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mardi, 23 octobre 2018 14:56

Les grandes visites #2 : Visites royales

Écrit par  Camille Contré


La reine Élizabeth II et le duc d’Édimbourg, le prince Philip, ont visité Sudbury le 4 octobre 1984. Le couple royal se dirigeant à Science Nord pour la cérémonie d’ouverture officielle du centre des sciences. En 1991, ce fut le tour de la princesse Diana et du prince Charles de faire une visite à Sudbury. Nous avons reproduit ici deux articles relatant de ces visites royales.


Article du 10 octobre 1984

Malgré la pluie et le froid, des milliers de Sudburois accueillent Sa Majesté



par Pierre Lemelin

C’est un temps nettement plus approprié à la chasse aux canards qu’à un événement de l’envergure d’une visite royale que les gens de Sudbury, massés par milliers tout le long du trajet menant à l’aéroport à Science Nord, ont accueilli avec enthousiasme Sa Majesté la reine Élizabeth II et le prince Philip jeudi. Le couple royal arrivait de Toronto, et Sudbury, où Sa Majesté venait y faire l’ouverture officielle du centre des sciences, marquait la dernière étape dans la province.

Ainsi, dès 11 heures en avant-midi, une foule considérable, mais dont le nombre était difficile à évaluer s’était massée à l’aéroport (ce malgré la consigne des organisateurs qui désiraient éviter les engorgements), attendant vaillamment l’arrivée du vol spécial de la compagnie Nordair. À 11 h 20, tel que prévu, l’avion se posait sur la piste de l’aéroport. La Reine et le Prince Philip, à leur descente d’avion, étaient accompagnés du premier ministre de l’Ontario William Davis, Jim Gordon, député de Sudbury, Elie Martel, député de Sudbury-Est, ainsi que Tom Davies, président de la Municipalité Régionale de Sudbury, et leurs épouses accueillaient les distingués visiteurs. Dès sa sortie d’avion, la Reine a été saluée par une salve d’applaudissements venant de la foule à l’extérieur des grillages.

Sa Majesté (puisque cela intéresse toujours de nombreux curieux) portait un élégant manteau turquoise accompagné d’un chapeau assorti. Après les salutations d’usage, le couple royal, le premier ministre Davis et les dignitaires locaux se sont engouffrés dans des limousines qui les menaient jusqu’à Science Nord, via la route de l’Aéroport, le chemin Falconbridge, le boulevard Lasalle, l’avenue Notre-Dame et la rue Paris. Malgré la pluie, le froid et les rafales de vent, plusieurs milliers de personnes occupaient les trottoirs, drapeaux du Canada ou Union Jack en mains. Certains voulant s’accaparer les premières loges, avaient pris place tôt en matinée. Ceux-là ont pu voir l’imposante force policière prendre place.

On évalue à plus de 700 le nombre de policiers, qu’ils soient de la police provinciale, de la Gendarmerie Royale ou des forces policières locales (ou même de Scotland Yard…), qui assuraient le bon ordre et la sécurité de la Reine et du Prince au cours de leur visite. Civilité de la population sudburoise ou efficacité d’une si imposante force policière, aucun incident majeur n’a été signalé au cours de la journée.

Ouverture de Science Nord

Le passage dans les rues de Sa Majesté était, pour la plupart des gens du moins, le point culminant de la visite royale à Sudbury. Mais pour les gens de Science Nord, le centre des sciences qui fait la fierté de toute une communauté, il en était peut-être tout autrement.

À 12 h 10, sur la scène extérieure du complexe (où, pour la circonstance, le tapis rouge avait été déroulé…), Élizabeth II procédait à l’ouverture officielle de Science Nord, en y dévoilant une plaque commémorant l’historique événement. Le premier ministre Davis, John Black Aird, lieutenant-gouverneur de la province, George Lund, président de Science Nord, le maire de Sudbury Peter Wong ainsi que de nombreux autres dignitaires assistaient à la cérémonie. Pour les gens de Science Nord, il s’agissait là d’un moment important de la courte histoire du centre, ouvert au public depuis près de 3 ½ mois déjà.

