FacebookTwitter
lundi, 19 novembre 2018 15:40

Deux visions pour «notre» journal

Écrit par  Camille Contré


Lors de l’inauguration d’une troisième école élémentaire publique francophone dans la région — à Azilda le 31 mai 1988 —, on projetait déjà d’en créer une quatrième. Nicole Lozier, directrice de l’École Franco-Nord, célébra cet évènement en compagnie de Roger Barbeau, surintendant.

Sept élèves, gagnants du concours oratoire, ont partagé leur exposé ayant pour thème l’humour, dont les textes Le chat et Le fast food ont été très appréciés par le public.

La cérémonie s’est conclue sur le chant officiel de l’école et sur le lancer de ballons bleus et jaunes, qui semblaient se diriger vers le Nouveau Sudbury.

Le rédacteur en chef du Voyageur, André Girouard, était présent pour l’ouverture de l’école. Il a choisi de mettre cette nouvelle en première page avec une grande photo (image ci-dessous).

Nous avons reproduit ici deux courriers de lecteurs qui ont des opinions divergentes quant à la manière d’aborder l’ouverture d’une troisième école francophone publique dans les pages du journal. (Nous avons conservé l’orthographe originale des textes.)


L’incendie du Voyageur en 1981. Les pompiers ont mis six heures à maitriser les flammes. Le feu était d’origine criminelle. — Photo : Archives



Lettre du 22 juin 1988

Note à l’éditeur



Réunis pour une prière commune, les prêtres soussignés de la région se sont interrogés sur l’opportunité, voire sur la sagesse du Voyageur dans le climat actuel, d’avoir monté en épingle l’ouverture d’une troisième école élémentaire publique.

Ce qui était en somme un événement banal qu’on pouvait rapporter ailleurs dans les pages du journal devient ainsi affiché à la une et prend l’allure narquoise d’un défi aux valeurs de notre système d’écoles catholiques. On sait par ailleurs l’allure mensongère, injuste et trompeuse que se donne le système des écoles publiques dans toute sa publicité.

Que Le Voyageur n’y soit pas sensible, cela nous laisse dans la bouche un goût amer, nous qui croyions que ce journal avait une vocation de solidarité avec les valeurs catholiques que nous défendons.

Jean-Marie Paiement, curé de St-Dominique, Sudbury
Gérald Lajeunesse, curé de Coniston et de la Toussaint
Atché Leclair, curé de Val Caron Notre-Dame de l’Espérance
Noël H. Fortier, C.S.C. curé de Sainte-Agnès, Azilda
Marcel Dagenais, S.J. curé de Val-Thérèse
Jacques Michaud, St-Jean-de-Brébeuf



Lettre du 13 juillet 1988

Ouverture d’une 3e école francophone publique



M. l’Éditeur,

Le Voyageur a publié dans son édition du 22 juin dernier une lettre de quelques prêtres choqués de la présence — trop voyante à leur goût — d’un reportage sur l’ouverture d’une troisième école francophone publique, à la une du numéro précédent.

Curieusement, cette lettre laissait bien voir que dans l’esprit des signataires, Le Voyageur est «leur» journal, c’est-à-dire le porte-voix exclusif de l’intolérance et du conservatisme d’une certaine minorité parmi les catholiques de Sudbury.

Évidemment, nous ne reconnaissons pas le vrai Voyageur dans cette description. Pas plus que nous n’y reconnaissons l’attitude de la majorité des catholiques de Sudbury, qui ne vient plus à l’époque de la grande noirceur et qui ont le fanatisme en horreur. Le Voyageur mérite mieux que ces critiques anachroniques.

Nous croyons pouvoir signer des articles dans ce journal sans nous identifier à quelque vieille garde sectaire. Donc nous laissons figurer nos noms à la liste de ses collaborateurs occasionnels. Nous ne réclamons pas pour autant le droit de censurer la chronique religieuse ou les éditoriaux moralisateurs, quand les opinions qui y sont exprimées nous froissent.

Nous soumettons à l’occasion des articles au Voyageur (et aussi à «l’autre» journal francophone) par esprit de service à la communauté francophone entière. Car nous croyons à la cohabitation cordiale et au respect mutuel des divers groupes francophones de Sudbury.

Une dernière remarque : qualifier de «mensongère» une publicité qu’on ne se donne même pas la peine de discuter, c’est trop facile et peu convaincant. À quand le débat intelligent sur les mérites respectifs des systèmes scolaires public et séparé?

Luc Comeau, Michel Courchesne et Normand Renaud


La réponse du journal à la controverse a simplement été : Le Voyageur appui tous les francophones.

Abonnez vous



Lu 247 fois Dernière modification le lundi, 19 novembre 2018 15:57

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login