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mardi, 02 octobre 2018 14:58

Katherine Levac : À cheval entre deux réalités

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Katherine Levac : À cheval entre deux réalités Photo : Courtoisie
Nord de l'Ontario — L’humoriste franco-ontarienne Katherine Levac fera sa toute première tournée du Nord de l’Ontario au cours des prochains jours. Elle vient présenter son premier spectacle solo, Velours, aux francophones du Nord et elle est curieuse de voir si elle attirera les foules ou non.

La carrière de la fille de St-Bernardin a connu un début fulgurant grâce entre autres au succès des émissions SNL Québec et Like moi. Elle a cependant toujours voulu monter un spectacle et elle dit avoir profité de toutes les occasions qu’elle a eues afin de se faire connaitre et y arriver.

Elle sera en spectacle à Chapleau le 3 octobre, à Hearst le 4, Kapuskasing le 5, à Timmins le 6 et finalement à Sudbury le 7 dans le cadre du French Fest. Avant cette tournée intense dans notre région, Le Voyageur tenait à lui parler.

Le Voyageur : Tu as d’abord connu du succès à la télé, mais est-ce que ça a toujours été dans tes plans de faire un spectacle?
Katherine Levac :
Oui, ça a toujours été mon intention. J’ai fait de la télé pour me faire connaitre pour pouvoir faire un spectacle. Tu prends les initiatives pour y arriver.

LV : Est-ce que d’être Franco-Ontarienne a influencé ton parcours?
KL :
Je ne me suis jamais sentie complexée d’être Franco-Ontarienne, ou moins bonne d’être au Québec et de faire des choses en français. Je crois que ça m’a ouvert des portes, parce que dans les arts en général, quand tu es différent, quand tu amènes quelque chose de différent, ça devient intéressant. Ça m’a inspiré aussi, puisque j’arrive avec un background différent. Comme mon premier personnage que j’ai fait à la télé, c’était une Franco-Ontarienne, ça vient d’où je viens.

LV : Tu as souvent rappelé au Québécois lors d’entrevues qu’il y a bel et bien des francophones en Ontario. Est-ce que le message commence à passer?
KL :
Oui, absolument, le message est passé. C’était plus au début. Par exemple, quand je faisais le personnage de la Franco-Ontarienne, les gens me disaient : «Ton personnage anglophone…». On a souvent la vision des Québécois qui ne vont pas voir ce qui se passe ailleurs qu’au Québec. Parfois oui, mais moi, ce que j’ai vécu, ce que je ressens, c’est qu’ils sont très intéressés, très intrigués en fait.

LV : Est-ce que la langue française est un sujet dans ton spectacle.
KL :
Oui, j’ai un numéro sur la fragilité de cette langue-là. Je n’ai pas de numéro sur l’Ontario comme tel, mais, si je te parle d’éducation, de religion, de relations personnelles, l’Ontario est toujours en arrière-plan parce que c’est là que j’ai grandi.

LV : Est-ce que de présenter ton spectacle en Ontario change ta façon de présenter certains numéros?
KL :
Je le fais déjà quand je fais des shows à Orléans [ou ailleurs en Ontario]. Oui j’adapte des choses. Mon propos reste le même, mais il y a des ajustements. C’est surtout le rapport qui change. Quand je suis au Québec, je dis «Ben nous en Ontario c’est comme ça», tandis qu’en Ontario je dis plutôt »Ben nous on est comme ça par rapport à eux».

LV : Est-ce que les gens d’un côté et de l’autre de la frontière rient aux mêmes endroits?
KL :
Pas du tout. En fait, dans mes salles, il y a plein de monde : des Ontariens, des Québécois, des vieux et des jeunes. Les vieux et les jeunes ne rient pas aux mêmes endroits, c’est normal et planifié même, et les Ontariens et les Québécois ne rient pas aux mêmes endroits non plus. Je fais plein de blagues sur les Québécois, mais j’en fais beaucoup sur les Ontariens aussi. Je dirais que les Ontariens sont plus frileux par rapport aux blagues [sur la religion]. Un peu plus conservateurs.