Pour recevoir Sa Majesté dignement, et comme il se doit, la chorale du Collège Notre-Dame et le Lockerby School Band étaient sur place. Ils ont interprété respectivement le Ô Canada et le God Save the Queen. Les autres groupes culturels et musicaux qui devaient participer à la fête ont vu leurs spectacles annulés, à leur grande déception, à cause du temps inclément.

Sur les terrains de Science Nord, même au plus fort de la pluie, quelques quatre ou cinq mille personnes ont attendu la sortie du couple royal qui, après la cérémonie officielle d’ouverture, est entré à l’intérieur pour un dîner officiel et pour une visite des différents kiosques d’exposition. À 2 h 20, la Reine et le Prince en sortaient, et après un court bain de foule (sans jeu de mot…), mettaient le cap sur l’aéroport à bord de limousines. Élizabeth II quittait Sudbury pour poursuivre sa route vers Winnipeg, dernière étape de sa visite canadienne. Le Prince Philip, quant à lui, demeurait ici quelques heures de plus. Il devait assister à une cérémonie de remises de titres honorifiques au Sudbury Theater Centre, puis se diriger vers l’Université Laurentienne pour une courte visite. Il s’en retournait ensuite à l’aéroport, où il s’envolait pour Londres.




Article du 30 octobre 1991

Cinq heures qui ébranlèrent Sudbury



par Florence Meney



Ils sont venus nombreux, près de 4000 à Science Nord et plus de 5000 autres disséminés le long du parcours, pour accueillir le couple princier britannique la semaine dernière. Sudbury aimerait-elle la royauté? En tous les cas, sa population a fait un accueil tout particulièrement chaleureux à Charles et Diana, qui ont eux aussi bien su rendre leur amabilité.

Suivis de près par une meute indisciplinée de plus de 200 journalistes, le couple, dont l’avion est arrivé avec plus d’une demi-heure, de retard à Sudbury, a été accueilli par le premier ministre de l’Ontario, Bob Rae, ainsi que par le gouvernement municipal dans l’enceinte de Science Nord. Après avoir rencontré des représentants de différents groupes et la plupart des candidats aux élections municipales, et après avoir serré force mains, le couple a eu droit à une visite en règle de Science Nord. Le prince et la princesse, bien que semblant légèrement fatigués, ont semblé apprécier les différentes expositions. Charles s’est en particulier attardé dans la section de la biologie, contemplant quelques minutes d’un air réfléchi un faux squelette servant à expliquer l’anatomie aux enfants. Diana, quant à elle, a bien joué son rôle de princesse et a fait rire les journalistes en mesurant sa force physique sur un appareil prévu à cet effet.

Le couple princier semble avoir charmé l’assistance, en tous les cas, chacun semblait de bonne humeur et, pour les employés de Science Nord, l’heure aura été pour le moins exaltante.

Même si cette visite n’aura pas apporté de grandes révélations pour le public, ni d’événement majeur autre que la présence elle-même du couple, le charme évident de Diana (qui portait à Science Nord un tailleur fuchsia d’une élégance rare) et la bonhommie de l’héritier du trône britannique auront éclairés une journée finalement assez grise à Sudbury.

Une visite royale coûte cher. Celle-ci aura mis sur les dents plus de 150 agents de la gendarmerie royale et de la police provinciale. On a aussi fait venir des musiciens d’Ottawa tout exprès pour l’occasion. Le menu de midi, très élaboré, comprenait des cailles, du saumon et autres mets fins. Bref, la note de la visite royale se chiffre en centaines de milliers de dollars, mais, si on en croit le maire Peter Wong, cela en vaut la peine, grâce à la publicité générée. Mais une visite de cinq heures aura-t-elle eu un impact positif sur la région? Il faudra attendre pour connaître la réponse.

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