FacebookTwitter
mercredi, 25 avril 2018 14:00

De la République tchèque à l’Ontario français

Écrit par 
De la République tchèque à l’Ontario français Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Qu’est-ce qui peut bien attirer une étudiante de Prague, en République tchèque, à venir étudier en Ontario? Rien de moins que la culture franco-ontarienne.

Alice Luňáková étudie l’enseignement des langues aux enfants à l’Université Masaryk, dans la ville de Brno. Le français n’est pas enseigné à tout le monde dans son pays d’origine, alors c’est un peu par hasard qu’elle est tombée en amour avec cette langue. «À 15 ans, j’ai changé d’école et ils n’y enseignaient pas l’allemand. Ils m’ont dit “tu dois apprendre le français”. Je ne voulais pas au début, je pensais qu’elle ne me servirait à rien, qu’elle était trop difficile, mais après un mois, je suis complètement tombée amoureuse de cette langue. Ça m’a tellement plu que j’ai continué à l’étudier.»

Mme Luňáková voulait passer un an dans un endroit où elle pourrait pratiquer à la fois l’anglais et le français. «La Canada est un peu un endroit idéal pour ça.» Un contrat existant entre son université et quatre universités canadiennes lui a permis de dénicher la Laurentienne.

«Je savais que l’université était bilingue, mais j’avais quand même un doute sur la quantité de gens qui parleraient français. Ça a donc été une surprise pour moi de découvrir une communauté franco-ontarienne, grande et vivante. Ce n’est pas du tout connu chez nous», raconte-t-elle.

Sa première intention était d’écrire un mémoire sur la littérature jeunesse franco-ontarienne. Elle a même produit une vidéo sur le sujet en octobre (alicelunakova.me). Même si elle a trouvé des livres très intéressants, elle n’avait pas assez de matière première pour faire une recherche exhaustive sur le sujet.

En discutant avec son professeur en République tchèque, elle a décidé de plutôt parler de la communauté franco-sudburoise. «Expliquer un peu l’histoire et leur présence [actuelle].»

Elle retourne donc chez elle avec l’intention de parler du Canada et de la situation de la langue française au pays.

Après huit mois au Canada, Alice quittera Sudbury le 28 avril, mais compte bien rester informée de ce qui s’y passera à travers les réseaux sociaux et les amis qu’elle s’est faits ici.

Intégration en montagnes russes

«Je me suis beaucoup plus facilement intégré à la communauté franco-ontarienne. Peut-être parce que l’on partage une certaine isolation; je suis minoritaire ici, comme les francophones. Ils sont aussi fiers de leur culture et veulent la partager», relate l’étudiante tchèque.

L’intégration a tout de même été par moment difficile. «Parce que les étudiants canadiens ne comprennent pas trop ce que tu cherches, que tu viens pour découvrir quelque chose [de différent] et que même une invitation ordinaire peut être en fait très rafraichissante.» Elle a d’ailleurs apprécié les clubs et les associations variés, un concept moins présent chez elle.

Elle croit que les services aux étudiants internationaux de l’Université Laurentienne auraient aussi un peu d’améliorations à faire pour aider les étudiants étrangers à s’intégrer. Entre autres en organisant plus d’activités qui permettraient aux étudiants internationaux de rencontrer des étudiants canadiens et en ajustant leurs heures d’ouverture. «Ils font des efforts, mais c’est toujours [des évènements entre] les étudiants internationaux. On revient au problème que tu rencontres toujours les mêmes gens, tu es un peu isolé et enfermé dans un même groupe.»

Les Canadiens sont-ils trop polis?

Non pas que Mme Luňákova veut renforcer les stéréotypes, mais elle a tout de même trouvé les Canadiens très polis. C’est l’une des choses qu’elle a le plus appréciée.

Cette qualité est par contre rattachée à l’une des choses qu’elle a moins aimées. Elle a à plusieurs occasions discutés de plan de sorties et d’activités qui n’ont mené à rien. C’est contraire à ce qu’elle vit dans son pays, mais similaire à ce qu’elle a vécu lors d’un séjour d’études au Texas. «Les Tchèques peut-être sourient moins, mais quand ils disent quelque chose, ils le font.»

