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mercredi, 01 août 2018 06:00

Des quartiers qui défient le bon sens

Le 22 octobre prochain, les Ontariens éliront de nouveaux conseils municipaux. À Sudbury, cet exercice sera encore une fois un affront à la démocratie.

Pourquoi, demandez-vous? Parce que notre système de représentation est basé sur des quartiers qui, dans plusieurs cas, ne font aucun sens. Ainsi, un grand nombre de contribuables éliront des conseillers qui n’ont rien à voir avec le secteur où ils vivent.

Lorsque les conservateurs de Mike Harris ont forcé la fusion du Grand Sudbury, ils ont dû redécouper la carte électorale de la région. Un des principes fondamentaux lors d’un tel exercice est de créer des quartiers qui ont un nombre à peu près égal d’électeurs, histoire de donner plus ou moins le même poids à chaque vote. Le problème à Sudbury, c’est que ceux qui ont proposé les quartiers n’ont pas pris en compte les communautés d’intérêts des différents secteurs.

C’est ainsi qu’on finit par avoir des électeurs de Chelmsford (quartier 3) et d’Azilda (quartier 4) qui votent pour différents conseillers. Mais ceux d’Azilda votent pour le/la représentant.e du Donavan. Il semblerait pourtant que les résidents de Chelmsford et d’Azilda ont plus en commun que ceux d’Azilda et du Donavan. C’est la même chose pour les quartiers 5 et 6 et 12. Les électeurs de Val-Thérèse n’élisent pas les mêmes candidats que ceux de Val Caron. Mais ils votent pour le conseiller qui représente une partie du New Sudbury.

Presque tous les quartiers sont ainsi un vrai «mish-mash». Le Moulin à fleur est avec le secteur Bancroft alors que Lockerby est avec le centre-ville, Garson est avec Skead et Coniston est avec le canton de Broder au sud de la ville. Ce qui donne de drôles de résultats, comme des voisins qui ont différents conseillers et des conseillers qui vivent loin de leurs commettants.

Le nouveau conseil municipal devrait s’attaquer à ce problème et, tant qu’à y être, changer la façon dont nous l’élisons. Il faudrait d’abord redécouper la carte électorale de Sudbury afin de regrouper les communautés qui ont des intérêts communs — routes, aqueducs, habitation, sécurité, affaires, industries, etc. Mais il ne faudrait pas se limiter à ça.

Dans ces pages (éditorial Votons différemment, 6 décembre 2017), nous avons déjà proposé un différent mode de scrutin pour Sudbury. Dans une ville aussi étendue, il semblerait plus démocratique d’avoir un système hybride de conseillers élus par quartier et de conseillers élus par tous les résidents. Les conseillers de quartiers seraient ainsi les porte-paroles de leur secteur respectif alors que les conseillers généraux (traduction de «at large») devraient voir au bien général de toute la ville.

Les débats acerbes que nous avons connus récemment — Promenade Maley, quartier de divertissement, etc. — démontrent clairement qu’il y a des différences de valeurs et d’intérêts entre les communautés qui forment le Grand Sudbury. Il nous faut des conseillers qui représentent ces différences, mais, pour l’avenir d’une ville cohésive, il nous faut aussi des conseillers qui voient l’ensemble de la population.

Lu 626 fois Dernière modification le mardi, 31 juillet 2018 14:34
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury