréquenté le Collège Sacré-Cœur. Il a occupé plusieurs emplois en ressources humaines et markéting en Ontario et en Colombie-Britannique avant de revenir à Sudbury au milieu des années 1990. Son épouse, Nicole, était alors directrice de la Maison la Paix — l’ancêtre du centre de soins palliatifs Maison McCulloch — alors que lui était «le bénévole à tout faire».

En 1997, il est approché par son ami Roland Dutrisac — époux de l’ancienne conseillère municipale Evelyne Dutrisac — qui lui dit que le directeur du journal Le Voyageur, Guy Lemieux, cherche quelqu’un en markéting, car les choses ne vont pas très bien.

Sur le coup, M. Nadeau répond à son ami : «je pense que je suis tanné de faire du markéting». Mais M. Dutrisac insiste et Yves rencontre M. Lemieux. Pendant la discussion, M. Nadeau mentionne qu’il «aimerait être quelque part où je pourrais travailler en français». M. Lemieux finit par le convaincre, de façon détournée, de commencer à travailler le lundi suivant.

Remise sur pied

À son arrivée, il constate que les revenus de l’année ne sont pas très élevés. À son avis, juste assez pour au moins payer les employés. Le nombre d’abonnements n’encourageait pas non beaucoup les annonceurs.

Dans son analyse de la situation, il constate que le journal n’avait pas fait de cahier spécial depuis quelque temps, alors que ce genre de projet semblait avoir été populaire quelques années auparavant. Un des premiers projets qu’il entreprend est un cahier sur la Franco Fête, qui a lieu en juin autour de la St-Jean.

Il s’est donc assis devant le télécopieur et a commencé à envoyer de l’information à de nombreux clients. Mais comme les télécopieurs étaient souvent occupés pendant le jour, «toute la journée samedi et toute la journée dimanche, je venais m’assoir au Voyageur et j’envoyais des fax».

Il a ensuite eu l’occasion de vraiment démontrer que les cahiers spéciaux fonctionnaient avec l’ouverture du campus du Collège Boréal. «C’est devenu le plus gros cahier qu’on a jamais fait au Voyageur, 48 pages.»

La réapparition des cahiers spéciaux s’est fait remarquer dans la communauté et d’autres en demandent. L’Université de Sudbury suivra le Collège Boréal quelques semaines plus tard avec son 40e anniversaire. À partir de cette année-là, les cahiers spéciaux sont redevenus monnaie courante.

Avec ces cahiers et d’autres, il parvient à ajouter environ 150 000 $ aux revenus du journal dans sa première année.

De 4000 à 10 000

Quand, en 1998, Réjean Grenier, Carole Dubé, Léo Duquette et Jo-Ann Philipow ont acheté Le Voyageur, ils lui ont demandé de prendre le rôle de gestionnaire, ce qu’il a fait pendant deux ans, tout en étant directeur du markéting et le meilleur vendeur. «C’était fou, j’étais assis ici sept jours par semaine.»

De plus, il trouvait que la gestion l’empêchait d’aller chercher autant d’annonces qu’il croyait possible d’obtenir. Même s’il avait engagé Lucie Boudreau en 1998 et que les revenus annuels continuaient d’augmenter, il voyait encore du potentiel.

De là est née son idée d’approcher les conseils scolaires francophones pour établir un partenariat. «On avait besoin de plus d’abonnements. Le chiffre magique était 10 000, alors qu’on était autour de 4000. Il n’y avait pas beaucoup de jeunes familles qui nous lisaient.»

Les ententes alors établies entre Le Voyageur, le Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario et le Conseil scolaire publique du Grand Nord de l’Ontario incluaient des abonnements pour toutes les familles inscrites dans les écoles francophones et des pages dédier aux conseils afin de parler du dynamisme des écoles de langues françaises aux parents, mais aussi «à grand-maman et grand-papa». Les premières pages-écoles ont été publiées en septembre 2000.

