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vendredi, 21 février 2014 10:31

Tournée à Sudbury

Écrit par 
Les 23 et 24 janvier derniers, j’ai eu le plaisir de me rendre de nouveau (j’ai perdu le compte du nombre de fois où je me suis déplacé dans cette ville importante du Moyen-Nord) à Sudbury pour une série de rencontres et conférences. Tout d’abord, j’ai eu le plaisir de donner un cours de droits linguistiques à des étudiants de la classe du professeur Michel Giroux, de l’Université Laurentienne. C’est toujours un plaisir que d’échanger avec des étudiants; ils sont tellement allumés et ceux-ci ne sont pas différents. C’est aussi une excellente occasion de faire connaître aux jeunes leurs droits linguistiques avant leur entrée sur le marché du travail, droits qu’ils pourront exercer tout au long de leur vie. De très bonnes questions ont été posées, notamment sur la clarification de la définition inclusive de francophone, ainsi que sur des enjeux de compétence fédérale, provinciale ou municipale à l’égard des services gouvernementaux et des obligations linguistiques qui s’ensuivent.

J’ai aussi eu le plaisir de prononcer une allocution, dans un format bilingue, auprès des directeurs généraux des organismes formant le Comité des services sociaux en français de Sudbury. Je remercie encore les organisatrices, particulièrement Lynne Lamontagne, de m’avoir invité. Car de pouvoir discuter avec des gens qui œuvrent dans un milieu de travail pas toujours facile et auprès des populations souvent les plus vulnérables est absolument essentiel dans mon métier et j’aimerais tellement faire de telles rencontres hebdomadairement partout en province. Le message principal demeure toujours sensiblement le même, à savoir qu’il est essentiel d’offrir activement les services en français, c’est-à-dire de pouvoir obtenir efficacement un service en français de qualité. Les personnes vulnérables, qui ont souvent le plus besoin de services en français, ne vont pas les demander par crainte de ne pas vouloir déranger ou encore par crainte de représailles des autorités concernées ou simplement parce qu’elles ont perdu l’habitude et qu’elles sont trop concentrées sur leurs besoins immédiats, tels qu’obtenir un logement et de la nourriture.

Dans des régions éloignées, il faut bâtir la confiance du citoyen francophone sur le fait que sa langue sera traitée avec égalité et dignité par l’institution publique. Il faut savoir mettre les intérêts des individus en avant des intérêts des organisations, ce qui demande, très souvent, de se servir de son imagination et d’éviter simplement de se fier au financement par tête de pipe. Enfin, je leur ai rappelé l’évidence, mais qui parfois prend le bord, à savoir qu’il importe d’offrir des services en français non pas seulement parce qu’ils en sont obligés (bien que ce ne soit pas le cas très souvent), mais bien parce que c’est simplement la bonne chose à faire.

Enfin, j’ai eu le grand privilège de pouvoir discuter des conséquences de l’indépendance de mon bureau auprès d’une trentaine de leaders de la communauté francophone lors d’un lunch organisé à seulement une semaine d’avis! Grand merci à Sylvie Landry, de l’Université Laurentienne, d’avoir pris l’initiative d’organiser cet évènement avec l’aide de son collègue Stéphane Roberge. Un grand merci aussi au Collège Boréal, particulièrement Claudia-Anne Malette, de nous avoir si bien accueillis dans ce magnifique restaurant qu’est Au pied du rocher. J’ai pu échanger avec les membres de l’auditoire sur les menus détails entourant la transition ainsi que sur la vision que j’ai concernant cette nouvelle institution franco-ontarienne au sein même du Parlement. Enfin, en guise de réponse à des questions, je me suis permis de rêver tout haut pour le Commissariat et pour la communauté en exprimant mes intentions de m’assurer que cette nouvelle institution soit réellement à la hauteur des attentes légitimes des parlementaires et des membres du public, y compris de la population francophone et francophile de notre grande province.

Lu 2851 fois Dernière modification le vendredi, 21 février 2014 10:32
François Boileau

Commissaire aux services en français de l’Ontario