LV : Est-ce que ça fait longtemps que tu sais quels sujets tu voulais aborder?
KL :
Un spectacle, c’est beaucoup par rapport à ce qui se passe dans ta vie à ce moment-là. Tu sais un peu les sujets que tu veux aborder, mais ta perception change d’année en année. Surtout dans la vingtaine et quand tu arrives à 30 ans... surtout au moment où moi je suis dans ma vie. Jeune adulte, tu penses que tu sais tout et tu te dis «finalement je ne sais rien». Bref, il y a beaucoup de changement qui se passent dans notre tête.

LV : As-tu toujours eu l’intention de présenter ton spectacle en Ontario?
KL :
C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire, mais je ne savais pas à quel point il y avait du monde ou il n’y avait pas de monde qui me suivait. Finalement, ça se passe super bien, ça fait je ne sais pas combien de fois que je vais au Shenkman (à Orléans). C’est une agréable surprise. Je savais qu’il y avait des gens qui me suivaient, mais peut-être pas à ce point-là.
Pour le Nord de l’Ontario, je ne suis jamais allé faire de shows là, c’est vraiment un genre d’essai. C’est une fierté aussi d’y aller, parce qu’il y a [peu d’humoristes] qui fait ce genre de tournée. C’est un peu par principe et par curiosité, pour voir si ces gens-là me suivent et s’ils aiment l’humour.

LV : Étais-tu tanné des question sur ta perte de poids?
KL :
Je crois qu’on m’a posé des questions [sur ma perte de poids] parce que j’étais tête de cochon et je n’en parlais pas. Quand j’en ai parlé, ils ont arrêté de m’en poser.
Mais ça a été un apprentissage par rapport au métier. Personne ne t’apprend vraiment à être une personnalité publique. Alors il faut trouver ses limites.
Sur Instagram ou Facebook, il y en a qui mette toute leur vie, montre enfants, montre leur vacances. Il y en a qui montre rien. Moi, j’en montre un petit peu.
Ce qui arrive maintenant avec Facebook, supposons que je partage une photo d’un voyage avec mon chum en Espagne, un site de potins va aller la chercher et dire «Katherine est en voyage avec son chum en Espagne». Est-ce que t’es à l’aise de faire ça? Sinon, ben met-là pas la photo de toi en Espagne.
C’est plein de petites choses comme ça qu’il faut apprendre à gérer. Et avec les réseaux sociaux, c’est encore plus important de le faire et d’être conscient des impacts et personne t’avertit que tu vas avoir ça à gérer.

LV : Alors est-ce que tu t’en passerais, des réseaux sociaux?
KL :
Non. Parce qu’en même temps, c’est un contact avec les gens que j’aime tellement. Avec mon Facebook et mon Instagram, je parle au monde. Il y a le contact avec les gens pendant le spectacle et après, en signant des autographes par exemple. Pis après ça, quand j’arrive chez nous ou à l’hôtel, il y a un troisième contact sur les réseaux sociaux [avec des gens qui sont venus me voir]. Cette relation-là, pour moi elle est très importante.
Oui, il y a un mauvais côté aux réseaux sociaux évidemment, mais il y a ce très très beau côté aussi.
C’est de la publicité aussi. Je ne peux pas cracher sur 200 000 personnes qui me suivent. Je ne peux pas m’en passer, c’est trop utile et pour moi, ça m’apporte beaucoup.
En fait, ça m’apporte beaucoup plus de bonheur que de malheur. En même temps, je pense que j’attire des gens plutôt gentils. Je ne suis pas la personne la plus controversée et je ne vais pas écrire des affaires sur Facebook pour choquer. Si tu me trouves choquante, c’est parce que ça te tentait vraiment de brasser de la marde.

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Lu 615 fois Dernière modification le mardi, 02 octobre 2018 15:10
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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