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mardi, 20 novembre 2018 14:13

Le patient avant tout

Écrit par 
Martine Bélanger Martine Bélanger Photo : Julien Cayouette
Sudbury — La prochaine pièce présentée au Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) aborde un sujet encore délicat : l’aide médicale à mourir. En plus de la causerie habituelle du vendredi avec l’équipe du spectacle, le TNO tiendra des discussions après chaque représentations avec des personnes qui ont réfléchi à la question. Samedi, ce sera au tour de l’infirmière autorisée Martine Bélanger.

Dans Souffler la veilleuse, le seul et unique personnage réfléchi sur la demande de sa mère, Rose, qui ne veut plus vivre. Elle n’est pas extrêmement malade, mais ne croit pas qu’il lui reste des jours heureux. Il raconte la vie de sa mère aux spectateurs et essaie de déterminer quelle est sa propre opinion.

Mme Bélanger a acquis ses connaissances sur le sujet en rédigeant un article de recherche sur L’impact de la nouvelle législation légale de mourir dans la dignité au Canada sur les infirmières, pendant son baccalauréat avec l’aide de deux autres étudiantes. Leur travail a été récompensé par un prix Coup de cœur lors du 7e Congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones qui a eu lieu à Bordeaux en juin.

Elle a rencontré beaucoup de professionnels de la santé européens qui étaient contre le principe. Elle est pourtant parvenue à leur faire voir les choses autrement lorsqu’elle s’est rendu compte que toutes leurs raisons étaient très personnelles, comment un tel droit affecterait leur vie et leur profession.

«Ce n’est pas à propos de moi, du médecin, de l’infirmière ou même de la famille. C’est tout à propos du patient. On ne connait pas son mal. On ne sait pas ce qu’il ressent», dit-elle. Ce qui est important, c’est ce que le patient raconte, ce qu’il ressent, sa tristesse de ne plus pouvoir faire des choses simples auxquelles il était habitué, etc. «Moi je veux [rendre le patient confortable] et si c’est ça que ça prend... Ce n’est pas à propos de moi, seulement du patient.»

Le comédien Paul Rainville raconte une anecdote qui illustre bien le propos de Mme Bélanger. Lors d’une discussion après une présentation, un médecin présent dans l’assistance a raconté qu’il était pour l’aide médical à mourir avant l’entrée en vigueur de la loi. Cependant, à la première occasion qu’il a eu d’abréger les souffrances d’un patient, il a réalisé que ça allait à l’encontre de tous les principes de sa profession et qu’il n’était pas capable de prodiguer de service. Il continue à appuyer l’aide médicale à mourir, mais n’administre pas le traitement final lui-même.


Paul Rainville dans Souffler la veilleuse — Photo : Courtoisie

L’aide médicale à mourir n’est pas automatique dès que demandée. Il y a quatre niveaux d’approbation, incluant un psychologue, qui doit discuter avec le patient, souligne Martine Bélanger.

Elle rappelle aussi que les soins de santé se tournent de plus en plus vers une vision intégrale de la santé, «corps, esprit, âme». Prendre en compte tous les aspects de la santé du patient est important pour son bienêtre et ceci peut inclure l’aide médicale à mourir. Elle reste convaincue que c’est «quelque chose qu’on offre qui est beau».

Souffler la veilleuse sera présentée du 21 au 24 novembre au TNO — un soir de plus pour compenser le nombre limité de places, environ 60. Pour l’horaire précis, consultez le site letno.ca.

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Lu 270 fois Dernière modification le mardi, 20 novembre 2018 14:27
Julien Cayouette

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