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mardi, 10 juillet 2018 15:42

Les aidants naturels des anciens combattants ne sont pas tous égaux

Écrit par 
Orlando Fantini et Jenny Migneault Orlando Fantini et Jenny Migneault Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Jenny Migneault dénonce depuis plusieurs années le manque d’appui du gouvernement canadien pour les aidants naturels des anciens combattants souffrant d’un syndrome de stress posttraumatique (SSPT). Avec son conjoint, Orlando Fantini, elle parcourt présentement l’ouest du Canada afin de sensibiliser le plus de gens possibles aux inégalités du traitement des vétérans et leur conjoint.e.

Le gouvernement a bien mis en place l’Allocation de reconnaissance pour aidants en avril, mais il y a des oubliés : «Par ses critères d’admissibilités, elle est parfaitement inaccessible pour ceux qui ont un conjoint avec un syndrome de stress posttraumatique», précise Mme Migneault, qui est aussi membre du comité aviseur des familles d’Anciens combattants Canada.

Le texte de l’allocation fait effectivement référence à un besoin d’«aide physique», et non pas mentale, mais on mentionne pourtant qu’ils doivent avoir besoin d’«instructions et/ou une aide physique pour accomplir la plupart des activités de la vie quotidienne», ce que les gens souffrant d’un SSPT peuvent aussi avoir de la difficulté à accomplir.

«Ce qui est tout de même intéressant avec cette mesure, c’est que pour la première fois, on reconnait vraiment les aidants naturels en leur accordant un chèque mensuel à leur nom», nuance Mme Migneault. «Un SSPT militaire, ce n’est pas à prendre à la légère, parce que ça peut finir en suicide.» Pour cette raison, elle croit aussi que de la formation devrait être donnée aux aidants afin de s’assurer qu’ils donnent les soins appropriés.

Donner d’une main, prendre de l’autre

Mme Migneault assure que les vétérans ne sont pas aussi bien traités par le gouvernement ou l’armée que ce que les gens croient. Les annonces faites plus récemment paraissent souvent bien, mais ils peuvent retirer autre chose sans préavis et sans explications.

Elle donne en exemple le cannabis médical. Jusqu’en 2017, les ex-militaires avaient droit à 10 grammes par jour payé. Aujourd’hui, c’est seulement 3 g, ce qui complique la vie de ceux qui le transforme au lieu de simplement le fumer. Mme Migneault a pourtant vu les effets bénéfiques du cannabis médical sur la santé physique et mentale de son conjoint.

Améliorations en vue?

Elle attend avec appréhension la mise en œuvre du nouveau programme le 1er avril 2019 : la Pension à vie. Elle croit que ce sera une nette amélioration par rapport aux programmes mis en place par le gouvernement Harper en 2006, mais qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les prestations reviennent au même niveau.

Ce n’est pas clair non plus si l’aide aux aidants naturels sera plus accessible pour les conjoints d’anciens militaires atteints de SSPT ou si le système sera simplifié.

Jenny Migneault a un blogue touchant plusieurs sujets concernant les anciens combattants. Vous pouvez la suivre sur www.45enord.ca.

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Lu 1193 fois Dernière modification le mardi, 10 juillet 2018 15:55
Julien Cayouette

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