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jeudi, 27 mars 2014 10:24

Le point sur la situation des lynx à Timmins

Écrit par 
Denis Beauvais, membre de la Section de l'application de la loi au ministère des Richesses naturelles de l'Ontario Denis Beauvais, membre de la Section de l'application de la loi au ministère des Richesses naturelles de l'Ontario Photo : Émilie Deschênes

Timmins — La présence des lynx en milieu urbain fait beaucoup jaser ces dernières semaines. Depuis la fin février, trois lynx ont été abattus par la police à Timmins, ce qui a provoqué des réactions du public.

Selon Derrick Romain, biologiste au ministère des Richesses naturelles (MRN), il y a des raisons pour lesquelles le MRN ne tranquillise pas l'animal ou ne le relocalise pas. «La tranquillisation est très traumatisante pour un animal», indique-t-il. L'équipement de tranquillisation utilisé est conçu pour des animaux de grande taille. Il en est de même pour les cages utilisées à des fins de relocalisation. Elles ne sont pas conçues pour capturer des lynx, selon lui, et la relocalisation d'un lynx pourrait représenter une menace pour sa sécurité, risquant ainsi d'être tué par un autre lynx s'étant déjà approprié de ce territoire.

Plusieurs citoyens ont exprimé leur mécontentement par rapport aux récentes décisions prises, toutefois «nous devons être fidèles à notre mandat, et c'est la sécurité publique», déclare Kate Cantin, coordonnatrice des communications pour la Police de Timmins.

Le MRN et la Police de Timmins ont convoqué les médias en conférence de presse, le 18 mars dernier, dans le but d'éduquer le public sur cette situation problématique. M. Romain compte sur les parents pour informer leurs enfants de la présence de lynx.

Ce dernier a articulé ses propos autour du comportement du lynx et la source du problème auquel on est confronté.

«Les lynx ne sont pas aussi gros que certains le disent. Une femelle adulte atteindra environ 20 livres et c'est sensiblement la même chose pour le mâle. Ils paraissent plus gros qu'ils le sont en réalité en raison de la grosseur de leurs pattes et de leur fourrure épaisse, parce qu'ils ont un corps très mince», indique M. Romain au début de sa présentation. Outre les rongeurs, les écureuils et les oiseaux, par exemple, «ils se nourrissent de lièvres d'Amérique. Ils mangent deux lièvres d'Amérique aux trois jours.»

Lorsque la population de lièvres d'Amérique s'effondre, la population de lynx s'effondre également. «Ceci survient selon des cycles de dix ans, la population de lièvres d'Amérique diminue pour des raisons de compétition relative à la nourriture et autres. En retour, la population de lynx diminue, et nous nous retrouvons dans cette phase en ce moment avec les deux espèces d'animaux», poursuit-il.

L'hiver long et froid ainsi que la grande quantité de neige poudreuse en forêt et la faible population de lièvres d'Amérique font en sorte que le lynx se fait de plus en plus présent en milieu urbain.

Le lynx est en quête de nourriture, il est donc important, aux dires de M. Romain, de garder les animaux domestiques en laisse et sous surveillance, et de retirer les mangeoires d'oiseaux.

«Les lynx ont eu leurs petits l'an dernier. Les jeunes lynx d'un an se dispersent maintenant des adultes, et les adultes s'apprêtent à reproduire de nouveau, explique-t-il. Le lynx est un animal curieux».

En Amérique du Nord, le lynx attaque rarement les animaux domestiques. «Ce n'est pas très commun, mais ça arrive, précise le biologiste. Sachez qu'un lynx sans crainte n'est pas un lynx dangereux ou agressif.»

Denis Beauvais, membre de la Section de l'application de la loi au ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, a clôturé l'évènement médiatique en déclarant que «la police agit conformément à son mandat en matière de sécurité publique».

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Émilie Deschênes

Correspondante

Timmins

emilie@levoyageur.ca

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