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mercredi, 11 avril 2018 13:00

Décès d’une pionnière de l’éducation en français à Sudbury

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Décès d’une pionnière de l’éducation en français à Sudbury Photo : Courtoisie
Ottawa – Sudbury — La première femme francophone élue comme conseillère scolaire au Sudbury Board of Education (SBE), Thérèse Lebel-Brunet, est décédée à Ottawa le 30 mars. Si l’éducation des francophones était importante pour cette enseignante de formation, ce n’est pas la seule cause qu’elle a adoptée pendant ses années à Sudbury.

Thérèse Lebel est née à Sudbury en 1921. Elle a été diplômée de l’école normale de l’Université d’Ottawa en 1949. Elle a ensuite enseigné à Espanola, Kapuskasing et Cornwall. Elle a épousé Henri A. Brunet (décédé en 2012) en 1945 et ils vivront à Ottawa pendant une dizaine d’années avant de revenir dans leur ville natale.

Elle a décidé de se présenter au SBE en 1970. «Ma mère sentait que c’était important qu’il y ait une voix francophone, étant donné qu’il y avait de plus en plus d’écoles secondaires francophones qui ouvraient leurs portes», affirme l’une de ses filles, Claire Lucie Brunet. L’École secondaire Macdonald-Cartier venait effectivement d’ouvrir en 1969, Franco-Jeunesse suivrait peu de temps après. Quatre des cinq enfants du couple seront diplômés de Macdonald-Cartier.

Avant 1970, «on remarquait que beaucoup de francophones lâchaient après la 10e année, parce que c’était trop difficile d’aller étudier en anglais ou trop dispendieux d’aller dans les écoles catholiques privées. Les écoles francophones [publiques] ont été très importantes pour permettre aux francophones de poursuivre leurs études», raconte Mme Brunet.

En fait, une ancienne résidente de Sudbury qui a bien connu et fait du bénévolat avec Mme Lebel-Brunet, Liliane Beauchamp, affirme que son engagement envers l’éducation publique avait même commencé avant son élection. «Elle a beaucoup poussé pour la fondation de l’École secondaire Macdonald-Cartier. Elle voulait vraiment que ça se réalise, alors elle y a mis beaucoup d’efforts. Elle voulait que les étudiants francophones aient les mêmes services, et même plus.»

Mme Lebel-Brunet restera en poste comme conseillère scolaire pendant 12 ans. Elle et son époux resteront quelques années de plus à Sudbury après leur retraite — Henri A. Brunet a été enseignant à Macdonald-Cartier jusqu’en 1974 — avant de retourner à Ottawa, «l’endroit où ils avaient été jeunes mariés», mentionne leur fille.

Rappelons qu’avant 1985, les écoles secondaires catholiques ne bénéficiaient pas de financement de la province au-delà de la 10e année. Les enfants de familles qui n’avaient pas les moyens de les envoyer dans les écoles catholiques privées, comme le Collège Sacré-Cœur de Sudbury, devaient fréquenter les écoles publiques, mais le gouvernement a permis la construction d’écoles secondaires francophones publiques en 1968 seulement.

Pas seulement en éducation

Avant même d’être conseillère scolaire, Mme Lebel-Brunet était engagée dans la vie communautaire et francophone de Sudbury, «malgré le fait qu’elle avait cinq enfants à la maison», souligne Claire-Lucie Brunet, et qu’elle était retournée enseigner lorsque son plus jeune fils avait eu 5 ans. Elle a terminé sa carrière d’enseignante au jardin d’enfants de l’École St-Joseph, dans le Moulin à fleur, où elle travaillait lors de son élection au SBE.

Mme Lebel-Brunet a fait du bénévolat auprès de la Ligue des petits souliers — qui fournissait des souliers aux enfants pauvres —, la Ligue de la Jeunesse féminine de Sudbury, le Club Alouette et a été l’une des responsables de l’organisation de la Semaine canadienne-française, créée par Émile Guy, fondateur du journal Le Voyageur.

«[Mes sœurs, mon frère et moi allions] à beaucoup de bazars à l’église Ste-Anne. On servait du thé et du café pendant que ma mère y travaillait», se souvient Mme Brunet en riant.

Liliane Beauchamp ajoute à la liste l’association des parents (API), l’Association des enseignants franco-ontariens et l’hôpital St-Joseph. «C’était une personne très dynamique et très engagée. Surtout pour défendre le fait français et nos droits. Elle a toujours été aux premières lignes pour ça.»

Mme Beauchamp la décrit comme une personne qui aimait parler à tout le monde, débrouillarde, tenace et qui cherchait des solutions aux problèmes. «On n’était pas toujours d’accord, mais on a toujours très bien travaillé ensemble.»

Claire-Lucie Brunet a été inspiré par ses parents. «Ça n’a pas été un très gros effort de poursuivre leur travail, parfois dans les mêmes organismes, comme chez les Richelieu, au Centre des jeunes (maintenant le Carrefour francophone), à l’ACFO... Alors je me retrouve à marcher un peu dans leurs pas.»

Dons à la Place des Arts

«Mon père m’a dit quelques années après leur départ que s’il avait su que Sudbury se développerait au point de vue culturel comme c’est arrivé depuis 20 ans, il serait resté», mentionne Claire-Lucie Brunet. «Au début des années 1980, ce n’était pas aussi développé que ce qu’ils auraient voulu».

Mme Brunet rappelle que déjà, dans les années 1970, au Centre des jeunes, «il avait déjà été question d’essayer de développer un centre rassembleur pour les francophones. Mais la conjoncture économique n’était pas [favorable] comme elle l’est maintenant pour la Place des Arts. C’est donc un projet qui date d’il y a longtemps et mes parents auraient été très fiers de voir ça ouvrir ces portes», raconte-t-elle avec émotions.

C’est pourquoi la famille demande que les marques de sympathie pour leur mère se traduisent en dons pour le projet de la Place des Arts de Sudbury.

Lu 2040 fois Dernière modification le mardi, 10 avril 2018 17:07
Julien Cayouette

Directeur de l'information

705-673-3377, poste 6209 ou sans frais : 1-866-926-3997

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