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lundi, 26 novembre 2018 14:36

On avançait...

Écrit par 


Par le plus grand des hasards, notre grille horaire des chroniques du 50e du Voyageur — établi depuis plusieurs semaines — indiquait qu’il était temps cette semaine de publier d’anciens articles concernant l’établissement de la Loi sur les services en français, connu sous le nom de loi 8 à l’époque, et du Commissariat aux langues officielles. Tout ça après que le gouvernement conservateur de Doug Ford décide d’abolir ledit commissariat et de mettre fin au projet de l’Université de l’Ontario français!

On vous l’jure, on n’a pas touché à l’horaire depuis au moins trois semaines! Demandez à Camille Contré.

Comme un hasard n’arrive jamais seul, nos recherches nous ont permis de déterrer une entrevue avec le ministre Bernard Grandmaître, grand artisan de la loi 8, et dans laquelle André Girouard pose beaucoup de questions sur les universités bilingues et une possible université de langue française...

Des coïncidences pareilles, ça ne s’invente pas. Bonne lecture.



Texte du 14 et 21 janvier 1987

Une entrevue exclusive avec l’Honorable Bernard Grandmaître, ministre délégué aux affaires francophones



par André Girouard

L’Honorable Bernard Grandmaître adore la vie politique : on peut dire qu’a ça dans le sang. Il y a des Grandmaître impliqués dans la politique municipale de Eastview (Vanier depuis 1969), soit à titre de maire, soit à titre d’échevin, depuis cinquante ans. Son parrain a été maire durant 18 ans. Lui-même a été échevin de Vanier pendant 4 ans, puis maire durant 10 ans. Son fils de 21 ans est actuellement échevin de Vanier. Il s’est lancé dans la politique provinciale en 1984 : il a été élu le 13 décembre 1984, lors d’une élection partielle, en replacement d’Albert Roy, passé sur la scène fédérale. Il est le seul francophone à siéger au Conseil des ministres et il est très satisfait de la façon dont sont accueillis les dossiers concernant la francophonie ontarienne. Il est conscient des dangers de la vie politique : il sait que le pouvoir peut rendre arrogant. C’est pourquoi il entend rester près de ses électeurs et être à l’écoute de leurs besoins.

Programmes

Le Voyageur :
La loi 8, cela veut dire plus de services en français, mais aussi des subventions accrues.

M. B. Grandmaître : Cela est tout à fait normal, mais avant d’accéder aux demandes de Sudbury, le recteur de l’Université Laurentienne a exprimé sa volonté d’offrir plus de cours en français — à celles d’Ottawa, ou de Glendon à Toronto, il fait que mon ministère, à travers la Commission des services en français, s’assure que les Universités ont les moyens physiques d’offrir de nouveaux cours, qu’elles ont le personnel voulu, que les cours sont de qualité. Il faut aussi que soit impliqué dans les décisions à prendre le ministère des Collèges et Université.

LV : C’est donc à la suite d’une enquête sérieuse sur les besoins et les capacités des universités que seront versées les subventions.

MBG : Il est clair qu’on ne peut pas répondre du jour au lendemain à l’avalanche de requêtes qui vont nous être faites. La loi 8 n’a pas été votée pour qu’on soit automatiquement autorisé à verser plus d’argent. On veut améliorer les services en français, on veut garantir ces services-là, on veut aider les universités qui ont la capacité de présenter de meilleurs programmes en français. D’ici deux ou trois mois, Sudbury, Ottawa et Glendon vont présenter un plan d’ensemble de leurs besoins. Il faudra en particulier éviter les dédoublements.

Structures

LV : Est-ce qu’il ne serait pas souhaitable que les francophones exercent dans les institutions où ils travaillent — pensons par exemple à la Laurentienne — un plus grand pouvoir décisionnel sur l’élaboration des programmes sur l’administration des budgets?

MGB : J’ai eu une rencontre avec les futurs membres de la Commission des services en français, et je leur ai indiqué que l’administration d’une université devait refléter la francophonie. À la Laurentienne, il n’y a pas beaucoup de francophones qui siègent au Sénat. Je voudrais que les francophones gèrent leurs institutions; il appartiendra à la Commission d’évaluer de quelle manière se fera cette gestion.

