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mardi, 11 décembre 2018 15:41

Ils sont passés chez nous #3

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Comme dans toute entreprise, de nombreux membres du personnel ont traversé les portes du journal Le Voyageur en un demi-siècle. Qu’ils aient été directeurs, administrateurs, vendeurs, graphistes ou autres, tous ont contribué d’une façon ou d’une autre à la petite histoire et à l’épanouissement du journal. Mais s’il y a un poste où le roulement de personnel a été des plus effrénés, c’est bien celui de journaliste/rédacteur.

Voici de nouveaux témoignages de journalistes qui sont passés chez nous dans les années 1990.



Paul de la Riva



Photo : Archives

M. de la Riva a débuté au Voyageur en 1988 à titre de responsable des pages sportives. Il a par la suite été journaliste de 1989 jusqu’au milieu des années 1990.

«J’ai côtoyé des personnes engagées qui croyaient au Voyageur et à l’importance de communiquer en français. J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs personnes et de découvrir la communauté de Sudbury. Puisqu’on comptait une petite équipe journalistique, j’étais appelé à faire de tout : sports, nouvelles, communautaire, commercial, photos, politique, etc. Je ne garde que de bons souvenirs. Bien que je travaillais de longues heures et même la fin de semaine, j’ai adoré l’expérience.

«J’estime que c’est durant ces années que Le Voyageur a produit ses meilleures pages sportives, qui misaient sur les réussites des élèves du secondaire et des jeunes athlètes sudburois. Nous avons également assuré une excellente couverture de plusieurs dossiers importants, comme la création du collège francophone (Boréal), les élections municipales et provinciales, la fermeture de mines à Elliot Lake, la crise linguistique de 1990 à Sault-Ste-Marie et j’en passe. On misait beaucoup sur la production de cahiers de nouvelles portant sur des questions importantes et nous avons pu joindre un public important. Le Voyageur avait réussi à être perçu comme un journal sérieux qui voulait faire de la nouvelle.

«Durant ces années, on publiait normalement des journaux de 28 à 36 pages, alors on avait la chance et le plaisir de beaucoup produire. Le défi principal était de choisir les reportages à publier, puisqu’on avait toujours plus de nouvelles que d’espace dans le journal. De plus, bien que nous voulions promouvoir la communauté, nous tenions à demeurer un journal de nouvelles et ne pas nous limiter aux nouvelles communautaires. Parfois, il fallait se questionner si on était un journal de la communauté francophone ou un journal francophone à l’écoute de sa communauté. Il fallait alors demeurer diplomatique et exercer une certaine gymnastique dans le choix de reportages ainsi que le traitement des nouvelles.

«Le Voyageur a été une bonne école pour apprendre le métier, puisqu’on avait la chance de produire beaucoup. Ayant travaillé sous la direction d’André Girouard, j’ai profité de ses conseils et de son soutien. Mes talents de rédaction se sont améliorés et j’ai appris à mieux cerner la nouvelle et à structurer mes textes. J’ai eu la chance d’exercer mon leadeurship et de mettre en place plusieurs projets. [...] C’est grâce à cette expérience que j’ai pu par la suite avancer dans le domaine des communications et des relations publiques.»



Jacques Des Becquets



Issu d’Orléans, dans l’Est ontarien, Jacques Des Becquets a été rédacteur en chef du Voyageur de 1995 à 1998. Il a par la suite travaillé au quotidien L’Acadie Nouvelle, au Nouveau-Brunswick.

«J’ai été accueilli à bras ouverts par le père André Girouard et l’équipe du moment. Ce jésuite très estimé de la communauté s’apprêtait à prendre sa retraite et cherchait quelqu’un qui occuperait la rédaction en chef. En cours de route, Guy Lemieux a accepté la direction générale, quelques représentants de la publicité ont défilé et le journal poursuivait son bonhomme de chemin depuis le Carrefour francophone. J’ai en quelque sorte succédé à Paul de la Riva.

«C’est une fois arrivé dans le Moyen-Nord que j’ai compris la teneur du sentiment d’appartenance des francophones, l’appartenance à une culture pancanadienne souvent éparpillée ça et là au pays, mais aussi appartenance à son territoire. J’avais entendu les succès de Robert Paquette et de CANO — je m’étais même déplacé une fois à La Nuit sur l’étang —, j’avais entendu parler du Théâtre du Nouvel-Ontario, de Prise de parole, de l’Université Laurentienne et certainement du drapeau franco-ontarien. Mais cette fois, je foulais le sol où tout cela avait pris forme, je rencontrais quantité de bâtisseurs qui ont su doter la région d’institutions qui perdurent. Ce que j’ai moins aimé, c’est que bien des agences et corps publics n’accordaient pas beaucoup de place aux francophones.

«Ce que je retiens du Nord, c’est l’immense fierté d’appartenance à la francophonie, le talent artistique, des amis avec qui je suis encore en contact et, bien entendu, les grands espaces. Mais, mieux encore, j’ai peaufiné des textes, j’ai interviewé des gens épatants, j’ai été témoin de grands moments. On bosse dur et parfois à tel point où on se demande si on ne devient pas maboule.

«Un journal hebdomadaire comme Le Voyageur, quelle formidable école puisqu’on touche à tout! À la prochaine génération d’artisans de l’information qui passeront par-là, je dis «foncez». Longue vie au Voyageur



Patrick Breton




Photo : Archives

Après un premier séjour comme journaliste puis rédacteur en chef au Le Voyageur à la fin des années 1990, M. Breton, originaire de Québec, a à nouveau occupé le poste de rédacteur de 2013 à 2015, alors que le journal faisait la transition d’hebdomadaire sudburois à hebdomadaire nord-ontarien.

«Pour plusieurs, travailler dans un hebdo régional est un plateau avant d’aller à un autre niveau, soit comme agent de communication, comme j’ai fait, soit pour aller à Radio-Canada. C’est un bon tremplin. [...] Il faut être passionné. On doit travailler le jour, le soir, les fins de semaine.

«Sudbury est très accueillante pour les nouveaux journalistes. J’ai été bien accueilli même si j’étais un «autre Québécois» venu travailler ici. Sudbury m’a charmé et je suis demeuré dans le coin. J’ai épousé la vitalité de Sudbury.

«Pour un jeune journaliste qui se demande s’il devrait travailler dans un hebdo régional, ma réponse est oui. Tu vas travailler à tous les niveaux. Tu toucheras autant aux sports qu’au culturel et à la politique. Tu vas apprendre comment ça fonctionne, comment les gens dealent entre eux. Si tu es ouvert à n’importe quoi, tu vas apprendre énormément sur le terrain. C’est pas toujours facile : il y a des sujets plus délicats que d’autres. Tu apprends à connaitre la communauté dans laquelle tu vis. Et le point fort d’un journaliste, c’est de bien connaitre sa communauté.

M. Breton chérit particulièrement deux moments forts de son passage au Le Voyageur : d’avoir été un témoin privilégié de la construction puis de l’ouverture de l’Observatoire de neutrinos à Sudbury, alors qu’il a pu croiser le physicien et cosmologiste de renommée internationale Stephen Hawking, et d’avoir participé activement à faire du journal un hebdomadaire nord-ontarien avec des correspondants à Kapuskasing, Timmins, Nipissing Ouest, etc.

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