Filiale lavaloise

Lorsqu’en 1999, le rédacteur en chef et le journaliste ont annoncé leur départ simultané, Yves et Réjean Grenier étaient un peu pris au dépourvu pour leur trouver des remplaçants rapidement. Personne de disponible à Sudbury et la Cité Collégial d’Ottawa, qui a un programme de journalisme, ne retournait pas les appels.

Quelqu’un lui suggère de contacter l’Université Laval à Québec. À sa grande surprise, deux finissants du programme de journalisme acceptent de venir à Sudbury. Ce n’était que les premiers diplômés de l’université québécoise à venir faire leurs premiers pas à Sudbury. Au total, il y en aura eu environ une dizaine qui auront osé faire le voyage entre 2000 et 2010. Des jeunes qu’Yves trouve «aventuriers», pour aller si loin de chez eux, et dont le dynamisme aidera à faire de cette décennie la plus prospère que connaitra le journal.

Ce qu’il en garde

Les années au Voyageur représentent la plus longue période de sa vie passée dans la même entreprise. «Ça a été mon meilleur temps. Je me suis fait des bons amis, rencontrer beaucoup de monde.»

Mais il voit l’industrie changer et se dit qu’il est temps de laisser la place à ceux qui pourront intégrer le numérique. «Je trouve ça pas facile de m’en aller. Quand quelque chose fait autant partie de toi...»

Il est également heureux que Le Voyageur lui ait permis de renouer avec les francophones de Sudbury et de l’Ontario. S’il n’était pas trop au fait de ce qui se passait dans la communauté francophone dans ses premières années à Sudbury, le journal lui aura permis de découvrir plein d’organismes qui ont aussi pu profiter de son expérience au sein de leur conseil d’administration, comme le Centre de santé communautaire, le Centre Alpha-Culturel — où il a été président pendant sept ans — et la St-Jean.

Si son ancien patron, Réjean Grenier, a sa propre réputation dans la communauté, Yves Nadeau en a toujours fait fi, puisqu’il le connaissait mieux que quiconque. «J’ai beaucoup apprécié travailler avec Réjean. Il a toujours été très encourageant» et poussait à toujours faire mieux.



Un mot de l’ancien patron

Que dire qui n’ait déjà été dit au sujet de Yves Nadeau? Tout le monde sait bien que, depuis son arrivée à Sudbury dans les années 1990, Yves a été un champion de la francophonie d’ici. La communauté connait bien son amour du cinéma et tous les efforts qu’il a déployés pour promouvoir le cinéma en français, ici. Mais, pour moi, Yves aura surtout été le champion du journal Le Voyageur.

Lorsque nous avons acheté le journal en 1998, Yves y était directeur des ventes depuis un peu plus d’un an. L’année précédente, il avait réussi à augmenter les ventes de publicité et à inscrire un léger profit au bilan du Voyageur. Pour nous, sa présence continue était une condition d’achat.

Pendant les 13 années où nous avons été propriétaires, Yves a bâti une équipe de ventes sans pareil. Il a permis au Voyageur de devenir le journal nord-ontarien, toutes langues confondues, avec le plus important taux de croissance.

Ah, bien sûr, il y a eu des moments plus difficiles, mais Yves a toujours su insuffler l’optimisme, le courage et l’audace à l’équipe. Sa bonne humeur, sa persévérance, son style inimitable en faisaient le meilleur vendeur du Nord.

Quand il allait rencontrer un annonceur potentiel, Yves n’apportait jamais de paperasse, de description du journal, de documents de vente. Il allait tout simplement jaser. Mais il finissait presque toujours par développer une campagne publicitaire à laquelle l’acheteur ne pouvait résister. Pendant 20 ans, Yves a été le visage du Voyageur et, sans lui, notre journal ne serait pas ce qu’il est.

Merci, Yves.

Réjean Grenier

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Lu 1142 fois Dernière modification le vendredi, 21 décembre 2018 22:04
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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