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vendredi, 04 avril 2014 10:31

Le parcours inspirant de l’athlète franco-ontarienne Marie-Eve Chainey

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Le parcours inspirant de l’athlète franco-ontarienne Marie-Eve Chainey Photo : Jacques Falardeau
Destinée à une carrière de haut calibre en saut en hauteur, Marie-Eve Chainey, de Kapuskasing, s’entraînait avec passion depuis l’enfance. Relevant avec brio les défis de son sport, elle a participé à plusieurs compétitions et championnats à partir de l’âge de 13 ans. La barre était haute, mais tout laissait présager un avenir reluisant pour la jeune athlète.

Mais depuis 2002, Marie-Eve lutte contre une grave maladie du sang qui a non seulement mis fin à sa carrière d’athlète de compétition, mais qui lui a presque coûté la vie! Le déroulement de ce drame a commencé à l’automne 2001 lorsque Marie-Eve, alors âgée de 18 ans, a quitté son Nord natal pour participer à un programme d’échange en Espagne (programme combiné d’apprentissage de l’espagnol et d’entraînement en saut en hauteur). À peine quatre mois suivant son arrivée en Europe, elle a dû affronter un nouvel adversaire, non pas sur le terrain ni dans la salle d’entraînement, mais bien dans son propre corps. Souffrant de graves maux de tête, d’épisodes d’étourdissement et d’un gain de poids considérable, son corps d’athlète avait peine à monter quelques escaliers tant Marie-Eve était à bout de souffle. Quelque chose n’allait pas, mais quoi ?

Une clinique en Espagne pose alors un diagnostic dévastateur pour une athlète remplie de promesse et de talent : une insuffisance rénale dans les deux reins causée par une maladie sanguine rare qui avait provoqué l'arrêt complet de ses fonctions rénales (le syndrome hémolytique et urémique atypique). Le combat de sa vie venait de commencer. La maladie était à ce point violente que Marie-Eve ne pouvait même plus faire 20 secondes de vélo sans s'épuiser complètement. En une seule année, elle a subi près de 800 transfusions sanguines.

Soutenue par un cercle tissé serré de famille et d’amis, Marie-Eve n’a pas bronché. Elle a accepté le défi que la vie lui avait envoyé et prit rapidement la décision de ne pas abandonner, ni la vie ni ses rêves. Dès 2004, elle a pu se prévaloir de traitements d'hémodialyse nocturne à domicile et reprendre un train de vie plus normal, et surtout, se remettre à sa passion : l'entraînement.

Malgré la maladie, elle a été recrutée par l’équipe d’athlétisme des Gee-Gees à l'Université d'Ottawa en 2008. Deux ans plus tard, elle a réussi à se tailler une place aux Championnats canadiens d’athlétisme. Huit ans après le début de sa maladie, Marie-Eve se retrouvait côte à côte avec ses anciennes compétitrices. L'athlète revenait de très loin... et elle n’avait pas fini d’avancer.

En 2013, elle a obtenu son diplôme universitaire en sciences infirmières de l’Université d’Ottawa tout en travaillant à temps partiel comme monitrice pour aider les gens à demeurer en forme. Elle est aussi bénévole pour le programme d’entraide de la Fondation canadienne du rein et membre bénévole du Bureau des conférenciers de Partenaire Santé, où elle donne des conférences sur l’insuffisance rénale et la dialyse.

Mais aucune médaille du monde ne pourrait remplacer la fierté, la passion et le dévouement que Marie-Eve Chainey ressent chaque jour depuis qu’elle a cofondé et l’organisme Alive to Strive, qu’elle préside depuis 2011. Cet organisme, dédié à la prévention et à l’éducation sur la santé rénale, offre un soutien aux personnes atteintes d’insuffisance rénale. À titre personnel, Marie-Eve s'est aussi donné le mandat d'éduquer la population sur les bienfaits de l'hémodialyse nocturne, un service qui demeure largement inconnu de bien des patients.

Partout où elle passe, Marie-Eve encourage les gens à vivre leur vie à 100 %, en ayant une attitude toujours positive. Selon elle, si on croit vraiment à notre potentiel, peu importe nos défis, on sera surpris de tout ce que l'on peut accomplir…

En avril 2012, Marie-Eve fut nommée Personnalité de la semaine par Radio-Canada/Le Droit. À l'été de cette même année, la revue Capital Woman à Ottawa lui a consacré un article sous la rubrique «Ordinary Women, Extraordinary Lives». Elle a également reçu la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en septembre 2012 et, en juin 2013, La Gazette de l'Université d'Ottawa a publié un article soulignant sa détermination et son excellence dans ses études et son athlétisme.

L'athlète en saut en hauteur a certainement trouvé le moyen de retomber sur ses pieds. Et comment! Dans un avenir prochain, Marie-Eve envisage de poursuivre une maîtrise en gestion de la santé. Vous pouvez suivre ses projets et ses progrès à partir du site de sa fondation Alive to Strive au www.vivresesdefis.ca.

Si vous êtes de passage dans la région d’Ottawa au printemps, pourquoi ne pas aller encourager les participants à la course «Vivre ses défis 2014», qui aura lieu le dimanche 27 avril à l’installation d’athlétisme Terry Fox dans le secteur Ouest d’Ottawa ? C’est absolument sûr que Marie-Eve y sera pour vous accueillir!
Lu 4815 fois Dernière modification le vendredi, 04 avril 2014 10:37