LV : Avec la loi 8, il y aura accroissement de programmes en français; les francophones ont maintenant une très grande autorité sur leur système scolaire, de l’élémentaire au secondaire; est-ce qu’il ne serait pas logique qu’on ait une université francophone?

MBG : Je vais répondre pour l’ensemble des institutions bilingues : je ne voudrais pas voir que Sudbury, ou Ottawa ou Glendon, deviennent l’université francophone de l’Ontario. Je préfèrerais que ces institutions se spécialisent dans certains domaines, que ce soit le droit, la santé, etc. Ainsi, on saurait très clairement qu’elle institution est spécialisée dans une discipline et que c’est là qu’on peut s’y former en français.

LV : Ne peut-on pas cependant penser à une université franco-ontarienne à campus multiples (à Sudbury, à Hearst, à Ottawa, à Toronto)?

MBG : C’est surement une possibilité, mais je ne suis pas en mesure de dire oui ou non à cette suggestion.

LV : Mais rien n’interdit que des pressions soient faites en ce sens.

MBG : Exactement.

Les francophones doivent être plus exigeants

[...]

LV : Quels sont les secteurs, à part l’éducation et la justice, qui devraient être touchés par la loi 8?

MBG : Les deux grands domaines que je voudrais attaquer, c’est celui de la Santé et des Services sociaux. Du côté de la justice, du côté de l’éducation, on a fait des progrès. Je m’attends à ce qu’il y ait plus de médecins capables de pratiquer en français. Il faudra plus d’importance au nursing en français.

LV : Les francophones sont passablement absents, toute proportion gardée, de ces secteurs-là.

MBG : La loi 8 est un outil qui permet d’exiger plus de services en français. Et il fait que les Franco-Ontariens se montrent exigeants. Par exemple, l’ACFO dans Carleton-Ottawa fait présentement une campagne de publicité pour que les gens demandent des services en français. Comment voulez-vous que les ministères sachent les besoins des francophones si les gens s’adressent à eux en anglais. Il faut prendre nos responsabilités; il faut faire du français une langue beaucoup plus officielle.



Texte du 28 novembre 2007

Le commissaire aux services en français de passage à Sudbury




François Boileau — Photo : Archives

Par Jean-Maxime Bourgoin

Le nouveau commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, a tenu quelques conférences, la semaine dernière, entre autres à l’Université Laurentienne, au Carrefour francophone et au Centre de santé communautaire de Sudbury. Le tout afin d’expliquer à la population sudburoise les grandes lignes de son nouveau poste, créé par le gouvernement ontarien en août dernier.

Par l’entremise du Commissariat aux services en français, qui relève de la ministre déléguée aux Affaires francophones, les Franco-Ontariens ont désormais un représentant qui a le mandat de maintenir et d’améliorer les services en français en Ontario. «C’est un grand jour pour la francophonie ontarienne. Les francophones d’ici ont maintenant un outil de taille pour assurer leur développement», souligne M. Boileau. «J’ai très hâte de me mettre à l’étude des dossiers et de tisser des liens avec les intervenants et les organismes gouvernementaux. Nous allons voir au droit des francophones de l’Ontario», dit-il.

En premier lieu, la responsabilité du nouveau commissaire sera de répondre aux nombreuses plaintes en lien avec les services en français dans la province. «Vous savez, le commissaire n’est pas la solution à tous les problèmes. Le rôle premier est d’établir une crédibilité au sein de la communauté pour ainsi apporter des changements significatifs», soutient-il.

Par contre, M. Boileau a eu beaucoup de difficulté à répondre aux questions des participants à la conférence à l’Université Laurentienne. En effet, celui-ci reconnaît qu’il a du pain sur la planche, mais il n’est pas en mesure de dire par où il va commencer. [...]

En conclusion, le commissaire a évoqué la difficulté d’avoir du service rapide en français. «Quand on veut avoir quelque chose rapidement, on remplit les documents en anglais. Il faut cesser ce paradigme. Je veux que ça devienne naturel et pareil dans les deux cas», conclut-il.


La réponse du journal à la controverse a simplement été : Le Voyageur appui tous les francophones.

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Lu 313 fois Dernière modification le lundi, 26 novembre 2018 16:25
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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