Imprimer cette page
jeudi, 20 septembre 2018 09:24

Élections Nipissing Ouest : Économie et bilinguisme

Écrit par 
Joanne Savage, Russell Dunne, Ronald Demers et Donald Leblanc Joanne Savage, Russell Dunne, Ronald Demers et Donald Leblanc Photos : Éric Boutilier
Nipissing Ouest — Les candidats à la mairie et aux postes de conseillers de Nipissing Ouest ont participé à deux débats la semaine dernière afin de présenter les enjeux qu’ils croyaient plus importants et ceux qui seraient leurs priorités si jamais ils se font élire le 22 octobre. Les citoyens étaient également invités à poser leurs questions.

On retrouve quatre candidats dans la course à la tête de la municipalité : Ronald Demers, Russell Dunne, Donald Leblanc et la mairesse sortante, Joanne Savage. Le Voyageur a profité de l’occasion du débat du jeudi 13 septembre à l’aréna de Verner pour leur poser une série de questions.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à la mairie?

R. Demers : J’ai été en politique pendant 33 ans avec le Conseil scolaire catholique Franco-Nord. J’ai des enfants, j’ai de la famille ici. Malheureusement, il y en a qui ont quitté le nid pour aller chercher de l’emploi ailleurs. C’est ce qu’ils doivent faire. L’important pour nous, c’est d’essayer de trouver des raisons pour lesquelles ils devraient revenir et essayer de rendre notre municipalité un peu plus attrayante. Je dois avouer que la controverse qui existe depuis un, deux, trois ans au sujet de quelques dossiers n’est pas profitable pour personne. Ç’a causé énormément de division dans la communauté. J’aimerais apporter l’expérience que j’ai eue ailleurs pour ne pas nécessairement mettre de l’ordre, mais plutôt essayer d’apporter un décorum au niveau du fonctionnement du conseil.
R. Dunne : Parce que j’aime ça ici. Je veux faire une différence. Cette communauté a été formidable pour moi. Les résidents de Nipissing Ouest m’ont accueilli à bras ouverts et je veux seulement retourner la faveur afin d’aider à progresser vers l’avenir.
D. Leblanc : Pour moi, c’est une passion. Ça fait longtemps que je demeure à Sturgeon Falls. Je suis en affaires depuis 19 ans et je crois que j’ai les habiletés pour travailler avec le conseil municipal. En commerce, j’ai beaucoup d’employés et on s’entend. Par contre, depuis les deux dernières années, notre conseil ne s’entend pas. Je peux faire du beau travail et je veux regarder [au bien] des gens de Nipissing Ouest.
J. Savage : J’ai à cœur le bienêtre de la municipalité et des communautés de Nipissing Ouest. Je suis une personne dévouée et engagée. Je suis active et sensible au bienêtre des résidents. En même temps, je suis à la retraite et j’ai le temps. J’ai l’expérience et les connaissances pour faciliter le processus, [avancer] les dossiers importants qui doivent être complétés au cours des quatre prochaines années. Je vais donc continuer à être dévoué et travailler conjointement avec tous les partenaires et les individus de chaque communauté et encourager le travail d’équipe afin qu’on puisse faire avancer les dossiers majeurs.

Que comptez-vous réaliser en tant que maire?

R. Demers : En tant que maire, il faut écouter les élus. On s’assure que l’administration met en œuvre [les travaux]. À partir de là, je pense que c’est d’avoir un conseil qui travaille en harmonie, par consensus et par vote majoritaire. La position d’un maire est probablement moindre que celle d’un conseiller. C’est un genre d’entraineur, une personne qui mène le débat, pas quelqu’un qui contrôle le débat, mais qui le gère.
R. Dunne : Il faut amener à faire progresser la municipalité, soit d’améliorer le secteur touristique et la prospérité de la ville. Si nous ne pouvons pas prospérer avec l’infrastructure qui nécessite des travaux de réfection, il faut qu’on augmente les coffres de la municipalité, créer des emplois pour ceux qui ne travaillent pas et amener du nouveau sang dans la communauté.
D. Leblanc : Je veux vraiment travailler avec mon groupe de gens et mon administration pour aller chercher les idées de gens venant de tous les quartiers. De là, on part et on fait du travail.
J. Savage : Le développement économique est ma priorité, en fait de tourismes et d’assurer la réussite du Concours de labour international en 2019. Il faut redévelopper le foyer pour personnes âgées Au Château et aussi créer des logements abordables dans lesquels nos ainés peuvent toujours demeurer à domicile et continuer à vivre une vie saine et active. De plus, il faut développer une programmation d’activités pour nos jeunes partout à Nipissing Ouest et continuer à investir dans nos infrastructures et nos chemins. Je vais maintenir une communication étroite avec toutes les communautés pour avoir une participation active de nos gens pour les sensibiliser, les renseigner et avoir leurs commentaires.

Quels sont les dossiers importants?

R. Demers : Je pense qu’il faut en finir avec le choix du service de police. Ça n’a jamais été à propos de qui était la meilleure force, mais c’est une situation qui a causé énormément d’angoisse au niveau des forces policières. À partir de là, je pense qu’il faut avancer avec les dossiers. Les problèmes de routes, de chemins et avec la création d’emplois, ce n’est pas un phénomène qui est unique à notre communauté. Ce que j’aimerais faire, c’est peut-être demander au gouvernement d’avoir un programme de décentralisation des services. Si nous améliorons les conditions de nos routes — [par exemple, la route 17 devrait être agrandie à quatre voies au moins entre North Bay et Sudbury, pis au-delà] —, ça serait beaucoup plus sécuritaire. Lorsque les gens se déplacent plus rapidement, c’est bon pour tout le monde de North Bay, de Sudbury et des petites communautés dans le milieu.
R. Dunne : L’enjeu principal, c’est le manque d’emplois. Il nous faut de nouveaux emplois, car les résidents quittent la région. Lorsqu’ils déménagent, les inscriptions scolaires diminuent. Avec de nouvelles opportunités, le nombre d’élèves dans nos écoles va grimper. Ce sera l’effet boule de neige. Lorsqu’il y a plus d’emplois, plus de gens viendront magasiner ici. Les entreprises et les agriculteurs seront gagnants. Tout le monde doit prospérer.
D. Leblanc : Nous avons une population vieillissante, ce qui me comprend aussi. Il faut vraiment travailler là-dessus parce que nous n’avons pas assez de logements [abordables pour les ainés]. Il faut travailler avec le ministère de la Santé aussi pour assurer que nos ainés demeurent chez eux plus longtemps.
J. Savage : Ça nous prend une structure en fait de développement économique et un plan stratégique. Il faut promouvoir notre région en tant que destination où les gens vont vouloir investir, surtout au niveau de la création d’emplois. Nous devons regarder des opportunités dans le secteur de la biomasse. Il faut aussi s’assurer de livrer les services qui sont indiqués dans la Loi sur les municipalités. De plus, je m’engage à respecter le nouveau code de conduite que la province exige qui soit mis en place d’ici le 1er janvier 2019.

Quels sont les enjeux de la communauté francophone?

R. Demers : Le Dr Denis Labelle a fait une présentation demandant que la municipalité ait le statut d’une communauté bilingue. Il y a énormément de valeur à ce qu’il a apporté. Je pense que ce n’est pas une question si on devait le faire ou non. La réponse est oui. C’est plutôt de déterminer comment on devrait se’y prendre, dépendamment des ressources et de ce qu’on peut se permettre. J’avais même une idée à cet effet-là. La traduction de documents peut couter extrêmement cher. Par contre, il y a peut-être des jeunes qui sont aux études qui pourraient se servir de ça comme tremplin pour se rendre au sommet de leur profession. Ils pourraient donc, peut-être, le faire à prix réduit. Ça sert une formation qui serait en vue d’un emploi et nous pourrons peut-être trouver des économies.
R. Dunne : La communauté francophone est comme la communauté anglophone. Il faut que ces deux soient reconnus. La plupart des résidents de Nipissing Ouest parlent français. Vu que mon français parlé n’est pas à 100 %, la majorité des résidents vont me répondre en anglais et me pardonnent que mon français ne soit pas si bon. Ils m’aident. La communauté francophone, comme toute autre, veut continuer d’être reconnue et non balayée sous le tapis.
D. Leblanc : La francophonie est très importante. Il faut premièrement changer nos affiches pour qu’elles soient bilingues. Il faut ensuite travailler pour mettre l’accent sur la francophonie pour démontrer qu’elle est aussi importante.
J. Savage : La présentation soumise par monsieur Denis Labelle a bel et bien été reçue. Elle a été en discussion au conseil municipal pour établir un comité. La municipalité a un arrêté qui satisfaisait les besoins en 2002. Nous sommes en 2018 et je crois que la municipalité et le conseil peuvent certainement modifier cet arrêté-là pour augmenter les services offerts en français. Nous aimerons promouvoir une participation volontaire du secteur commercial, mais, en tant que municipalité, nous avons un rôle majeur à entreprendre pour être ambassadeurs de la francophonie. C’est définitivement un outil de développement économique, de tourisme, de fierté et de préservation de notre patrimoine.

Abonnez vous
Lu 1425 fois Dernière modification le jeudi, 20 septembre 2018 09:35
Éric Boutilier

Correspondant

North Bay et Nipissing

Sports

eric.boutilier@levoyageur.ca