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mardi, 11 mars 2014 12:41

Une exposition sur ces pères parfois effacés

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Une exposition sur ces pères parfois effacés Photo : Daniel Aubin

Sudbury — Quand on observe les albums photos de sa famille, on remarque qu’à chacun de nos anniversaires notre père ne figure pas souvent dans la photo. Plus souvent qu’autrement, c’est lui qui joue au photographe et qui refuse modestement d’être inclus dans une seconde photo. Je me demande alors si ce détachement symbolique de la famille est une qualité paternelle plus ou moins universelle.

C’est ce genre de réflexion que provoque l’exposition Father, père and Pater, de l’artiste sudburois Ron Langin. Alors que la notion de «père» comprend nécessairement une relation parentale, qu’elle soit familiale ou strictement biologique, il n’y a qu’un seul tableau dans l’exposition qui présente père et fils ensemble. Father and Child, aquarelle sur papier, présente un père qui porte fièrement un bébé tout vêtu de blanc. Le jeu entre le noir et le blanc, le père et le fils, l’âge et la jeunesse ne peut pas être plus clair. Le bébé est à l’avant-plan et resplendit de lumière alors que le père semble fondre dans le décor comme un fondu au noir cinématographique.

Bien que Father and Child se distingue des autres tableaux (avec l’exception de The Honeymooners, qui est réalisé dans le même style), c’est tout de même l’image de ce tableau qui recouvre le matériel promotionnel de l’exposition. Il est donc tout à fait naturel que ce soit le premier tableau qu’on voit en entrant dans la North Forte Gallery. On peut ensuite séparer l’exposition en trois sections : portraits de pères, une exploration photographique d’iconographie religieuse et, finalement, quelques œuvres abstraites. Les œuvres abstraites, bien que réussies au plan esthétique, ne semblent avoir aucun lien formel ou thématique avec l’ensemble de l’exposition. Intitulées Red Tide et Blue Tide no.1 et no.2, ces marées bleues et rouges n’occupent pas une place importante dans l’exposition.

Ce sont les portraits de pères que présente Ron Langin qui meublent la première salle de la North Forte Gallery. Tout d’abord, une série de trois autoportraits (Portrait of the Artist as a Father No. 1, 2 et 3) nous présente trois visages arborant chacun un sourire communiquant la fierté. Au plan technique, on voit l’artiste qui s’attarde aux lignes sur le visage. Celles-ci deviennent encore plus prononcées chez les portraits de pères d’artistes célèbres (Portrait of Picasso’s Father, Portrait of Salvador Dali’s Father et Portrait of Frida Kahlo’s Father). Chez ces trois tableaux, les lignes découpent les visages tels des fragments de vitrail. Nous avons l’impression que ces trois hommes sont tout à fait ordinaires, qu’ils ne sont remarquables que par le travail de leur progéniture.

Une paire de tableaux nous présente ensuite deux pères de mouvements artistiques : Franklin Carmichael et Emil Nolde. Ceux-ci poursuivent encore davantage le découpage des visages en morceaux de casse-tête. Sur le plan thématique, nous passons de la paternité biologique à la mise au monde d’idées et de techniques.

Finalement, dans la deuxième salle de la galerie, l’artiste nous présente Pater no 1 à no 17. Ces 17 reproductions de photos numériques s’attardent surtout aux détails d’une variété de représentations du crucifix. On y voit l’image cadrée d’une main clouée, d’un visage sanglant, d’une croix sur un fond de ciel bleu. Avec ces photos, M. Langin veut probablement qu’on médite sur le mystère de la Trinité : de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit en un.

Father, père and Pater est à la North Forte Gallery (122, rue Durham, deuxième étage) jusqu’au 26 avril. Heures d’ouverture : du mercredi au samedi de midi à 15 h.

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Lu 2595 fois Dernière modification le mardi, 11 mars 2014 12:51
Daniel Aubin

Journaliste

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