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mercredi, 13 juin 2018 15:38

Roubidou - partie 4

Écrit par  Chloé Thériault
Le journal Le Voyageur, en association avec le Collège Boréal, a préparé quelque chose de très spécial à l’occasion du Salon du livre du Grand Sudbury.

Voici la quatrième et dernière partie d’une histoire écrite par l’étudiante en théâtre et jeune auteure Chloé Thériault. La particularité de cette histoire : VOUS avez choisi la suite. L’histoire était divisée en quatre parties et a pris fin dans l’édition du 13 juin du Voyageur.

À la fin des trois premières parties, les lecteurs ont choisi la prochaine action du personnage principal, ce qui a influencé la création de la fin de l’histoire.

Cliquez ici pour relire la première partie, ici pour la deuxième partie et ici pour la troisième partie, à la fin de laquelle les lecteurs ont choisi : 2) Dominik reste cachée avec le groupe...



Dessin : Monique Legault

J’ignore Maurice. There’s no way que je laisserais Roubidou et la gang périr tous seuls. Après tout, Roubidou c’est l’affaire la plus proche d’un ami que j’ai. Maurice semble un peu frustré avec moi avec le bruit qui se rapproche de nous. Il jette un coup d’œil aux espèces terrorisées et prend une décision exécutive.

«Fine. Reste-là. Moi, j’m’en va défendre la gang.»

Roubidou tente de le retenir, mais Maurice est plus fort que lui et c’te chien-là ne ferait mal à personne anyways.

«Maurrrice, fais attention!», jappe le chien.

Il est trop tard, Maurice est déjà parti. Là, j’me sens mal de ne pas être aussi courageuse… J’aurais voulu que ce soit comme dans les films pis que je trouve une porte secrète et que je guide toutes les misfits à une place sécuritaire et que je devienne leur reine, mais non. J’suis prise dans une cabane avec les minousses qui ont peur de moi et y’a pas de musique intense dans le background qui me pousserait à jouer à l’héroïne. Tout à coup, j’entends Maurice crier. Il crie pas quelque chose en particulier… il fait juste gueuler. Roubidou se cache derrière moi. Les cris de Maurice se rapprochent de nous et il ouvre la porte. Il est blême comme un drap et il a de la misère à respirer.

«Ils s’en viennent! Ils sont 20, non, 30 personnes! Ils ont des machines, des bulldozers, des bâtons en flammes!»

Je commence à paniquer. C’est tellement intense pour un petit groupe d’espèces disparues. Ça m’enrage. Ça me fait penser aux gens de mon école (pas qu’ils ont des bulldozers pis des torches), mais qui vont toujours à l’attaque de ceux qui sont juste différents. Différents socialement, dans la façon qu’ils s’habillent ou juste pas populaires. Ma rage me sort de la cabane. Je suis planté dehors et je vois une vague de feu, de pancartes et de gens qui s’approche de moi. Je n’ai pas peur. Je suis fuellé par la rage (peut-être que c’est un film d’héroïne après tout). La crowd s’approche pis là, j’en crois pas mes yeux. Monsieur Grégoire. Monsieur freaking Grégoire est drette en avant de la foule!

Il se rend compte que c’est moi et, là, il insiste le calme de la foule. OMG…Monsieur Grégoire c’est le LEADER.

«Dominik? Que fais-tu ici?»

«Je sais, je sais. Je suis supposé être en retenue pis… non, qu’est-ce que TOI tu fais ici Monsieur Grégoire? J’aurais jamais cru te voir comme leader d’une crowd enragé de même!»

«Ce que je fais après les heures d’école ça ne te regarde pas mademoiselle Dominik. Les directeurs et les enseignants ont une vie eux aussi! Maintenant, tasse-toi du chemin, on a des espèces à capturer.»

«Non.» Je refuse. Je reste planté là, les bras croisés. J’vais pas mentir, j’ai de la misère à sentir mes jambes, mais ce n’est pas important!

«Dominik. Je vais te demander une dernière fois.»

«NOPE. Ce que je fais après les heures d’école, ça ne te regarde pas.» Je réponds. «Regardez, Monsieur Grégoire. Dans c’te cabane-là, il y a des espèces qui ne sont pas dangereuses du tout. Ils ont juste peur. Ils ont besoin d’une niche, d’une place où ils peuvent se sentir en sécurité et bien dans leur peau. Pour un bout de temps, c’est dans les mines secrètes qu’ils ont pu se sentir comme ça, mais là toi pis ta crowd vous avez toutes ruiné ça pour eux. Ils ne sont pas les seuls qui se sentent de même. Moi aussi j’me sens comme ça dans TON école, et plusieurs autres élèves aussi parce qu’on n’a pas de niche, on trouve pas notre place. Mais si on pouvait faire juste des petits changements dans l’école, ce problème pourrait disparaitre et peut-être que là, j’aimerais l’école et j’aurais des meilleures notes.»

Je sens le museau de Roubidou sur ma jambe. Il est venu me rejoindre. Le reste des espèces et Maurice sortent de la cabane en solidarité. Monsieur Grégoire ne sait pas trop quoi dire et la foule attend un signe de sa part avant de faire quoi que ce soit. Pis moi, j’arrête pas de penser : YAS GIRL. Après peut-être 20 secondes, il jette sa torche à terre et l’éteint.

2 semaines plus tard

Troisième période. La troisième période, la meilleure de la journée. Depuis que Monsieur Grégoire a négocié avec la surintendance, j’ai une coop! Je sors dehors dans la plus grosse portative ever, pis Roubidou et la gang de misfits m’attendent.

«Bonjourrrrr Dominik! C’est quoi notrrrrre leçon aujourrrrd’hui?»

«Après votre diner, on va étudier les modes de vie ici, à Nordbury, et dans pas longtemps, vous allez pouvoir devenir des bons citoyens du village!»

YAS GIRL.

FIN



Lu 809 fois Dernière modification le mercredi, 20 juin 2018 15:57

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