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jeudi, 26 juillet 2018 16:44

Sylvia Antinozzi : L’art et le français avant tout

Écrit par 
Sylvia Antinozzi : L’art et le français avant tout Photo : Éric Boutilier
North Bay — Sylvia Antinozzi, une Franco-Ontarienne d’adoption de la région du Nipissing, ne peut pas se souvenir d’une époque où elle n’était pas passionnée des arts. Native de Montréal, cette artiste de renommée à North Bay a, pendant plusieurs années, laissé sa marque auprès de plusieurs regroupements, organismes et projets dans sa communauté d’accueil.

Mme Antinozzi a œuvré dans plusieurs milieux artistiques et administratifs au cours de sa carrière. Elle a entre autres travaillé en tant qu’artiste en résidence pour le Conseil scolaire catholique Franco-Nord (CSCFN), siégé pendant plusieurs années au sein du Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO) et, aujourd’hui, elle représente la communauté francophone en tant que membre du conseil d’administration du Centre Capitol.

Mme Antinozzi s’identifie comme une artiste professionnelle multidisciplinaire, c’est-à-dire une peintre, une écrivaine, une danseuse, une chanteuse, une sculpteure et une artiste du feutre. Malgré ses nombreuses réussites, elle n’a pas de préférence de styles, mais s’inspire plutôt de plusieurs thèmes de la société pour créer ses œuvres.

«J’ai beaucoup œuvré de façon politique, soit dans le sens des arts et de la culture, à la Francophonie ici en Ontario. Malgré que je suis ontarienne d’adoption, pour moi, c’est un sujet qui était très important. Lorsque c’est le temps de produire, si je n’ai pas un besoin quelconque, je suis reconnue pour ce que je fais dans la francophonie, au niveau des arts visuels», raconte Mme Antinozzi.

«Je suis née avec cette passion, disons que je suis tombée dans le chaudron comme Obélix. J’ai toujours dessiné et écrit. À 15 ans, je recevais mes premières huiles et j’ai commencé à peindre. Les arts font donc partie de ma vie.»

Au cours des décennies, Sylvia Antinozzi a réussi à captiver l’imaginaire de nombreuses personnes. Parmi son répertoire de créations, elle se sent très fière de deux toiles particulières : Résonnance de nos chansons et Alliance Indélibile.


Alliance Indélibile — Photo : Sylvia Antinozzi

«La première est créée de deux morceaux de violon que j’ai trouvé chez un antiquaire il y a 20 ans. Je savais que j’étais pour faire quelque chose avec ce vieux violon. Les veines de la fleur blanche [sur la toile] sont toutes les paroles de chansons qui venaient de l’Europe, suivies du monde aujourd’hui, et ensuite d’artistes émergents d’il y a environ 10 ans. La toile a été achetée par un dentiste collectionneur d’arts franco-ontariens, alors pour moi, c’est une pièce qui a toujours été importante à mes yeux», décrit-elle.


Résonnance de nos chansons — Photo : Sylvia Antinozzi

«La deuxième a été commandée l’an dernier par la Caisse populaire Alliance et, ensuite, présentée à la sénatrice Lucie Moncion [qui l’a derrière elle dans son bureau au sénat]. Cette toile est aussi un trille que j’ai fait tout en vert et blanc. On voit un personnage qui bouge la tête [de droite à gauche], qui part et qui tient une baguette de direction musicale vers l’Est. Une feuille a été consacrée à Paul Demers, avec sa chanson Notre Place, dont j’ai fait ressortir certains mots [,comme North Bay]. À droite, on retrouve la chanson Mon beau drapeau et au centre, l’Ô Canada bilingue. C’était un grand honneur de pouvoir présenter cette pièce-là à Mme Moncion.»

Mme Antinozzi reconnait qu’il y a encore un besoin d’améliorer le soutien financier octroyé aux arts et à la culture canadienne. Son souhait est de réduire l’écart du financement de ce domaine par rapport à d’autres. «L’importance des arts dans la société est [plutôt] cyclique. Lorsqu’on a un petit peu plus d’argent, bon, on en donne aux arts. Après ça, on arrête. Ce que je souhaite, c’est qu’on reconnait, une fois pour toutes, le grand bien que ça fait à l’humanité de créer, d’admirer, de comprendre et de réaliser jusqu’où l’art peut nous amener. Ça développe plein de talents chez une personne et son cerveau de façon incroyable», déclare Mme Antinozzi.

«Il faut commencer à apprendre et à comprendre que la culture ce n’est pas juste pour s’amuser. Souvent, c’est l’une des attitudes qu’on rencontre [en tant qu’artiste]. Mon souhait est qu’on réalise son importance et que l’on devienne aussi professionnel que d’autres professionnels.»

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Lu 2120 fois Dernière modification le jeudi, 26 juillet 2018 16:52
Éric Boutilier

Correspondant

North Bay et Nipissing

Sports

eric.boutilier@levoyageur.ca