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mardi, 11 mars 2014 09:13

De père en fille, des gestes héroïques en Ontario français

Écrit par 
Photos d’enfance et à l’âge adulte de Michelle de Courville Nicol Photos d’enfance et à l’âge adulte de Michelle de Courville Nicol Avec l’aimable autorisation de Michelle de Courville Nicol
Native de Timmins, Michelle de Courville Nicol est la fille d’un pionnier de la radiodiffusion au Canada français. Son père, Conrad Lavigne, a non seulement fondé la toute première station de radio en français en Ontario en 1951 (CFCL-Timmins), il est également le créateur du plus grand réseau privé au monde de télédiffusion par micro-ondes. Lorsque la radio francophone a joué dans les salons de nos enfances nord-ontariennes au début des années 1950, c’était la première fois qu’un poste de radio existait en français à l’extérieur du Québec.

Pendant son enfance et son adolescence dans le Nord de l’Ontario, Michelle a fréquenté les écoles Saint-Antoine et Saint-Charles à Timmins et par la suite l’Académie Sainte-Marie à Haileybury (9e et 10e année) et le collège Notre-Dame à Timmins (11e et 12e année).

Avec ses frères et sœurs, elle a grandi dans un environnement familial qui l’a initiée tôt à l’univers des communications et de la francophonie ontarienne et canadienne. Son propre parcours de vie l’a conduit, elle aussi, au cœur d’un moment clé de la francophonie ontarienne : l’affaire Montfort. À titre de présidente du conseil d’administration de l’Hôpital Montfort à l’époque des années 1990, Mme de Courville Nicol a été l’une des artisanes d’un évènement significatif dans l’histoire de l’Ontario français.

En effet, elle a été membre du conseil d’administration de l’Hôpital Montfort pendant 15 ans, soit de 1990 à 2005, et présidente de 1995 à 2001. Dans son rôle de présidente, elle a fait partie de l’équipe qui a mené une lutte de tous les instants pour la survie de l’Hôpital Montfort.

On se souviendra que la cause de l’Hôpital Montfort avait été portée devant la Cour d'appel de l'Ontario qui, le 7 décembre 2001, a confirmé que «l'Hôpital Montfort jouit d'une protection constitutionnelle et ne peut être démembré sans menacer la survie des francophones de la province». En tant que présidente du conseil, Michelle de Courville Nicol a été corequérante avec Gisèle Lalonde et présidente de S.O.S. Montfort dans la poursuite victorieuse de Montfort contre le gouvernement de l’Ontario de l’époque.

Diplômée en lettres françaises de l’Université Laurentienne de Sudbury en 1965, elle s’est intéressée au domaine émergeant des communications électroniques et de l’informatique dès les années 1980.

En partenariat avec son conjoint, elle a été gestionnaire dans diverses entreprises familiales, en particulier dans les domaines de la production et de la postproduction vidéo, et par la suite de la traduction et de la révision. Elle est vice-présidente de Noracom Consultants.

Femme engagée, Mme de Courville Nicol a toujours eu à cœur la croissance et la vitalité de la communauté franco-ontarienne. Pendant ses années à Sudbury, elle a été active auprès du Théâtre du Nouvel-Ontario et de La Slague.

À Ottawa, où elle habite maintenant, elle a œuvré au sein du conseil des bibliothèques publiques de Gloucester et des Éditions L’Interligne. Depuis 2006, elle est présidente du conseil d’administration de Montfort Renaissance inc., un organisme communautaire sans but lucratif actif dans le domaine de la toxicomanie, de la santé mentale et du logement à Ottawa.

Elle a également été coprésidente d’honneur des États généraux de la francophonie d’Ottawa (2011-2012), une démarche de réflexion collective visant à permettre à l’ensemble des citoyens francophones de la région d’Ottawa de participer à l’établissement d’une vision de leur avenir comme collectivité.

Entrepreneure dans les communications, traductrice et réviseure, elle a toujours milité pour la francophonie, le progrès et les soins de santé en Ontario. Au service de nombreuses causes et soucieuse du bien-être d’un peuple en situation minoritaire, elle a marché dans les traces historiques et héroïques de son père. La patience, la passion et la persévérance du peuple franco-ontarien trouvent une résonnance dans cette célèbre famille nord-ontarienne.

Souvenir d’enfance de Michelle

«J’avais 12 ans au début de ma 8e année à l’école Saint-Charles de Timmins. On m’a proposé de me préparer pour le Concours de français provincial. Si j’ai gagné le Concours de français provincial en 1957, une partie du mérite revient à mon professeur de français, sœur Sainte-Gisèle, et à la directrice de l’école, qui m’ont fait sécher mes cours de français et d’anglais pour passer de longues heures dans le bureau de l’infirmière à rédiger des analyses de textes, des compositions et des dictées, ainsi qu’à Mme Fournier, la bibliothécaire de la Ville de Timmins, qui est devenue mon professeur de diction. Grâce à mon père, Conrad Lavigne, fondateur-propriétaire de CFCL, la première station de radio de langue française de la province, la cérémonie, qui avait lieu au Château Laurier à Ottawa, fut diffusée sur les ondes. Je pense que ma mère, Jeanne Canie Lavigne, et lui avaient été très fiers de leur jeune fille!»

Murale S.O.S. Montfort (détail), Marie-Hélène Lajoie, artiste Gérald Savoie, Michelle de Courville Nicol, Gisèle Lalonde, Michel Gratton, Ronald Caza
Lu 5024 fois Dernière modification le mardi, 11 mars 2014 09:28