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vendredi, 20 juillet 2018 15:07

Discours du trône : impacts sur l'éducation dans le Nord

Écrit par  Rachel Barber
Discours du trône : impacts sur l'éducation dans le Nord Photo : Archives
Nord de l'Ontario — Le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario a présenté son premier Discours du trône le 12 juillet et a lancé une rare session parlementaire d’été. Livré par la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Elizabeth Dowdeswell, le texte ne contenait aucun mot en français ni de mention des Franco-Ontariens ou du Nord de l’Ontario.

Dans le Discours du trône, le gouvernement provincial a mis de l’avant son désir d’annuler l’implantation du curriculum révisé sur la santé et l’éducation physique. La dernière version de ce curriculum, qui a été mise en vigueur en 2015, a apporté des modifications au programme d’éducation sexuelle. Le discours initial du gouvernement laissait entendre qu’il revenait à la version de 1998. Cependant, le gouvernement a annoncé lundi — après de nombreuses manifestations de la fin de semaine — que les leçons sur le consentement, l’identité de genre et la cybersécurité resteraient en place.

Avant l’annonce de lundi, le directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Nord-Est (CSPNE), Simon Fecteau, indique que le plus grand défi à court terme pour les membres du personnel sera d’adapter leurs leçons afin de répondre aux attentes du curriculum. «Nos membres du personnel viennent d’apprendre qu’en septembre, ils n’enseigneront pas le même curriculum qu’ils pensaient qu’ils allaient enseigner au niveau du programme d’éducation sexuelle. Il y a des changements qui vont être apportés assez rapidement à nos leçons, donc c’est définitivement problématique», explique-t-il.

L’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) atteste que ces huit conseils scolaires membres continueront à répondre aux attentes du curriculum sur la santé et l’éducation physique.

«En tant qu’éducateurs catholiques, nous croyons aussi fermement que le rôle des parents, des tuteurs et de la communauté est primordial dans l’éducation des enfants. Ce curriculum abrogé sera aussi conforme à notre enseignement catholique, viendra appuyer nos enseignants et complètera les efforts des parents pour guider leurs enfants dans la foi chrétienne», affirme le président de l’AFOCSC, Jean Lemay, par voie de communiqué.

De son côté, le directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO), Marc Gauthier, croit qu’il est trop tôt pour paniquer. «Lorsqu’on regarde un curriculum, il faut regarder les attentes [et les objectifs]. Le contenu vient répondre aux attentes. Attendons de voir les nouvelles attentes, mais il n’y avait pas tant de distinctions entre celles du curriculum 1998 versus ce qui avait été mis à jour il y a 3 ans [au niveau des attentes].» La volteface de lundi semble lui donner en partie raison.

Le gouvernement ontarien a promis d’établir un nouveau curriculum en consultant davantage la population. Le curriculum de 2015 a pourtant été conçu après avoir parlé avec des centaines de professionnelles et des milliers d’Ontariens.

Constructions retardées?

Le 3 juillet, le gouvernement a également annoncé l’annulation d’un fonds de 100 millions $ pour la rénovation d’écoles afin d’améliorer leur rendement énergétique. Une conséquence de l’abandon du programme de plafonnement et d’échange de gaz carbonique.

Le directeur de l’éducation du CSPGNO indique que les conseils scolaires qui ont soumis leurs demandes avant le 3 juillet recevront quand même leurs subventions et que, conséquemment, tous les projets en cours de son conseil demeuraient en marche. Il est cependant trop tôt pour savoir quels autres projets seront affectés.

«On n’a aucune idée de ce qui va se passer avec les autres types de fonds. Le gouvernement n’a pas encore tout étudié. Je suis certain qu’il va y avoir des [projets] qui vont disparaitre, mais il va y en avoir qui vont apparaitre», dit-il d’un ton optimiste.

Le Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario (CSCNO), quant à lui, est en processus d’évaluation des effets de cette décision du gouvernement sur les projets en cours. Ils n’étaient pas encore en mesure de préciser si des projets allaient tomber à l’eau ou non.

Lu 881 fois Dernière modification le vendredi, 20 juillet 2018 15:22