Elle se demande donc si la politesse et les bonnes intentions ne prennent pas le dessus, parfois, sur la réalité de la vie de tous les jours et le manque de temps.

Expériences culturelles à deux sens

Sur sa chaine YouTube, elle a également fait une vidéo sur des expressions anglaises. Elle a d’autres idées, mais a manqué de temps pour les réaliser.

«J’ai pris ma caméra, je me suis promené au centre-ville et j’ai posé des questions aux gens au sujet de mon pays. Est-ce que vous pouvez me le montrer sur la carte? Pouvez-vous montrer son drapeau? Personne n’a su le montrer sur la carte, beaucoup de gens pointaient trop à l’est. Soit que les gens ne savaient rien ou qu’ils savaient quelque chose à cause du hockey.» Elle doit maintenant trouver le temps de monter cette vidéo.

Lu 2055 fois Dernière modification le mercredi, 25 avril 2018 23:11
Julien Cayouette

Directeur de l'information

705-673-3377, poste 6209 ou sans frais : 1-866-926-3997

levoyageur@levoyageur.ca

Actualité du Nord

  • L’Ontario francophone dans 10 ans
    L’Ontario francophone dans 10 ans Ontario — Le Commissariat aux services en français de l’Ontario (CSF) a choisi de regarder vers l’avenir pour son Rapport annuel 2017-2018. La première partie du rapport fait l’analyse de la population francophone de l’Ontario par le biais des plus…
    Ecrit le mercredi, 18 juillet 2018 17:01
  • À la recherche de gens qui désirent sortir de la pauvreté
    À la recherche de gens qui désirent sortir de la pauvreté Sudbury — Le programme Cercles est à la recherche de bénévoles et des leadeurs pour l’avancement de ses projets communautaires. Lancé en février 2018 dans le Grand Sudbury, le programme a pour objectif d’aider les personnes à sortir de la…
    Ecrit le mercredi, 18 juillet 2018 13:54
  • Satisfaire sa curiosité et sa dent sucrée
    Satisfaire sa curiosité et sa dent sucrée North Bay — Kiku Ng, bientôt une élève de la 12e année de l’École secondaire catholique Algonquin, a décidé de combiner sa passion pour les bonbons et sa culture en démarrant son propre commerce. Avec l’aide d’une bourse de 3000 $ du…
    Ecrit le vendredi, 13 juillet 2018 16:10
  • Si vous allez à l’urgence, apportez une collation
    Si vous allez à l’urgence, apportez une collation Sudbury — Les médecins Hospitalistes — spécialistes des interventions d’urgence et des patients orphelins — sont inquiets du manque d’intérêt et d’empathie de la direction d’Horizon Santé Nord (HSN) par rapport à leur travail et leurs patients. Malgré les fonds…
    Ecrit le mercredi, 11 juillet 2018 16:13
  • Les aidants naturels des anciens combattants ne sont pas tous égaux
    Les aidants naturels des anciens combattants ne sont pas tous égaux Sudbury — Jenny Migneault dénonce depuis plusieurs années le manque d’appui du gouvernement canadien pour les aidants naturels des anciens combattants souffrant d’un syndrome de stress posttraumatique (SSPT). Avec son conjoint, Orlando Fantini, elle parcourt présentement l’ouest du Canada afin…
    Ecrit le mardi, 10 juillet 2018 15:42
  • 20 ans de popote
    20 ans de popote Sudbury — Les trois dames qui préparaient les bons repas du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS) depuis plusieurs années, Cécile Levac, Irène McLaughlin et Roxanne Blais, ont décidé de prendre leur retraite en même temps. Le diner…
    Ecrit le vendredi, 06 juillet 2018 16:38
  • La communauté semble favorable à une COOP à Earlton
    La communauté semble favorable à une COOP à Earlton Sudbury — Les premières réactions des participants à une rencontre d’information semblent favorables à la création d’une coopérative alimentaire à Earlton après la fermeture il y a deux semaines de la seule épicerie, Earlton Grocery King, qui desservait toute cette…
    Ecrit le vendredi, 29 juin 2018 11:39

RokStories

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login