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jeudi, 29 mars 2018 09:40

La géographie à la Laurentienne

Écrit par  Moustapha Soumahoro, Ph.D.


La géographie à la Laurentienne : une discipline ancrée dans le nord et ouverte sur le monde




Moustapha Soumahoro, Ph.D.
Professeur agrégé, programme de géographie, Université Laurentienne

La 25e édition des Journées des sciences et savoirs de l’ACFAS-Sudbury offre une vitrine que la géographie à la Laurentienne saisit pour réintroduire la discipline auprès de la population universitaire et communautaire afin de mettre en exergue ses champs d’intérêt.

Autrement dit, qu’est-ce que la géographie et comment se vit-elle à la Laurentienne?

Aujourd’hui, plus qu’hier, la géographie est une discipline indispensable pour la compréhension de certains phénomènes au niveau mondial, mais surtout une discipline scientifique entièrement au service des sciences de la terre et de l’environnement ayant sa propre méthode, son propre corpus de connaissances et ses propres objectifs. En effet, la géographie est une science qui étudie l’organisation de l’espace terrestre. Elle examine et tente d’expliquer la répartition des phénomènes dans l’espace : ressources naturelles, cultures, activités économiques, population, langues, religions, systèmes politiques, etc.

La géographie, comme toutes les autres disciplines scientifiques, découle d’une série de questionnements que les scientifiques et les chercheurs se sont posés face aux manifestations de l’univers, à certaines réalités, peut-être idoines, mais qui nécessitaient des explications par rapport à des phénomènes qu’il fallait démontrer. Les géographes se posent trois questions majeures lorsqu’ils observent la terre (Bailly, 2001) à savoir :
  1. la question du Qui. Celle-ci se réfère aux individus et aux sociétés occupant l’espace avec leurs valeurs, leurs modes de vie;
  2. la question du Quoi. Celle-ci s’intéresse à l’impact de ces hommes, qu’il soit économique, social, ou environnemental, produit de leurs institutions, de la recherche, des techniques, des échanges ou encore de l’exploitation des ressources naturelles;
  3. la question du Où. Celle-ci est la question fondamentale en géographie s’intéressant au lieu de ces activités humaines, posant le problème des localisations, c’est-à-dire « l’expression du choix des sociétés ». 
Toutefois, les géographes ne peuvent aborder ces questions sans prendre en compte le questionnement historique qui est celui du quand les individus ou les sociétés produisent des espaces qui s’ajoutent aux précédents.

Bien entendu, d’autres questions sont aussi abordées lors d’une analyse géographique complète, comme le pourquoi, qui va s’intéresser aux objectifs des individus des sociétés.

De son côté, le comment va plutôt s’attarder aux relations du pouvoir dans l’espace.

Enfin, la question du jusqu’où va analyser les limites, les discontinuités et les seuils potentiels dans les actions initiées pour façonner l’espace. L’immensité des possibilités que la géographie offre constitue des atouts qui rendent encore plus indispensable sa connaissance et, surtout, l’apprentissage de ses principes et notions fondamentales par les étudiants.

Les travaux de recherche menés par les géographes francophones de l’Université Laurentienne embrassent la sphère de la géographie humaine et physique, et se déroulent en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique et en Asie. Ceux-ci s’intéressent notamment :
  • aux changements spatiaux, aux formes d’érosion glaciaire et aux conditions vie et de pauvreté de la grande région de Sudbury;
  • aux espaces urbains tropicaux d’Afrique;
  • à l’analyse comparée du développement local au Nord et au Sud. Le Nord fait référence aux pays développés et le Sud aux pays en voie de développement;
  • à la décentralisation et au développement local dans le département de Biankouma (Côte d’Ivoire) et à la réalisation des Atlas du pays Toura (Côte d’Ivoire);
  • à la gouvernance des municipalités au Chili;
  • au renforcement des capacités visant la sécurité alimentaire en République Démocratique du Congo; et
  • au développement durable dans la région du Chaco en Argentine.
Comme vous pouvez le constater, la géographie à la Laurentienne apporte sa modeste contribution à la construction d’une géographie « universaliste » qui prend racine dans notre capacité à construire l’édifice par le bas, par l’entremise de notre persévérance, et à maintenir vivant le flambeau de la discipline auprès de notre population étudiante.

Comme le dit si bien un proverbe Toura « la marmite commence toujours à bouillir par le bas ».

Nous serons ravis d’en discuter avec vous du 5 au 7 avril, lors des Journées des sciences et savoirs!

Vous désirez en connaitre davantage sur le sujet? N’hésitez pas à venir en discuter avec vous en avril prochain!


Responsable de la chronique : Isabelle Carignan, Ph. D., Université TÉLUQ

Au cours des prochaines semaines, des préambules de ce qui vous attend lors des Journées des sciences et savoirs 2018 seront partagés sous la forme de chroniques dans le journal Le Voyageur afin de piquer votre curiosité!

L’ACFAS-Sudbury lance donc l’invitation à toute la collectivité pour fêter 25 ans de savoir en français!

Pour de plus amples renseignements, écrivez-nous à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . N’hésitez pas à vous joindre au groupe ACFAS-Sudbury sur Facebook, à aimer notre page et à gazouiller @AcfasSudbury sur Twitter.

Les Journées des sciences et savoirs, en partenariat avec le Symposium francophone de l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) et le Consortium national de formation en santé (CNFS), auront lieu du 5 au 7 avril 2018, à l’Université Laurentienne. Soyez des nôtres!


Lu 439 fois Dernière modification le jeudi, 29 mars 2018 09:46

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